LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Il est officiellement de retour chez lui. Laurent Gbagbo a été acclamé à sa descente d’avion par des centaines de personnes, celles qui avaient pu avoir accès à l’aéroport, ses proches, les responsables de son parti, le Front populaire ivoirien (FPI) et le personnel de l’aéroport et de compagnies aériennes, ont constaté des journalistes.  

C’est son acquittement définitif le 31 mars qui a rendu possible ce retour, de même que le feu vert donné par son rival, le président Alassane Ouattara, au nom de la « réconciliation nationale ».  

Laurent Gbagbo est directement monté dans une voiture pour quitter l’aéroport, en brûlant l’étape du pavillon présidentiel qui avait été mis à disposition par Alassane Ouattara, où l’attendaient des responsables du FPI. Son cortège a ensuite pris la route menant à son ancien QG de campagne de la présidentielle de 2010, situé dans le Nord d’Abidjan, où il a pris la parole dans une salle où se trouvaient les dirigeants du FPI. « Je suis heureux de retrouver la Côte d’Ivoire et l’Afrique après avoir été acquitté » de crimes contre l’humanité par la justice internationale, a-t-il lâché, moins de quatre heures après son retour. 

L’ancien président Laurent Gbagbo parle avec des partisans à Abidjan, le 17 juin 2021.

SIA KAMBOU / AFP

Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement

Des milliers de ses partisans se trouvaient à l’extérieur pour l’acclamer. Tout au long du parcours, des milliers de jeunes pro-Gbagbo enthousiastes couraient, sautaient en criant « Gbagbo est là », « Gbagbo revient », « il est là pour libérer la Côte d’Ivoire » ou encore « on est là pour Gbagbo et on est fier ». 

Des échauffourées avec la police

Tout au long de la journée, la police a dispersé avec du gaz lacrymogène tous ceux qui tentaient de se rassembler près de l’aéroport, situé dans le Sud de la capitale, dans le quartier de Port-Bouët où, selon des témoins, des échauffourées ont aussi opposé les forces de l’ordre à des partisans de Laurent Gbagbo. Des photos de personnes blessées circulaient sur les réseaux sociaux sans qu’il soit possible de confirmer leur authenticité. 

Des policiers anti-émeutes ivoiriens se préparent à disperser la foule rassemblée à Abidjan le 17 juin 2021 avant l’arrivée de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo.

AFP

Les manifestants repoussés ne cachaient pas leur colère de voir les accès à l’aéroport bloqués. Les rassemblements le long du cortège n’ont pas été interdits par le gouvernement, mais le ministre de la Communication Amadou Coulibaly a affirmé à l’AFP avoir appris l’itinéraire « par la presse ». Il a qualifié de « troubles à l’ordre public » les tentatives des partisans de Laurent Gbagbo de rejoindre l’aéroport, estimant qu’il n’y avait pas eu « d’abus dans le maintien de l’ordre ». 

« Nous sommes surpris par cette réaction injustifiée », a déclaré Justin Katinan Koné, porte-parole de Laurent Gbagbo, affirmant que des « arrestations ont eu lieu » et que des cars de partisans de l’ex-président venus de province ont été « bloqués à l’entrée d’Abidjan ». 

« Gbagbo acquitté, merci Seigneur »

A Yopougon, quartier populaire d’Abidjan considéré comme pro-Gbagbo, on attendait son retour avec impatience, mais « on veut le voir pour le croire », disait un habitant du quartier portant un maillot sur lequel est écrit : « Gbagbo acquitté, merci Seigneur ». 

Les partisans de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo chantent et dansent avant son arrivée à Abidjan le 17 juin 2021.

AFP

A l’opposé, ses adversaires estiment toujours qu’il a précipité son pays dans le chaos en refusant sa défaite face à Alassane Ouattara à la présidentielle de 2010. Ce refus a provoqué une grave crise post-électorale, pendant laquelle quelque 3000 personnes ont été tuées. 

Une politique de « réconciliation nationale »

Laurent Gbagbo, au pouvoir depuis 2000, avait été arrêté en avril 2011 à Abidjan puis transféré à la CPI à La Haye. Ses proches assurent qu’il rentre sans esprit de vengeance mais pour oeuvrer à la politique de « réconciliation nationale ». La Côte d’Ivoire est encore meurtrie par deux décennies de violences politico-ethniques, les dernières remontant à la dernière présidentielle, en 2020, qui ont fait une centaine de morts. 

Alassane Ouattara a été réélu pour un troisième mandat controversé lors d’un scrutin boycotté par l’opposition qui jugeait ce nouveau mandat anticonstitutionnel. La Côte d’Ivoire « doit se retrouver », estime Assoa Adou, secrétaire général du FPI, car « elle est aujourd’hui en danger de déstabilisation par des djihadistes » après des attaques contre l’armée qui ont récemment tué quatre militaires dans le Nord, à la frontière avec le Burkina Faso. 

L’application L’Express

Pour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyez

Télécharger l’app

Laurent Gbagbo reste sous le coup d’une condamnation en Côte d’Ivoire à vingt ans de prison pour le « braquage » de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pendant la crise de 2010-2011, mais le gouvernement a laissé entendre qu’elle serait abandonnée. 

Opinions

Ultimatum

Par Christophe Donner

Le meilleur des mondes

Par Sylvain Fort

Idées et débats

Par Yascha Mounk

Economie

Robin Rivaton

EN IMAGES. Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo fêté par les siens pour son retour à Abidjan