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L’été à peine commencé, le Covid-19 joue déjà les trouble-fêtes. Confronté à une hausse des contaminations sur son sol, Malte a décidé d’interdire à partir de mercredi l’entrée sur son territoire aux voyageurs non vaccinés. « Nous serons le premier pays en Europe à prendre cette mesure (…) un test PCR ne suffira plus », a annoncé vendredi dernier le ministre de la Santé Chris Fearne. La raison : une récente augmentation des cas liés à des touristes étrangers. 

Alors que depuis la mi-mai, le petit pays de 500 000 habitants était parvenu à réduire à une poignée le nombre de nouvelles infections, celles-ci sont reparties en flèche début juillet. Si aucun nouveau cas n’avait été enregistré le 27 juin, les autorités en ont recensé 101 ce dimanche. L’île est pourtant à la pointe de la vaccination sur le Vieux continent, avec près de 70% de sa population entièrement vaccinée. 

« Contraire aux règles européennes »

L’annonce de ce tour de vis concernant l’accès au territoire maltais n’a pas manqué de soulever des protestations dans d’autres capitales européennes. Et pour cause, cette décision va à l’encontre du passe sanitaire européen négocié par les 27 pour permettre de circuler librement au sein des 31 pays associés au dispositif. 

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Pour cela, le document atteste de l’immunité de son détenteur en prouvant : soit qu’il a été vacciné, soit qu’il bénéficie d’une immunité naturelle à la suite d’une infection, soit qu’il n’est pas porteur du virus grâce à un test de dépistage négatif de moins de 72 heures. Une dernière possibilité refusée, donc, par Malte. 

« La décision qui a été prise par Malte est contraire aux règles européennes et je crois qu’il faut qu’on s’en tienne à notre cadre et l’appliquer pleinement. Ce cadre, c’est celui du passe sanitaire européen », a notamment déploré dimanche le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes Clément Beaune au Grand rendez-vous Europe 1/CNews/Les Echos. « Je préfèrerais qu’ils reviennent sur leur décision », a-t-il ajouté, précisant néanmoins qu’il ne s’agissait « pas de sanctionner Malte ». 

Interrogé ce lundi sur France Inter, le commissaire européen à la Justice Didier Reynders a lui appelé au dialogue. « Il y a eu deux décisions : le certificat qu’on a mis en place et qui s’impose à tous les Etats européens, comme une preuve de votre situation par rapport à la maladie. Et puis il y a une recommandation adoptée par les 27 Etats, qui part de l’idée que le passeport se suffit à lui-même, sauf si la situation sanitaire venait à se détériorer (…) Nous allons donc discuter avec Malte pour qu’elle accepte les tests PCR », a-t-il déclaré. Au vu de sa faible marge de manoeuvre dans ce dossier, reste maintenant à voir si Bruxelles parviendra réellement à faire entendre sa voix. 

La menace du variant Delta

D’autant plus que dans une Europe en proie à une hausse des contaminations liées au variant Delta – considéré comme 60% plus contagieux que le variant Alpha (ancien variant anglais) d’après une étude britannique – la décision des autorités maltaises pourrait créer un précédent, selon Yves Bertoncini, président du Mouvement européen France et ancien diplomate. 

« Dans un contexte où les pressions s’accroissent dans différents pays d’Europe pour rendre la vaccination obligatoire, il est tout à fait possible que d’autres pays qui s’estiment menacés par le virus – et notamment le variant Delta – prennent la même décision que Malte. Politiquement ce serait un signal fâcheux pour l’Europe, mais la santé reste une prérogative des Etats », souligne-t-il. 

Sans remettre en cause le principe du passe sanitaire européen, plusieurs pays ont déjà renforcé leurs restrictions pour freiner la reprise épidémique. Aux Pays-Bas, où les infections ont été multipliées par sept en une semaine, le Premier ministre Mark Rutte a notamment ordonné vendredi la fermeture de toutes les boîtes de nuit. Même chose en Catalogne trois jours plus tôt, après une explosion du nombre de contaminations chez les jeunes. Au Portugal, l’utilisation du passe sanitaire a aussi été élargie à la réservation d’un hôtel ou aux repas pris en intérieur dans les restaurants. 

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« Dans les pays du Sud de l’Europe, dont les économies reposent fortement sur les vacanciers, il y aura une forte pression du secteur touristique pour ne pas empêcher les voyageurs non vaccinés de venir. Pour les autres pays du Nord ou de l’Est, on ne peut pas en dire autant », glisse Yves Bertoncini. En cas de flambée épidémique, les 27 risquent donc d’agir en ordre dispersé. 

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