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Avec la mise en place du passe sanitaire, certains établissements recrutent des étudiants pour leur prêter main-forte.

Depuis le 9 août, de nombreux établissements recevant du public, comme les bars et restaurants, sont contraints de contrôler le passe sanitaire de leurs clients. Cette nouvelle logistique oblige certains exploitants à faire appel à une main-d’œuvre temporaire et disponible : les étudiants. Ces derniers sont recrutés pour prêter main-forte à ces lieux soucieux de contrôler les passes des clients, et pour effectuer des tests nasopharyngés afin de permettre à ceux qui ne sont pas vaccinés d’accéder aux lieux concernés en prouvant qu’ils ne sont pas contaminés.

Les offres ont donc fleuri sur la plateforme StaffMe, qui met en relation des entreprises et des étudiants à la recherche d’un emploi. «Les entreprises qui font appel à nous pour être aidées à contrôler les passes sont essentiellement des entreprises dans le secteur de la restauration, de l’événementiel et du loisir, tels que les parcs d’attractions et festivals», explique dans un communiqué Jean-Baptiste Achard, cofondateur de l’entreprise. Les prestations de contrôle du passe sanitaire représentent aujourd’hui 10% des offres disponibles sur l’application et le chiffre «va être amené à augmenter» prévoit Floriane de Malestroit, directrice de communication de la start-up. Les emplois concernant les prélèvements nasopharyngés sont encore plus populaires puisqu’ils représentent 25% des offres sur la plateforme, selon l’entreprise qui compte plus de 310.000 jeunes inscrits.

Exemple d’offre d’emploi pour contrôler des passes sanitaires. StaffMe

Le constat est également partagé par StudentPop, qui recrute des étudiants comme indépendants, pour les déployer sur des missions événementielles, commerciales ou logistiques. Selon Damien Angeli, cofondateur de la start-up, l’offre santé, qui inclut le contrôle des passes sanitaires et les tests nasopharyngés, «représente désormais 20% du chiffre d’affaires de l’entreprise». L’engouement pour ce type de missions a commencé dès le début de l’été avec les boîtes de nuit puis les parcs d’attractions, explique le chef d’entreprise au Figaro . Les qualifications requises sont «les mêmes que pour des prestations classiques en événementiel». Pour réaliser des tests antigéniques, il faut cependant «avoir validé sa première année de PACES ou disposer d’une habilitation».

Une tâche «répétitive mais pas pénible»

S’ils correspondent au poste, les étudiants reçoivent une notification sur leur smartphone les informant des caractéristiques de l’annonce qu’ils peuvent alors accepter ou refuser. Cette rapidité permet aux établissements de «se concentrer sur les nombreuses autres tâches qui les occupent», explique Floriane de Malestroit. Les offres ont ainsi l’avantage d’aider les restaurateurs dans l’application de ces mesures, tout en proposant des emplois rémunérés à des étudiants pour qui les multiples confinements ont représenté une épreuve financière.

Les étudiants doivent en amont obtenir le statut d’autoentrepreneur et renseigner leurs informations personnelles, leur adresse ainsi que leur périmètre de mobilité et le type de postes recherchés. Ils doivent par ailleurs être prêts à accepter le caractère ponctuel des missions : sur StaffMe, par exemple, les prestations de contrôle de passe sont proposées pour une durée moyenne de quatre jours.

Inscrit sur la plateforme depuis février, Yanis a sauté sur l’occasion lorsqu’il a reçu la notification pour un job de contrôle du passe sanitaire dans un restaurant des Champs-Élysées, à Paris. «J’ai reçu la notification le 9 août et j’ai commencé à travailler le 10», raconte-t-il au Figaro. Pas besoin de qualification pour postuler à cette offre à la rémunération attractive, de l’ordre de 1360 euros pour 5 heures de travail par jour pendant un mois.

Le restaurant pour lequel il travaille a surtout eu besoin de répondre à «un besoin urgent et qu’il n’avait pas anticipé», précise Yanis, qui espère à terme pouvoir «décrocher un contrat si la mission se passe bien». La tâche est «répétitive mais pas pénible», se réjouit le jeune homme, qui voit dans l’offre une «super opportunité». Seul inconvénient : il faut être flexible sur les horaires et ne pas avoir peur des complications quand le contrôle du passe se déroule moins bien que prévu. À Saintes, par exemple, un serveur a été frappé par un habitué après lui avoir demandé de présenter son passe sanitaire. L’affaire a été relatée par Sud Ouest : «Au moment de lui dire au revoir, j’ai pris un pain dans la gueule», a raconté le responsable de salle à nos confrères.

Les prélèvements pour les tests covid ont aussi la côte auprès des étudiants qui recherchent un emploi saisonnier. Marie a ainsi pu «suivre une formation en tant que médiatrice de la Covid, et gagner plus de 4000 euros en effectuant des prélèvements nasopharyngés. Réaliser ces missions va me permettre de payer une partie de mes vacances et de couvrir mes frais à la rentrée», se félicite la jeune femme. L’extension du passe est donc plutôt une bonne affaire pour ces jeunes travailleurs.

Contrôler les passes sanitaires, le nouveau job étudiant à la mode cet été