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Le relatif désintérêt des Français vis-à-vis de leurs élections régionales n’a pas échappé à nos voisins. « Dimanche, le groupe d’électeurs de loin le plus important en France ne se trouvait pas à droite, à gauche ou au milieu, mais simplement à la maison », écrit le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. « Les sondeurs s’attendaient à un faible taux de participation avant les élections, mais les hypothèses ont été dépassées par l’ampleur réelle du refus de voter », ajoute le journal basé à Munich, soulignant que « 66,1% » des électeurs n’ont pas fait le déplacement. 

Pour expliquer les raisons de cette désaffection, le journal espagnol El Pais y va de ses hypothèses. « La pandémie et la campagne en demi-teinte ne justifient que partiellement la forte abstention. Le beau temps et l’envie de profiter du plein air et de l’été après des mois d’isolement pourraient aussi expliquer le vide des bureaux de vote », dresse tout d’abord le quotidien. « Mais il y a des causes plus profondes, des tendances que le Covid-19 n’a fait que consolider. L’une d’elles est la désaffection envers la politique de la part d’une partie de la population (…) Dans un pays hyper-centralisé, où le chef de l’Etat détient un poids considérable par rapport aux autres démocraties occidentales, l’élection qui compte, pour de nombreux citoyens, est la présidentielle », détaille entre autres El Pais. 

Macron et Le Pen bousculés

« Les élections régionales font un flop », résume aussi en Italie le Corriere della Sera. « Cet élément peut servir de consolation à la fois au parti d’Emmanuel Macron, La République En Marche, dont tout le monde pensait qu’il irait mal, mais pas aussi mal – à 10 % au niveau national, humilié dans la région Hauts-de-France – et à la formation de Marine Le Pen, le Rassemblement national, qui a fait beaucoup moins bien que prévu et pourrait donc échouer à obtenir cette présidence régionale qu’elle cherche depuis longtemps pour se donner un ton plus institutionnel », décrypte le premier journal italien. 

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En Suisse, Le Temps signale de son côté la bonne performance des Républicains. « La France de droite existe encore, entre Emmanuel Macron et le Rassemblement national de Marine Le Pen. A l’issue du premier tour des élections régionales et départementales, les listes présentées par le parti Les Républicains, souvent conduites par des présidents de région sortants, réalisent des scores bien plus élevés que ceux prévus par les sondages », note le quotidien. Selon le journal suisse, cette élection est aussi porteuse d’une leçon pour la gauche. « Le scrutin régional prouve que les socialistes, la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon et les Verts ne peuvent gagner que s’ils travaillent ensemble et s’allient devant les électeurs », pointe-t-il. 

Quid de 2022 ?

Dans ce contexte, le résultat des élections redistribue-t-il les cartes en vue de la présidentielle de 2022 ? « Bien que les élections régionales en France comportent rarement des enjeux politiques élevés, celles de cette année ont été considérées comme un indicateur de la prochaine course présidentielle. Mme Le Pen avait sans vergogne présenté le scrutin comme une répétition générale des élections de 2022, au cours desquelles elle sera très probablement la principale concurrente de M. Macron », dresse le New York Times. Mais ce plan a passablement échoué pour le quotidien américain. « Les électeurs français ont infligé dimanche un net revers au parti d’extrême droite (…) anéantissant les espoirs de Marine Le Pen de faire de ce vote un tremplin pour la présidentielle de l’année prochaine. » 

Outre-Manche, le Guardian veut toutefois se garder de tirer des conclusions hâtives à ce stade. « Il est généralement admis qu’il n’est pas judicieux de confondre les résultats régionaux avec les prédictions de ce qui pourrait se passer lors de l’élection présidentielle de l’année prochaine. Ni la droite dominante, Les Républicains, ni la gauche dominante, les Socialistes, n’ont de candidat crédible à la présidentielle pour le moment », tranche le quotidien britannique. 

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Un point de vue que nuance le Financial Times, pour qui le score de 41,4% réalisé par Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France pourrait consolider son statut de challenger face à Emmanuel Macron. « Bertrand peut s’attendre à un gros coup de pouce pour sa campagne présidentielle, en supposant que les républicains lui emboîtent le pas. Le duel entre Macron et Le Pen est désormais devenu une course à trois », conclut le quotidien économique. 

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