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Les cas de contaminations explosent alors que les habitants sont sous cloche. La flambée épidémique en cours à Sydney relève de « l’urgence nationale », ont estimé ce vendredi les autorités locales. Preuve que la situation ne s’améliore pas, la première ville australienne a encore recensé un nombre record de nouveaux cas – un total de 136 recensés en 24 heures. Si ce chiffre peut paraître insignifiant dans de nombreux pays – rappelons que la France connaît ses derniers jours 20 000 contaminations quotidiennes – cette recrudescence de la crise sanitaire marque un revers pour l’Australie qui a depuis le début opté pour une stratégie de « zéro cas ». 

Depuis l’arrivée du Covid-19, l’Australie a longtemps été encensée pour ses bons résultats initiaux dans la gestion de la pandémie, qui ont essentiellement été dus à la fermeture très stricte des frontières de l’immense île-continent. Mais cette méthode semble s’essouffler. Alors que les grandes villes du pays ont été placées sous une chape de plomb – Sydney est soumis à un confinement depuis la fin du mois de juin – les voyants sanitaires restent au rouge. Pour certains spécialistes, le constat est sans appel : face au variant Delta, le confinement seul n’est plus suffisant.  

Le président de l’Australian Medical Association, le Dr Omar Khorshid a déclaré vendredi aux journalistes : « Il est tout à fait possible que la stratégie de verrouillage de l’Australie – qui a si bien fonctionné avec toutes les épidémies précédentes que nous avons eues – ne soit tout simplement pas assez forte, pas assez rapide, pour faire face à Delta. » Même avec les restrictions sévères, le virus continue de se propager. Si le spécialiste ne préconise pas de lever les mesures de confinement – il demande d’accélérer la cadence sur la couverture vaccinale. En effet, l’Australie semble avoir raté le coche de la vaccination – avec seulement 17% ayant reçu une première dose. La raison : des chiffres sanitaires qui étaient bons, une stratégie « zero covid » jusque-là efficace et le vaccin AstraZeneca, sur lequel l’Australie avait tout misé.  

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Encourager l’utilisation de l’AstraZeneca

Or le sérum britannique a connu de nombreux couacs. Résultat : le Groupe consultatif technique australien sur la vaccination (Atagi) recommande le sérum Pfizer « comme vaccin préféré pour les personnes âgées de 16 à moins de 60 ans » en raison du risque de coagulation rare, mais grave, connu lié à AstraZeneca et plus fréquent dans la tranche d’âge des moins de 60 ans. Mais le Dr Omar Khorshid demande aux autorités compétentes de revoir sa copie sur la question de la distribution de l’AstraZeneca dans les colonnes du Guardian. « À mon avis, nous devons revoir les recommandations liées au vaccin AstraZeneca concernant les jeunes Australiens car, pour le moment, c’est le vaccin le plus disponible », a-t-il déclaré.  

Car la population australienne ne peut pas compter sur le vaccin Pfizer plus rare et très demandé dans le pays. Il n’y en a donc pas pour tout le monde. « Nous avons besoin, au moins, de davantage de premières doses du Pfizer », a déclaré Gladys Berejiklian en avertissant que les restrictions imposées à la population de Sydney pourraient être valables jusqu’en octobre. Mais selon le Dr Omar Khorshid, on ne peut pas attendre l’acheminement – dans un temps incertain – des flacons de vaccins Pfizer. C’est donc pour cela qu’il demande à l’Atagi de modifier son avis afin d’ouvrir davantage la vaccination à l’AstraZeneca aux plus jeunes.  

Reconnaissant qu’un mois de confinement n’avait pas permis d’enrayer la progression du très contagieux variant Delta, l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud, dont Sydney est la capitale, a exhorté la capitale fédérale à envoyer en urgence des vaccins et des ressources. Par ailleurs, certains spécialistes en Australie mettent sur la table l’idée d’une redirection des vaccins vers la Nouvelle-Galles du Sud afin de faire face aux pénuries. Cependant, les dirigeants des Etats et territoires moins touchés par l’épidémie, craignent de se défaire de leurs flacons, de peur qu’une résurgence de la pandémie – attisée par le variant Delta – vienne de nouveau balayer leur région. 

« Réorienter » sa politique de vaccination

Alors que le virus « se propage partout » et que la moitié des 25 millions d’Australiens sont actuellement soumis à un confinement, la Première ministre de Nouvelle-Galles du Sud a admis que le gouvernement devait « réorienter » sa politique de vaccination. Aussi la femme politique durcit le ton. Parmi les autres mesures annoncées : certaines personnes n’assurant pas des fonctions « essentielles » et vivant dans certains quartiers de Sydney n’auraient pas le droit de sortir de chez elles, durcissant un peu plus les règles d’un confinement qui devrait être prolongé la semaine prochaine. 

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Jeudi, le Premier ministre fédéral Scott Morrison a présenté ses excuses pour la lenteur de la campagne de vaccination, reconnaissant que les objectifs n’étaient pas atteints. Face à la flambée des cas à Sydney, le Premier ministre de l’Etat de Victoria Dan Andrews a demandé un « anneau d’acier » autour de la ville pour empêcher toute personne d’en sortir. De son côté, la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a annoncé la suspension pendant au moins huit semaines de la « bulle » ouverte avec l’Australie, au sein de laquelle les ressortissants des deux pays peuvent circuler sans obligation de quarantaine. 

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