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Une partie du vieux continent s’est retrouvée engloutie sous les eaux. Les images ont fait le tour du monde et les dégâts sont considérables. Le bilan des inondations dévastatrices a grimpé à 156 morts en Allemagne, a indiqué dimanche matin la police, portant au total à au moins 183 le nombre de décès dans ces intempéries dans l’Ouest de l’Europe. Dans le seul Etat régional allemand de Rhénanie-Palatinat, la police locale a fait état de 110 morts dans un communiqué, contre 98 dans le bilan précédent. « Il est à craindre que d’autres victimes viennent s’ajouter », a souligné la police dans son communiqué, parlant aussi d’au moins 670 personnes blessées dans cette seule zone. 

Des pompiers debout sur le toit de leur véhicule montent dans une maison inondée dans le quartier inondé d’Ehrang à Trèves, dans l’ouest de l’Allemagne, le 15 juillet 2021.

AFP

Comment en est-on arrivé là ? « Des masses d’air, chargées de beaucoup d’eau, ont été bloquées en altitude par des températures froides, qui les ont fait stagner pendant quatre jours sur la région », explique à l’AFP Jean Jouzel, climatologue, ancien vice-président du GIEC, le groupe d’experts climat de l’ONU. Les premières pluies diluviennes commencent à s’abattre sur l’ouest de l’Allemagne le 13 juillet. L’Etat de catastrophe naturelle est décrété en Bavière et les inondations font leur premier mort – un pompier noyé lors d’une intervention à Altona (Rhénanie du nord-Westphalie). Le lendemain, les intempéries continuent : 42 morts et des dizaines de disparus sont recensés mercredi.  

Mais les autorités allemandes ont-elles été prises par surprise ? La professeure Hannah Cloke, une hydrologue qui a mis en place et conseille désormais le système européen de sensibilisation aux inondations – un programme de l’UE conçu pour fournir des alertes précoces en cas d’inondations dangereuses – a déclaré que des alertes avaient été envoyées aux autorités européennes au cours du week-end. « Des alertes ont été émises (…) disant qu’il y avait des pluies et des inondations très importantes à venir : soyez conscient. C’est alors aux autorités nationales de prendre ces informations et de les suivre », a-t-elle déclaré à la radio britannique la BBC.  

Une photo de drone montre une vue aérienne de véhicules entassés sur une route inondée à Erfstadt, en Allemagne, après une violente tempête de pluie et des crues soudaines qui ont frappé les États occidentaux de Rhénanie-Palatinat et Rhénanie du Nord-Westphalie, le 17 juillet 2021.

Anadolu Agency via AFP

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Une catastrophe « sans précédent »

Si l’Allemagne paye un lourd tribut, ce n’est pas le seul pays pris au piège par ces pluies diluviennes. Ces intempéries frappent aussi la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. Dans l’est de la Belgique, la solidarité s’organise vendredi. « Ici, certains habitants ont tout perdu », soupire Philippe Denbcyden qui déblaye la boue devant une maison de Pepinster, dans l’est du pays. Au total, des milliers de personnes sont sinistrées. La catastrophe, qui a fait au moins 20 morts et une vingtaine de disparus chez nos voisins belges, selon un bilan encore provisoire, est « sans aucun précédent dans notre pays », a affirmé le Premier ministre Alexander de Croo, qui a décrété une journée de deuil national mardi.  

Tout au long de la semaine, le bilan des intempéries dévastatrices ne cesse de s’alourdir. En Allemagne, les secours continuent en outre à rechercher des centaines de personnes portées disparues. « Je crains que nous ne voyions toute l’étendue de la catastrophe que dans les prochains jours », prévient jeudi soir la chancelière Angela Merkel depuis Washington, où elle effectue une visite. Le lendemain, le quotidien Bild, le plus de l’outre-Rhin, titrait « les inondations de la mort ». En Rhénanie-Palatinat, une des régions les plus touchées, le nombre de décès recensés est passé vendredi matin de 28 à 50. Samedi matin, l’Europe se relève des crues meurtrières des derniers jours, entamant de colossaux travaux de déblaiement et de reconstruction, malgré les lourds bilans qui n’ont cessé de s’alourdir au fil de la journée. 

Le bilan monte à 170 morts provoqués par des pluies diluviennes dans l’Ouest du continent, selon le dernier décompte. Des dizaines d’autres restent disparues. En Belgique, les autorités ont fait état samedi de 27 morts lors de ces crues. Mais cette catastrophe aurait-elle pu être évitée ? Si certaines voix se lèvent sur la scène politique allemande, le ministère de l’Environnement de Rhénanie-Palatinat – l’un des États les plus touchés d’Allemagne – affirme que des avertissements d’inondation sont émis pour les grands fleuves, mais que les informations pour les affluents et les petits fleuves ne sont pas aussi détaillées, donc les inondations ne peuvent pas toujours être évitées.  

L’illustration montre des dommages lors d’une visite à Pepinster, où de fortes pluies ont provoqué de graves inondations, le samedi 17 juillet 2021.

Belga via AFP

Par ailleurs, ces intempéries placent la question du réchauffement climatique au centre de la campagne électorale, qui bat son plein en Allemagne en vue du scrutin législatif du 26 septembre au terme duquel Angela Merkel quittera le pouvoir. Ces caprices météorologiques extrêmes sont les conséquences du changement climatique », a estimé le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer, pour qui l’Allemagne doit « se préparer beaucoup mieux ». Une atmosphère plus chaude retient en effet davantage d’eau et peut provoquer des précipitations d’extrême intensité. Celles-ci peuvent avoir des conséquences particulièrement dévastatrices dans les zones urbaines, avec des cours d’eau mal drainés et des constructions en zone inondable. 

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Tous les candidats rivalisent de promesses. « Cela signifie que nous devons accélérer les mesures de protection du climat – au niveau européen, national et mondial », a clamé Armin Laschet, candidat du parti conservateur de d’Angela Merkel et favori pour lui succéder au vu des sondages. Dimanche, la chancelière se rend dimanche au chevet des survivants des inondations « du siècle », qui ont semé la désolation en Allemagne, fait au moins 183 morts dans ce pays et en Belgique, et provoqué des dégâts considérables. Si la tendance est à la décrue dans la zone la plus sinistrée, la situation se dégrade en revanche plus au Sud à la frontière entre l’Allemagne et l’Autriche. Un plan d’aide gouvernemental de probablement plusieurs milliards d’euros est en préparation. 

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