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C’est une décision qui survient au lendemain d’élections législatives anticipées marquées par un fort taux d’abstention, avoisinant les 70% selon les chiffres officiels. L’Algérie a décidé de retirer son accréditation à France 24 en raison de son « hostilité manifeste et répétée », après avoir mis en garde la chaîne d’informations en mars pour sa couverture du Hirak, a annoncé dimanche le ministère de la Communication. 

Ce retrait est aussi motivé par « le non-respect des règles de la déontologie professionnelle, la désinformation et la manipulation ainsi qu’une agressivité avérée à l’égard de l’Algérie », a affirmé le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Ammar Belhimer, cité par l’agence officielle APS.  

La dépêche de l’APS rappelle que le gouvernement algérien avait adressé le 13 mars « un dernier avertissement avant retrait définitif » de son accréditation à France 24, en mettant en cause sa « couverture des marches du vendredi », une référence aux manifestations du Hirak, le mouvement populaire de contestation du régime. 

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Une procédure d’accréditation bureaucratique, opaque et aléatoire 

La chaîne d’informations, qui a encore couvert samedi les législatives en direct d’Alger, a réagi en soirée en se disant étonnée « de ne pas avoir reçu d’explication » sur ce retrait des accréditations de ses correspondants. « Notre couverture de l’actualité algérienne se fait dans la transparence, l’indépendance et l’honnêteté », a dit France 24 dans un message lu à l’antenne. Interrogé par l’AFP, le ministère français des Affaires étrangères s’est refusé à tout commentaire. 

Le 13 mars, France 24 avait déjà assuré faire son « travail le plus honnêtement possible ». « Nous faisons juste notre travail de journalistes dans le respect des règles en vigueur », avait dit à l’AFP Marc Saikali, directeur de France 24. En juillet 2020, Moncef Aït Kaci, correspondant de France 24, et le caméraman Ramdane Rahmouni avaient été placés en détention préventive avant d’être libérés 24 heures plus tard. Moncef Aït Kaci est basé à Alger et a couvert le scrutin législatif pour le service français de France 24. 

« Une nouvelle extrêmement inquiétante »

Deux organisations de journalistes ont vivement condamné lundi le retrait de l’accréditation, y voyant une très grave atteinte à la liberté de la presse. « C’est une catastrophe » et « une nouvelle extrêmement inquiétante », a estimé le secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), Anthony Bellanger, interrogé par l’AFP. 

De son côté, l’ONG de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) s’est inquiétée sur Twitter « de la sévérité et du caractère arbitraire de cette mesure qui sans nul doute aura un effet dissuasif sur d’autres médias internationaux »  

La diplomatie française a, pour sa part, officiellement regretté la décision d’Alger de retirer l’accréditation de France 24 et a rappelé son attachement à la « liberté de la presse ».  

Depuis des années, les médias étrangers travaillant en Algérie sont soumis à une procédure d’accréditation bureaucratique, opaque et aléatoire. Le directeur de l’Agence France-Presse (AFP) pour l’Algérie, Philippe Agret, nommé en octobre 2019, n’a jamais obtenu d’accréditation des autorités. Aucun motif n’a été fourni à ce sujet. Et les conditions de travail sont difficiles pour les journalistes algériens, sur fond de répression du Hirak par les autorités. 

Né en février 2019 d’un rejet d’un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, président aphasique, le mouvement s’est poursuivi malgré l’éviction d’Abdelaziz Bouteflika et de son clan, puis l’élection d’un nouveau chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune. Le Hirak réclame le démantèlement du système de gouvernance en place depuis l’indépendance en 1962. Les autorités affirment que les principales revendications du mouvement ont été satisfaites. 

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Après avoir boudé la présidentielle de fin 2019 puis le référendum constitutionnel de fin 2020, la population algérienne s’est de nouveau détournée des urnes lors des législatives organisées samedi pour tenter d’affermir la légitimité du gouvernement. 

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