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Ils ont enfilé leurs bottes en caoutchouc et se sont rendus sur les lieux des inondations meurtrières de ces derniers jours en Rhénanie-Palatinat et en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Chacun à leur manière, les candidats à la Chancellerie ont manifesté leur solidarité et leur soutien aux 150 victimes.  

Au coeur de l’été, la catastrophe naturelle chamboule la campagne électorale, jusque-là marquée par quelques affaires de corruption (chez les conservateurs) ou de plagiats (chez les écologistes). « Ces inondations ont balayé les petits scandales sans grande importance, analyse Gero Neugebauer, politologue à l’Université Libre de Berlin (FU). Désormais, il va falloir aborder une question plus sérieuse : la politique climatique. Or, les seuls qui sont crédibles dans ce domaine sont les écologistes. Les autres partis vont devoir se justifier et aller au-delà des simples effets d’annonce pour se faire entendre. » 

Laschet va devoir sortir du bois

Toujours en tête des sondages, les conservateurs (CDU) ont jusqu’à présent évité d’effrayer les électeurs avec des mesures impopulaires. Ils ont tout fait pour ne pas faire du climat le thème majeur de la campagne. « Leur programme est totalement vide sur ce sujet », confirme Gero Neugebauer. Mais les inondations changent la donne. Impossible pour le candidat conservateur Armin Laschet, grand défenseur de l’automobile et du charbon, de camper sur son leitmotiv de début de campagne – « plus d’écologie, oui, mais sans changement ». Ces inondations historiques l’obligent à sortir du bois, d’autant qu’il aspire à gouverner avec les écologistes. « S’il veut rester crédible et ne pas être vulnérable sur le thème de l’environnement, il va devoir annoncer des mesures concrètes », insiste Uwe Jun, politologue à l’université de Trèves.  

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Ce n’est pas gagné. Connu pour ses bourdes, le successeur potentiel d’Angela Merkel n’a rien trouvé de mieux que de ruiner, une nouvelle fois, sa crédibilité, samedi 17 juillet. Tout avait pourtant bien commencé. Comme Gerhard Schröder lors des inondations de l’Elbe en 2002, Armin Laschet a été le premier à se rendre sur les lieux. À l’époque, cette initiative avait permis à Schröder, lui aussi en campagne électorale, de retourner la situation politique en sa faveur. Mais Laschet n’est pas aussi adroit que l’ancien chancelier social-démocrate. Lors d’un hommage aux victimes, il s’est fait surprendre par les caméras, hilare, avec ses comparses… En termes d’image, c’est un désastre. « Sa manière de gérer la crise, comme candidat, mais aussi comme patron d’une région sinistrée, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, sera pourtant déterminante lors du vote du 26 septembre », prédit Gero Neugebauer. 

Aubaine pour les Verts

En revanche, les inondations représentent une aubaine pour les écologistes, après leur démarrage de campagne catastrophique. Donnée gagnante en mai dans les sondages, la candidate Annalena Baerbock avait ensuite fait dégringoler les Verts (10 points derrière les conservateurs), suite aux révélations de la presse sur son CV enjolivé, ses primes de Noël non déclarées et les plagiats de son livre de campagne, « Maintenant ».  

Cette fois, Annalena Baerbock a choisi la discrétion, en refusant de se faire accompagner sur place par des journalistes et des photographes. « Elle voulait éviter la mise en scène de la récupération facile, analyse Uwe Jun. Les Verts ont tout intérêt à mettre en avant leur programme plutôt que leur candidate. »  

Pas de révolution en vue

Pourrait-elle, dans les prochaines semaines, repasser devant son rival conservateur ? Les experts sont sceptiques. « A huit semaines des élections, la question est de savoir si l’événement restera dans les mémoires, estime Uwe Jun. En 2002, les crues de l’Elbe étaient arrivées à la mi-août, seulement un mois avant le scrutin et elles concernaient plusieurs régions d’Allemagne » « Cette catastrophe est beaucoup trop locale par rapport aux crues de l’Elbe, abonde Daniel Dettling. Nous n’en parlerons plus dans un mois. » 

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