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La crise de l’eau s’intensifie en Iran. Le Khouzestan, qui abrite les principaux gisements de pétrole iraniens, est frappé depuis fin mars par une sécheresse à l’origine de manifestations dans plusieurs villes depuis la semaine dernière. Un policier a été tué par des « émeutiers », a rapporté ce mercredi l’agence officielle Irna. 

Les faits. « Lors des émeutes mardi soir à Talaqani (ndlr : un quartier de la ville portuaire de Mahshahr), des officiers (…) se sont fait tirer dessus depuis un toit », selon Fereydoun Bandari, gouverneur par intérim du comté, cité par Irna. Un policier a été tué et un autre blessé à la jambe, a-t-il ajouté. 

Le gouverneur n’a pas précisé si les manifestations à Mahshahr étaient liées à celles qui secouent le reste de la province. Une personne avait déjà été tuée vendredi lors de rassemblements dans la ville de Chadégan, à 70 kilomètres au sud d’Ahvaz, la capitale provinciale, selon Irna. 

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L’accès à internet est perturbé à Ahvaz et complètement coupé à Chadégan, a écrit mardi soir aux alentours de minuit le quotidien réformateur Etemad. Le « peuple courageux » du Khouzestan, province dévastée par la guerre entre l’Iran et l’Irak (1980-1988), « veut de l’eau, c’est tout », a écrit mardi un autre titre réformateur, Arman-e Melli.  

Pourquoi c’est important. Ces derniers jours, des médias en persan émettant de l’étranger ont parlé de manifestations réprimées par les forces de l’ordre, alors que les médias iraniens se montraient dans un premier temps plutôt silencieux sur le sujet. Des vidéos publiées par ces médias et sur les réseaux sociaux et dont l’AFP n’a pas pu vérifier l’authenticité montrent des centaines de personnes manifester, encadrées par la police anti-émeute. Le site Les Observateurs de France 24 a publié plusieurs vidéos des manifestations.  

« Nous avons fortement insisté sur le fait que les forces de sécurité n’affrontent pas violemment la population, et encore moins qu’elles ouvrent le feu », a affirmé mardi le gouverneur du Khouzestan, Qassem Soleimani-Dachtaki, cité par l’agence Isna. « Le peuple nous est cher », a-t-il souligné. 

Le journal réformateur Sazandegi a appelé le président sortant, Hassan Rohani, et son successeur élu, Ebrahim Raïssi, à se rendre dans la province pour parler aux manifestants, « promettre des améliorations et leur demander de rentrer chez eux ». Le gouvernement y avait envoyé vendredi une délégation de ministres adjoints. 

Ce mercredi, la télévision d’Etat a montré des images de longues files de camions transportant de l’eau, indiquant qu’ils avaient été envoyés au Khouzestan par les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique. 

Le contexte. Le Khouzestan, où les principaux gisements de pétrole iraniens sont localisés, abrite une importante minorité arabe. La population se plaint régulièrement d’être laissée pour compte par les autorités. La province avait été l’un des points chauds de la vague de contestation – violemment réprimée – contre le pouvoir en novembre 2019. 

« Il y avait des signes avant-coureurs de protestations dans la province depuis un moment, mais les autorités, comme toujours, ont attendu jusqu’à la dernière minute » pour les prendre en compte, estime Etemad. Le mot-dièse « J’ai soif » en arabe est largement utilisé sur les réseaux sociaux locaux pour attirer l’attention sur le sort du Khouzestan, selon le quotidien. 

Le Khouzestan est frappé depuis fin mars par une sécheresse à l’origine de manifestations dans plusieurs villes. Plus largement, l’Iran, pays aride, connaît une sécheresse chronique depuis plusieurs années. Depuis le début du mois, de nombreuses villes du pays sont soumises à des coupures d’électricité fréquentes, résultat, selon le gouvernement, d’une sécheresse d’une ampleur sans précédent depuis 11 ans ayant fortement affecté les lacs de retenue des barrages hydroélectriques du pays. 

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Jadis très fertile (elle fut le berceau de la civilisation élamite, qui connut son apogée au deuxième millénaire avant Jésus-Christ), la plaine du Khouzestan est régulièrement frappée par la sécheresse et par des tempêtes de sable venues d’Irak ou de la péninsule Arabique, phénomènes qui prennent de l’ampleur depuis plus d’une quinzaine d’années. 

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