LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

La guerre des livres a commencé ! Six mois après son départ de la Maison-Blanche, Donald Trump se trouve au milieu d’une véritable bataille d’édition pour raconter les derniers mois de sa présidence. Depuis le début de l’été, les ouvrages le concernant se succèdent à un rythme effréné, avec à chaque fois, leur lot de bonnes feuilles publiées en avant-première dans les médias. 

Fin juin, les deux journalistes du Washington Post Yasmeen Abutaleb et Damian Paletta ont ouvert le bal avec leur récit des coulisses de sa gestion chaotique de la crise sanitaire dans Scénario cauchemardesque : au coeur de la réponse de l’administration Trump à la pandémie qui a changé l’histoire. Un ouvrage où l’on apprend entre autres que l’ex-président avait un temps envisagé d’envoyer les Américains infectés à Guantanamo, le célèbre centre de détention militaire hébergeant des personnes accusées de terrorisme. 

« La présidence Trump a été l’une des plus erratiques et inhabituelles de l’histoire de notre pays. Donc, il y a une vraie appétence au sein de la société pour comprendre ce qui s’est passé ces quatre dernières années », dresse Matt Latimer, le cofondateur de Javelin, une agence littéraire américaine en charge du livre des deux journalistes. 

Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement

Ribambelle d’ouvrages

Signe de l’effervescence en cours, le journaliste du Wall Street Journal Michael Bender a repris le flambeau deux semaines plus tard avec Franchement, nous avons gagné cette élection : l’histoire de la défaite de Trump vue de l’intérieur, publié le 13 juillet. Là encore, plusieurs révélations fracassantes. Le correspondant à la Maison-Blanche y rapporte que Donald Trump aurait plaidé à de multiples reprises pour une intervention de l’armée, afin de réprimer violemment les manifestations contre la mort de George Floyd en juin 2020.  

Face à la concurrence féroce, le livre a dû avancer d’un mois sa date de publication pour ne pas se faire éclipser par deux autres poids lourds, prévus ce mois-ci. Le 20 juillet est en effet sorti Moi seul peux y remédier : la dernière année catastrophique de Donald J. Trump, coécrit par Carol Leonnig et Philip Rucker, deux autres plumes du Washington Post. Ici, les deux lauréats du prix Pulitzer dévoilent les craintes du chef d’Etat-Major des armées Mark A. Willey, quant à une possible tentative de coup d’Etat de Trump, après sa défaite aux élections de novembre. 

Un livre explosif, suivi une semaine plus tard par Glissement de terrain : les derniers jours de la présidence Trump, de Michael Wolff, déjà auteur en 2018 du décapant Le Feu et la fureur : A l’intérieur de la Maison-Blanche de Trump. Dans ce dernier opus de sa trilogie consacrée au milliardaire, le journaliste détaille presque minute par minute l’ambiance lunaire au sein du bureau ovale dans les heures qui ont suivi l’attaque du Capitole le 6 janvier. 

Overdose

Le filon est loin d’être épuisé : une dizaine d’autres ouvrages sont en préparation. Parmi eux, celui de Bob Woodward, vétéran du Washington Post, qui a déjà écrit deux tomes sur Trump, dont le best-seller Rage publié en septembre dernier. La correspondante à Washington du New York Times Maggie Haberman planche également sur son livre, comme cinq autres journalistes du quotidien new-yorkais, alors que Jonathan Karl d’ABC News, dont l’ouvrage est attendu dans les prochains mois, a déjà publié des premiers extraits dans The Atlantic. 

Le risque d’overdose n’est pas loin. « A terme, on peut craindre que ces livres finissent par se télescoper les uns les autres, concède Matt Latimer. Mais pour le moment, ça ne semble pas être un problème pour les ventes. » Sur la version américaine d’Amazon, Moi seul peux y remédier arrive ainsi à la deuxième place des best-sellers (précommandes inclues), tandis que Glissement de terrain se classe en sixième position. 

L’application L’Express

Pour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyez

Télécharger l’app

De quoi assombrir les perspectives de retour de Donald Trump ? Pas sûr, selon l’historienne spécialiste des États-Unis Nicole Bacharan. « Je ne pense pas que cela lui nuise, estime-t-elle, car ces livres sont avant tout achetés par des lecteurs qui n’ont pas voté pour lui. De plus, Donald Trump a toujours estimé qu’il n’y avait pas de mauvaise publicité, l’essentiel étant surtout qu’on parle de lui. » Sur ce point, il est servi. 

Opinions

Economie

Par Pierre Abadie, responsable Climat, Tikehau Capital

Chronique

Par Sylvain Fort

Sciences

Jean-Marc Jancovici

Chronique

Abnousse Shalmani

Aux Etats-Unis, la guerre des livres (et des scoops) pour raconter la fin de présidence Trump