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Pour Boeing, les problèmes techniques volent en escadrille. La compagnie américaine a annoncé mardi un ralentissement de la cadence de production de ses long-courriers 787 Dreamliner après la découverte de nouveaux défauts sur le nez de l’appareil. « La production des 787 sera temporairement inférieure à cinq par mois », détaille Boeing qui « anticipe désormais la livraison cette année de moins de la moitié des 787 actuellement en stock ». 

Le régulateur de l’aviation aux Etats-Unis, la FAA, estime que ce nouveau problème « ne présente pas de danger immédiat à la sécurité aérienne », se félicitant même de la découverte de ce vice grâce au système d’inspections mis en place à son initiative. Elle ne peut toutefois pas dire « si des modifications similaires sont nécessaires sur les 787 déjà en service ». 

Le couac est en tout cas suffisamment alarmant pour imposer un changement de calendrier de production et de livraison à ces appareils, anticipe Boeing, dont l’action a chuté de 4,23% à 228,20 dollars à Wall Street mardi soir. « Nous continuerons à prendre le temps nécessaire pour nous assurer que les avions Boeing respectent les standards les plus élevés avant la livraison », écrit encore le constructeur, dans un communiqué. Le modèle 787 Dreamliner, très attendu, permettrait une consommation moindre de carburant, de l’ordre de -20%. 

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Mauvaise série

Rien que pour le 787, cette nouvelle est la dernière d’une série de mauvaises passes pour le constructeur américain. Boeing avait déjà découvert en septembre plusieurs vices de fabrication sur le raccord d’une portion du fuselage puis sur le stabilisateur horizontal. Les livraisons avaient alors été suspendues par l’avionneur entre novembre et mars. 

Nouvelle interruption des livraisons du long-courrier en mai, le temps de transmettre à la FAA des informations complémentaires à la suite de problèmes de production. 

Ce dernier coup dur « donne l’impression que Boeing n’a pas mis sa maison en ordre de marche et que l’entreprise est à la traîne au moment où l’industrie aéronautique commence à profiter de la reprise », souligne Robert Stallard, analyste pour Vertical Research Partners, dans une note. Même si en l’occurrence il s’agit apparemment « d’un défaut relativement mineur », « presque tous les programmes civils et militaires de Boeing font face à des problèmes d’exécution », remarque aussi Richard Aboulafia, du cabinet spécialisé en aéronautique Teal. 

Si la sécurité des appareils de Boeing est surveillée d’aussi près, c’est que l’avionneur américain a subi deux crashs de son actuel avion-vedette, le 737 MAX. Lancé en 2017, l’appareil a été victime de deux accidents rapprochés en 2018 et 2019, qui ont fait 346 morts, en raison notamment d’un défaut du logiciel de commandes de vol MCAS.  

Il a été cloué au sol pendant vingt mois avant d’être autorisé à revoler fin 2020… Avant, là encore, que des problèmes électriques dans les cockpits de certains 737 MAX ne conduisent début avril à l’immobilisation temporaire d’une centaine d’exemplaires déjà livrés. 

Problèmes d’argent

Boeing a par ailleurs accepté de payer 17 millions de dollars d’amende fin mai à la FAA pour des problèmes de production sur les 737 MAX et les 737 NG et 6,6 millions en février pour divers manquements à la sécurité. 

Face à ces ennuis techniques à répétition et aux conséquences désastreuses de la pandémie de Covid-19 sur le transport aérien, Boeing accumule logiquement les problèmes d’argent, ayant affiché des comptes dans le rouge durant les six derniers trimestres. Dans ce contexte, ses résultats du deuxième trimestre attendus le 28 juillet seront scrutés. 

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Au rang des bonnes nouvelles toutefois, Boeing peut compter sur une reprise de la demande pour ses appareils. Avec notamment des achats importants de United Airlines et Southwest Airlines, le constructeur a gonflé son carnet de commandes de 595 appareils depuis le début de l’année, dont 505 pour son MAX. 

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