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Les favoris, et les autres… Voici les points forts et les points faibles des 24 films en compétition pour la Palme d’or au 74e Festival de Cannes, qui sera décernée samedi par le jury de Spike Lee.

« Annette » de Leos Carax (France)

Feu d’artifices visuel, cet opéra-rock coécrit et mis en musique par le groupe américain Sparks fait briller deux stars, Adam Driver et Marion Cotillard. Foisonnant et virtuose. Mais certains l’ont trouvé indigeste.

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« Benedetta » de Paul Verhoeven (Pays-Bas)

Avec une histoire de nonne lesbienne dans l’Italie du moyen-âge, le nouveau film de l’auteur de «Basic Instinct» et «Elle» avait tout pour choquer la Croisette. Il a été diversement reçu, certains le jugeant en décalage avec l’époque et finalement très politiquement correct.

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« The French Dispatch » de Wes Anderson (Etats-Unis)

Le casting le plus impressionnant, avec Bill Murray, Tilda Swinton, Timothée Chalamet, Frances McDormand… Le génie visuel de Wes Anderson est intact, mais la magie opère-t-elle dans cette collection de petites histoires dans une France de carte postale ?

« Tre Piani » de Nanni Moretti (Italie)

Vingt ans après sa Palme d’or pour «La Chambre du fils», l’habitué de Cannes rêve d’un doublé. Mais Moretti a peut-être perdu le sens de l’observation et du récit qui faisait le sel de son cinéma dans cette adaptation d’un roman sur le destin des habitants d’un immeuble.

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« L’histoire de ma femme » d’Ildiko Enyedi (Hongrie)

Un homme fait le pari d’épouser la première femme qui passe la porte d’un bar… Visuellement, cette histoire d’amour et de marin avec Léa Seydoux est l’un des plus beaux films de la compétition. Mais son côté sage et classique pourrait lui nuire.

« Bergman Island » de Mia Hansen-Love (France)

Avec Tim Roth et Vicky Krieps, sur un couple de cinéastes qui part sur l’île de Faro, île fétiche du cinéaste suédois Ingmar Bergman, pour écrire chacun le scénario de son prochain film. Le film, qui brouille les frontières entre réalité et fiction a divisé la critique.

« Drive my car » de Ryusuke Hamaguchi (Japon)

Le réalisateur de «Senses» et «Asako I et II» filme deux êtres en quête de rédemption, hantés par des secrets du passé. Le film le plus long de la compétition (2H49), bijou de poésie, est aussi le plus aimé des critiques internationaux.

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« Le genou d’Ahed » de Nadav Lapid (Israël), Ours d’Or 2019 pour « Synonymes »

Avec son message sur l’auto-censure et le conformisme en Israël, c’est l’un des films les plus politiques, ce qui pourrait séduire le jury présidé par Spike Lee, cinéaste militant. Il est aussi aride, tourné et monté de manière abrupte.

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« Haut et fort » de Nabil Ayouch (Maroc)

Le réalisateur de «Much Loved», sur la prostitution, plonge dans l’univers d’une jeunesse marocaine portée par le hip-hop. Tourné dans une banlieue déshéritée de Casablanca, où le réalisateur a fondé un centre culturel et recruté la plupart des acteurs. Le film a globalement séduit la critique internationale.

« Compartiment N°6 » (Hytti NRO 6) de Juho Kuosmanen (Finlande)

La rencontre entre une Finlandaise et un Russe le temps d’un voyage en train entre Moscou et Mourmansk, au nord du cercle polaire. Un film d’ambiance dans des paysages désolés, dont la poésie désabusée en laissera certains à quai.

« Julie (en 12 chapitres) » de Joachim Trier (Norvège)

Le réalisateur «d’Oslo, 31 août» livre un trio sentimental entre une trentenaire qui n’arrive pas à se fixer, un auteur à succès et un séduisant jeune homme. C’est un autre coup de coeur des critiques, qui se sont reconnus dans ce film générationnel sur une jeune femme d’aujourd’hui. Et la révélation d’une actrice, Renate Reinsve.

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« La Fracture » de Catherine Corsini (France)

Un film autour d’un couple bloqué dans un hôpital en pleine manifestation des «gilets jaunes», par une réalisatrice discrète mais engagée. Le duo Valeria Bruni-Tedeschi et Marina Foïs a été remarqué, mais le film frappe-t-il juste sur le mouvement social qui a secoué la France ?

« Les Intranquilles » de Joachim Lafosse (Belgique)

Le film s’attaque au drame de la bipolarité, à travers le portrait d’une famille rongée par la maladie du père (Damien Bonnard) avec laquelle la mère (Leïla Bekhti, dont le compagnon Tahar Rahim siège au jury), tente de composer, pour protéger leur jeune fils. Déchirant.

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« Les Olympiades » de Jacques Audiard (France) avec Noémie Merlant, et Céline Sciamma à l’écriture du scénario

La Palme d’or pour «Dheepan» (2015) tente un doublé avec ce film sur les moeurs des trentenaires, tourné en noir et blanc dans des grands ensembles du XIIIe arrondissement de Paris. Un changement de style radical pour le cinéaste, qui n’a pas convaincu tout le monde.

« Lingui » de Mahamat-Saleh Haroun (Tchad)

Il aborde le tabou de l’avortement à travers le destin d’une adolescente enceinte à N’Djamena. Le réalisateur tchadien installé en France avait décroché le Prix du Jury à Cannes en 2010 pour «Un homme qui crie». Une Palme d’Or d’Afrique sub-saharienne serait une première.

« Memoria » d’Apichatpong Weerasethakul (Thaïlande)

Après sa Palme d’or en 2010 pour «Oncle Boonmee», le Thaïlandais a tourné pour la première fois hors de son pays, en Colombie, avec Tilda Swinton en botaniste prise d’hallucinations sonores. Plus mystique et contemplatif, tu meurs. Le jury sera-t-il ensorcelé ?

« Nitram » de Justin Kurzel (Australie)

Après avoir tourné «Macbeth» et «Assassin’s Creed», le cinéaste livre un plaidoyer pour le contrôle des armes. Politique, engagé, mais aussi déjà attaqué en Australie par les familles des survivants, de la fusillade qui avait fait 35 morts en 1996, sur laquelle le film revient.

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« France » de Bruno Dumont (France)

Léa Seydoux en journaliste télé prend l’antenne et vend son âme dans cette comédie dramatique du réalisateur nordiste qui pointe les écueils de l’information en continu. Comme toute caricature, le film risque de diviser.

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« Petrov’s Flu » de Kirill Serebrennikov (Russie)

Cette «déambulation alcoolisée» entre deux amis, à la lisière entre rêve et réalité, séduit par sa virtuosité cinématographique mais peut dérouter. Un prix pour Serebrennikov, en disgrâce en Russie où il est interdit de sortie du territoire, serait un événement politique.

« Red Rocket » de Sean Baker (Etats-Unis)

C’est un film sur une ex-star du porno qui revient s’installer dans son Texas natal. Une nouvelle fenêtre sur l’Amérique des marges, enlevée et bien interprétée, qui est aussi la première apparition de ce réalisateur dans la compétition.

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« Titane » de Julia Ducournau (France)

Furieux et parfois gore, cet Ovni cinématographique de la benjamine de la compétition a fait exploser le niveau d’hémoglobine sur la Croisette. On adore ou on déteste, mais Vincent Lindon en pompier bodybuildé fait l’unanimité.

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« Tout s’est bien passé » de François Ozon (France)

Le réalisateur qui filme pour la première fois Sophie Marceau, face à son père, un remarquable André Dussollier, qui lui demande de l’aider à mettre fin à ses jours. La marche pourrait être haute pour ce drame français, dans une compétition de dimension internationale.

« Flag Day » de Sean Penn (Etats-Unis)

La légende du cinéma américain a lavé l’affront des quolibets essuyés lors de sa précédente apparition à Cannes. Mais est loin d’emballer grand monde avec ce drame où il se met en scène aux côtés de sa propre fille Dylan.

« Un héros » d’Asghar Farhadi (Iran)

Après «Everybody Knows», tourné en Espagne avec Penelope Cruz et Javier Bardem, le cinéaste, Oscar du meilleur film étranger en 2017 pour «Le Client», revient en Iran et à ses thèmes de prédilection.

les tops et les flops des 24 films en compétition