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Ses conclusions, toujours plus alarmistes, ne surprendront personne dans le contexte actuel. Alors que les forêts brûlent en Grèce, en Turquie ou encore en Californie, et tandis que l’Allemagne et la Belgique pleurent toujours leurs morts des terribles intempéries de juillet, le Giec publie, ce lundi, son sixième rapport d’évaluation sur le bouleversement climatique à l’oeuvre sur la planète. 

“La sonnette d’alarme est assourdissante et les preuves sont irréfutables : les émissions de gaz à effet de serre provenant des combustibles fossiles et de la déforestation étouffent notre planète et mettent des milliards de personnes en danger immédiat”, a notamment déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans un message suite à la publication de l’évaluation du groupe d’experts de l’institution faisant référence sur le sujet, évoquant une “alerte rouge pour l’humanité”. 

Il s’agit de “l’avertissement le plus sévère jamais lancé” sur le rôle du comportement humain dans le réchauffement de la planète, avait déclaré, dimanche, le président de la COP26, Alok Sharma. 

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Cette nouvelle synthèse des 230 scientifiques experts climat de l’ONU – la première depuis 2014 – montre sans équivoque que le climat change plus vite qu’on le craignait et que c’est la faute de l’humanité. 

  • Le réchauffement climatique en avance de 10 ans sur ses temps de passage

La terre a déjà gagné +1,1°C. Mais dans tous les scénarios envisagés – du plus optimiste ou plus pessimiste -, la température mondiale devrait atteindre +1,5°C ou +1,6°C par rapport à l’ère pré-industrielle autour de 2030. Soit dix ans plus tôt que la précédente estimation du Giec il y a trois ans. 

D’ici la fin du siècle, le seuil de +1,5°C, une des limites clé de l’Accord de Paris, serait dépassé, d’un dixième de degré jusqu’à près de 1°C, selon les scénarios. Le niveau de concentration en CO2 est actuellement au plus haut depuis deux millions d’années. 

Les scénarios les plus pessimistes à long terme font état d’une augmentation de 4,4 degrés Celsius par rapport aux niveaux pré-industriels.

AFP

  • Les “puits de carbone” saturent

Depuis 1960, les forêts, sols et océans ont absorbé 56% du CO2 émis dans l’atmosphère par les activités humaines. Sans cette aide de la nature, la planète serait déjà beaucoup plus chaude et inhospitalière. Mais ces puits de carbone, alliés cruciaux dans le combat contre le changement climatique, montrent des signes de saturation, et le pourcentage de CO2 qu’ils absorbent devrait diminuer au cours du siècle. 

  • Le niveau des océans grimpe, les deux mètres atteints en 2100 ?

Le niveau des océans a augmenté d’environ 20 cm depuis 1900, et le rythme de cette hausse a triplé ces dix dernières années sous l’influence grandissante de la fonte des calottes glaciaires. 

Même si le réchauffement est limité à +2°C, les océans pourraient gagner environ 50 cm au XXIe siècle et cette hausse pourrait atteindre près de 2 mètres d’ici 2300 – deux fois plus qu’estimé par le Giec en 2019. 

En raison de l’incertitude liée aux calottes, dans le scénario du pire, les experts ne peuvent pas exclure une augmentation de 2 mètres plus tôt, d’ici 2100. 

“Les zones côtières connaîtront une élévation continue du niveau de la mer tout au long du 21e siècle, ce qui contribuera à des inondations plus fréquentes et plus graves dans les zones basses, précise le Giec dans un communiqué. Des événements extrêmes au niveau de la mer qui se produisaient auparavant une fois tous les 100 ans pourraient se produire chaque année d’ici la fin de ce siècle.” 

  • Des hivers plus rudes en Europe

La “circulation méridienne de retournement atlantique” (AMOC), système complexe de courants océaniques qui permettent de réguler la chaleur entre les tropiques et l’hémisphère nord, se ralentit, une tendance qui va “très probablement” se poursuivre pendant tout le siècle. 

Le Giec estime également, avec un niveau de confiance “moyen”, que l’AMOC pourrait complètement s’arrêter, ce qui entraînerait notamment des hivers plus durs en Europe et une perturbation des moussons en Afrique et en Asie. 

  • Le méthane sous les projecteurs

Le Giec n’avait jamais autant parlé du méthane, avec cette mise en garde : si les émissions de CH4, deuxième gaz à effet de serre le plus important après le CO2, ne sont pas réduites, cela pourrait saper les objectifs de l’Accord de Paris.  

Les concentrations de CH4 dans l’atmosphère – auxquelles contribuent les fuites venues de la production de gaz, les mines, le traitement des déchets et le bétail – dans l’atmosphère sont à leur plus haut depuis 800 000 ans. 

Et il a un pouvoir de réchauffement bien plus important que le CO2, même s’il reste bien moins longtemps que lui dans l’atmosphère. 

  • La crainte des “points de rupture”

Océans, terres, atmosphère, toute la planète se réchauffe mais certaines zones plus vite que d’autres. En Arctique par exemple, où la banquise est à son plus bas depuis 1000 ans, la température moyenne des jours les plus froids devrait augmenter trois fois plus vite que le réchauffement mondial. Et si le niveau de la mer monte partout, il pourrait gagner jusqu’à 20% de plus que la moyenne sur de nombreux littoraux. 

Mais il y a encore pire. Les modifications abruptes du système climatique à “faible probabilité” mais “impact important”, appelés “point de ruptures” quand ils deviennent irréversibles, “ne peuvent pas être exclus” d’après le Giec. 

L’effondrement des calottes glaciaires capable de faire monter la mer de dizaines de mètres, le dégel du permafrost qui renferme des volumes immenses de carbone ou la transformation de l’Amazonie en savane en font partie.  

En raison du réchauffement actuel (+1°C), les épisodes de chaleur extrême arrivent 2,8 fois plus souvent que lors de la période 1850-1900.

AFP

“Le rapport montre également que les actions humaines ont encore le potentiel de déterminer l’évolution future du climat”, assure le Giec.  

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Dans le meilleur scénario, la température pourrait revenir sous le seuil de 1,5°C d’ici la fin du siècle, en coupant drastiquement les émissions et en absorbant plus de CO2 qu’on en émet. Mais les techniques permettant de récupérer le CO2 dans l’atmosphère à large échelle sont toujours à l’état de recherche, note le groupe d’experts. Tous les regards sont désormais tournés vers la COP26, prévue en novembre Glasgow, en Écosse. 

Opinions

Chronique

Pierre Assouline

Economie appliquée

Olivier Redoulès

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Nicolas Bouzou

Chronique

Par le Pr Gilles Pialoux

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“Alerte rouge pour l’humanité” : ce qu’il faut retenir du nouveau rapport du Giec