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L’astronaute français Thomas Pesquet poursuivait mercredi sa sortie dans l’espace pour installer un nouveau panneau solaire sur la Station spatiale internationale, même si l’opération a dû être temporairement mise sur pause à cause de soucis sur la combinaison de son coéquipier, l’Américain Shane Kimbrough, finalement résolus. Les deux hommes flottaient désormais depuis plus de quatre heures et demie en apesanteur, accrochés à la Station spatiale filant à 400 kilomètres au-dessus de la Terre. 

Retour en arrière : les deux astronautes ont mis en route la batterie interne de leur combinaison à 14h11 (heure française), marquant le début officiel de leur expédition. Puis ils ont ouvert l’écoutille du sas de décompression de l’ISS. Thomas Pesquet est sorti dans le vide en premier, suivi de son coéquipier. Il s’agit de la 239e sortie spatiale de l’histoire de l’ISS. Les deux hommes avaient déjà effectué deux sorties dans l’espace côte à côte en 2017. Mais cette fois les rôles sont inversés: Thomas Pesquet est « EVA 1 », Shane Kimbrough « EVA 2 ».  

Thomas Pesquet (à droite) lors de sa sortie dans l’espace ce mercredi 16 juin.

Photo by Handout / NASA TV / AFP

Pour le Français, il s’agit de la troisième sortie dans le vide spatial de sa carrière – la septième pour l’Américain. La mission, qui doit durer environ six heures et demie au total, a été temporairement interrompue à mi-chemin. Les équipes de la Nasa ont observé une interruption dans la transmission des données permettant de contrôler l’état de la combinaison de Shane Kimbrough, ainsi qu’un soudain pic de la pression du système de refroidissement du scaphandre.  

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L’astronaute a dû revenir au sas de la Station et opérer une réinitialisation, avant de ressortir. Pendant ce temps, Thomas Pesquet l’attendait, accroché par les pieds à un bras robotique. 

Panneau solaire nouvelle génération

La mission a finalement repris normalement, les données de contrôle étant revenues et stabilisées. Shane Kimbrough n’a à aucun moment été « en danger », a rassuré l’Agence spatiale américaine. 

Cette sortie extra-véhiculaire (« EVA »), la première depuis leur arrivée dans l’ISS fin avril, est inédite sur le plan technique. Les deux « mécanos » doivent déployer un panneau solaire nouvelle génération, appelé iROSA, le premier d’une série de six panneaux destinés à augmenter les capacités de production d’énergie de l’ISS. 

Dimanche, la même équipe recommencera l’opération pour en installer un deuxième. La paire a été livrée par un cargo de SpaceX : les panneaux sont pour le moment enroulés sur eux-mêmes, et la mission des astronautes est de les fixer au bon endroit, les brancher, et les déployer. 

Capture d’écran de la NASA TV, le 16 juin 2021, montrant l’astronaute de l’ESA (Agence spatiale européenne) Thomas Pesquet (en bas à droite), près du bras robotique canadien, lors de l’ISS Expedition 65 US Spacewalk #74 pour installer le premier réseau solaire IROSA la poutrelle P6 pour le système d’alimentation à canaux 2B.

Photo by Handout / NASA TV / AFP

« Boîte de conserve »

Le nouveau panneau solaire est placé au-dessus de l’ancien. Ce dernier est plus grand (35 mètres de long), et une partie sera donc toujours exposée à la lumière du soleil et continuera à produire de l’énergie.  

Il avait été installé en 2000, et sa durée de vie était prévue pour une quinzaine d’années. Il a peu à peu été abîmé par deux facteurs : les émissions des vaisseaux allant et venant vers la Station, et les micro-météorites. « Nous pensions que les dégradations seraient bien pires que ce que nous avons effectivement constaté », a souligné Dana Weigel, responsable à la Nasa pour l’ISS, lors d’un point presse lundi. Les nouveaux panneaux solaires auront également une durée de vie d’environ 15 ans.  

La mission des deux astronautes est éprouvante. « Une EVA revient à courir un 100 mètres sur la durée d’un marathon », explique à l’AFP Hervé Stevenin, chargé de l’entraînement à ces sorties pour l’Agence spatiale européenne (ESA). 

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« Travailler en scaphandre est extrêmement difficile. Tous les sens sont limités, on manque de dextérité avec les gants: tenir un outil, c’est comme presser une balle de tennis, des centaines de fois pendant six heures », décrit l’instructeur. Sans compter l’inconfort : avec le temps de préparation, ils restent engoncés une dizaine d’heures dans leur scaphandre, comme dans une « boîte de conserve », avec seulement une petite poche d’eau pour boire. 

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EN IMAGES. La sortie dans l’espace (très mouvementée) de Thomas Pesquet