LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Déjà mal en point, le Brésil s’attend encore à souffrir dans les prochains mois. « Les chercheurs avertissent qu’avec l’entrée de l’hiver, il y a une possibilité d’aggravation de la pandémie dans le pays dans les prochaines semaines », a écrit la semaine dernière l’Institut médical de référence Fiocruz. Le pays qui a dépassé samedi les 500 000 décès dus au Covid-19 vit en ce moment une situation très compliquée sur le plan sanitaire. 

Plus de 70 000 cas sont actuellement recensés en moyenne quotidienne dans le pays. Pour la seule journée du 19 juin, plus de 82 000 contaminations ont été enregistrées, s’approchant des niveaux aperçus fin mars, début avril lors du pic de la dernière vague.  

Du fait de ce haut niveau de contaminations qui perdure depuis maintenant plusieurs mois, les conséquences se font sentir le plan hospitalier et plus particulièrement sur les lits de soins intensifs. « Dix-huit États et le District fédéral ont des taux d’occupation d’au moins 80%, et dans huit d’entre eux, les taux d’occupation sont égaux ou supérieurs à 90%. Concernant les capitales, 16 d’entre elles ont des taux d’occupation d’au moins 80% et 9 avec des taux égaux ou supérieurs à 90% », rapporte l’Institut Fiocruz. 

Nombre de cas quotidiens recensés de Covid-19 au Brésil depuis le 1er janvier 2021

L’Express

Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement

Nombre de morts élevés et faible vaccination

Pour l’heure, la campagne de vaccination au Brésil peine à freiner cet élan. Celle-ci a débuté tardivement, à la mi-janvier. Moins d’un tiers de la population a pour le moment reçu au moins une dose (63 millions de personnes) et 11,5% d’entre eux sont complètement vaccinés. 

Aucune mesure sociale n’est prise afin de limiter l’impact de cette nouvelle vague. Dans de nombreuses villes, les restaurants, les bars et les magasins ont rouvert, tandis que de nombreuses personnes dans les rues ne portent pas de masque facial ou ne respectent aucune distanciation sociale. Une récente étude parue dans la revue Nature met justement en avant l’impact de ces villes « super-spreadeuses ». Selon les données récoltées par quatre chercheurs brésiliens, 98% des cas de Covid-19 dans les trois premiers mois de la pandémie avaient été enregistrés dans 17 villes du pays. São Paulo à elle seule représentait 85% des premières contaminations. 

« On a l’impression qu’on n’est jamais vraiment sortis de la première vague. On dirait que la pandémie au Brésil se comporte comme un marathonien et pas comme un sprinteur qui accélère brutalement et perd de la vitesse aussitôt après », estime Alexandre da Silva, spécialiste en santé publique et docteur de l’université de Sao Paulo (USP), à l’AFP. 

Symbole de la gestion catastrophique du président Jair Bolsonaro : sa décision d’accueillir, depuis dimanche, la Copa America de football, après que la Colombie et l’Argentine ont renoncé de le faire, en proie eux aussi à un rebond épidémique. 

Décès élevés

Au Brésil, le variant Gamma (anciennement appelé P1) continue de sévir. Depuis peu, l’âge médian des décès est passé sous la barre des 60 ans avertit l’Institut Fiocruz. « Il est possible que ce scénario actuel de rajeunissement se poursuive », poursuit-il, évoquant un « scénario obscur » dans lequel un nombre élevé de personnes pourraient succomber à la maladie en attendant les effets de la vaccination. 

Actuellement, plus de 2000 personnes meurent du Covid-19 au Brésil. Un chiffre qui reprend sa marche en avant après plusieurs semaines de baisse. 

Nombre de morts du Covid-19 au Brésil

L’Express

« Les gens au Brésil sont fatigués et ils normalisent la mort maintenant, donc je pense que nous avons encore un long chemin à parcourir », a déclaré, pessimiste, à la BBC, Natalia Pasternak Taschner, microbiologiste à l’Institut Question of Science. « Si nous ne parvenons pas à changer le comportement des gens et si nous n’avons pas de campagnes de port de masque, d’éloignement social et de vaccinations provenant directement du gouvernement central, nous ne serons pas en mesure de le contrôler », conclut-elle.  

L’application L’Express

Pour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyez

Télécharger l’app

Plusieurs manifestations rassemblant des centaines de milliers de personnes ont eu lieu depuis un mois pour dénoncer la gestion de la crise par Jair Bolsonaro. Sans effet jusqu’ici sur sa conduite. Le président brésilien a même été condamné il y a une semaine à une amende de 108 dollars pour avoir participé sans masque ni mesures sanitaires à un regroupement de motards dans l’État de Sao Paulo. L’enquête parlementaire ouverte contre lui le mois dernier le sanctionnera peut-être plus durement. 

Opinions

Economie

Nicolas Bouzou

Numérique

Frederic Filloux

Principe de précaution

Nicolas Bouzou

Le futur de la géopolitique

Georges Friedman (Geopolitical Futures)

INFOGRAPHIES. Covid-19 : avec 500 000 morts, pourquoi le Brésil ne s’en sort pas ?