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Après des mois de discussions en ligne, une ébauche de texte pour mieux protéger la nature au niveau international a été dévoilée ce lundi par l’ONU : ce document doit être négocié en octobre à la COP15, prévue à l’origine à Kunming, en Chine, en octobre 2020, mais décalée d’un an en raison de la pandémie. 

La Convention de l’ONU sur la biodiversité biologique (CBD) travaille en effet à l’adoption d’un vaste plan pour « vivre en harmonie avec la nature » à l’horizon 2050, avec des objectifs intermédiaires pour 2030. Le temps presse : un million d’espèces animales et végétales pourrait disparaître et la mauvaise santé des écosystèmes menace les hommes. Malgré cette urgence, les États n’ont pas tenu leurs engagements pour inverser la tendance sur la décennie 2010-2020. 

Pourtant, la crise sanitaire du Covid-19 « souligne l’importance de la biodiversité », a rappelé la secrétaire exécutive de la CBD Elizabeth Maruma Mrema lors d’une conférence de presse, la protection de la nature étant vue comme un rempart efficace à l’émergence de nouveaux coronavirus. Voici ce que l’on sait sur les propositions de l’ONU. 

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30% des espaces terrestres et maritimes protégés

Le document comporte 21 cibles à atteindre en 2030 pour réduire les menaces pesant sur la biodiversité, répondre aux besoins des populations à travers une gestion durable et équitable des ressources naturelles et des outils pour effectivement mettre en place ces mesures 

Une des cibles proposées pour mieux protéger la nature est de s’assurer « qu’au moins 30% des espaces terrestres et des espaces maritimes au niveau mondial (…) sont conservés à travers (…) des systèmes d’aires protégées » et d’autres mesures de protection. 

Un autre objectif vise à baisser la pollution à des niveaux qui ne soient pas dommageables pour la nature et la santé humaine, en particulier en réduisant les pertes d’engrais dans l’environnement « d’au moins 50% » et les pertes de pesticides d' »au moins deux-tiers », ainsi que la pollution plastique. Cette formulation tient compte des disparités à l’échelle mondiale, avec des régions comme l’Europe ou la Chine où les engrais et pesticides sont utilisés en excès, quand d’autres sont déficitaires, explique Aleksandar Rankovic, du think tank IDDRI (Institut du développement durable et des relations internationales). 

La CBD entend contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 10 gigatonnes d’équivalent CO2 par an, tout en s’assurant que la lutte contre le changement climatique n’est pas d’impacts négatifs sur la biodiversité. 

Le texte aborde également la question des financements. Les subventions néfastes pour l’environnement devraient être réduites d’au moins 500 milliards de dollars par an. Parallèlement, les financements en faveur de la biodiversité doivent augmenter à « au moins 200 milliards de dollars par an », avec une orientation d’une partie des fonds vers les pays en développement. 

« Un plan solide »

« C’est une bonne surprise, une amélioration par rapport aux versions précédentes du texte », commente Aleksandar Rankovic. « Si cette ébauche survit aux négociations, le monde aura un plan solide pour agir pour la biodiversité », renchérit Oscar Soria, du mouvement international Avaaz. 

Cette nouvelle mouture « fait un progrès important en reconnaissant le rôle central que les peuples autochtones et les communautés locales doivent jouer » pour la protection et la gestion de la nature, estime de son côté Brian O’Donnell, de Campaign for Nature, dans un communiqué. 

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Pour WWF, en revanche, la version actuelle « manque de l’ambition et de l’urgence nécessaire pour inverser la perte de la biodiversité ». La partie finale du texte présente enfin des grands principes pour la mise en oeuvre effective des mesures proposées, pour éviter qu’elles restent des voeux pieux. « Cette section du texte est très faible », regrette Guido Broekhoven, de WWF. Pour Aleksandar Rankovic, « ce volet doit encore être développé, ce sera l’objet des prochaines discussions », qui se tiendront en ligne fin août. 

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