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La progression du variant Delta, extrêmement contagieux, suscite la crainte de voir les festivités liées à la finale de l’Euro 2021 ce dimanche soir en Angleterre disséminer plus encore la maladie. D’autant que le Premier ministre britannique devrait confirmer lundi la levée de toutes les restrictions liées au Covid-19 dès le 19 juillet prochain, y compris l’obligation du port du masque en intérieur.  

Pourtant, à cause de la propagation rapide du variant Delta, les cas de contamination repartent en flèche, atteignant des niveaux dignes de janvier 2022, quand le Royaume-Uni sortait à peine du pic de sa deuxième vague causée par le variant Alpha. Une situation qui inquiète scientifiques, chercheurs et élus alors que de nouvelles obligations seront encore allégées pendant le mois d’août. 

L’Euro pointé du doigt

Parmi les inquiétudes, l’Euro et surtout sa finale qui se déroule à Londres ce dimanche soir. L’Angleterre s’apprête à jouer contre l’Italie, un match suivi par des millions de Britanniques chez eux ou dans les pubs. A Wembley, ce sont quelque 65 000 spectateurs qui viendront acclamer les joueurs, soit les 2/3 de la capacité du stade. De quoi faire craindre un rebond des contaminations dans les provinces où le nombre de cas recensé au quotidien n’a pas encore atteint des niveaux inquiétants avec le retour des supporters venus tout spécialement à Londres. 

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En début de soirée, des centaines de supporteurs anglais approchaient ainsi du stade de Wembley, chantant bruyamment et buvant de la bière, plusieurs heures avant le match. « Des gens sont inquiets car certains d’entre eux ne portent pas de masque, témoigne Yvette Reinfor, une institutrice de 49 ans habitant près du stade. C’est gênant, mais il y a aussi une belle ambiance ». 

Ce n’est pas tant le stade lui-même qui inquiète les spécialistes que les rassemblements, surtout ceux en intérieur, que cette grande fête du ballon rond va engendrer, en particulier au Royaume-Uni où presque toutes les restrictions ont été levées et où 30 000 nouveaux cas quotidiens ont été enregistrés sur la semaine écoulée. 

En parallèle, une étude montre que les hommes sont pour la première fois plus nombreux que les femmes à être testés positifs au Covid-19 en Angleterre, et les auteurs évoquent comme possible explication les rassemblements pour regarder les matches de l’Euro. « Si je devais spéculer sur l’impact de l’Euro, (…) je penserais à la probabilité accrue que les gens se mélangent à l’intérieur plus fréquemment qu’ils ne le feraient autrement », explique Steven Riley, professeur de dynamique des maladies infectieuses à l’Imperial college, soulignant que les risques de contaminations étaient plus forts à l’intérieur. 

19 juillet, le retour des libertés

Lundi, Boris Johnson devrait par ailleurs confirmer les plans pour la « journée de la liberté » de l’Angleterre le 19 juillet. Il a déjà retardé une fois la levée de la plupart des restrictions, repoussant la date du 21 juin, fait savoir The Guardian. A la clef : la réouverture de tous les locaux actuellement fermés, y compris les boîtes de nuit, sans jauge limite ; la distanciation sociale n’existera plus ; les masques de protection ne seront plus obligatoires. Et ce alors que les cas de Covid montent à nouveau en flèche. 

Le Premier ministre s’appuie sur l’efficacité de sa campagne de vaccination, qui a vu 87% des adultes recevoir une première dose et 65% être totalement vaccinés, pour maintenir cette date butoir, malgré l’opposition de nombreux scientifiques, en raison de l’augmentation des cas. 

Appelant à la « responsabilité individuelle » face au virus et misant sur la campagne de vaccination, il a toutefois reconnu que la pandémie était « loin d’être terminée » et que les contaminations, en forte hausse depuis plusieurs semaines, pourraient atteindre 50 000 par jour d’ici au 19 juillet. Les cas positifs pourraient s’élever jusqu’à 100 000 par jour plus tard cet été, a admis mardi le ministre de la Santé Sajid Javid, en raison de la poussée du variant Delta, beaucoup plus contagieux, qui représente la quasi-totalité des nouveaux cas. 

D’autres assouplissements sont prévus au courant de l’été. A partir du 16 août, les personnes vaccinées ou âgées de moins de 18 ans ne devront pas s’auto-isoler après un contact étroit avec une personne atteinte du Covid. 

Inquiétude des scientifiques

Médecins, scientifiques et sceptiques au Parlement s’inquiètent pourtant de ce retour des libertés et se demandent si les cas de Covid ne risquent pas d’atteindre des niveaux intolérables susceptibles d’à nouveau submerger les services hospitaliers britanniques. 

Dans les colonnes du quotidien britannique, la professeure Helen Stokes-Lampard, présidente de l’Academy of Medical Royal Colleges, s’est dite « profondément préoccupée » par l’ensemble de la stratégie. L’académie a averti vendredi que les choses « vont empirer avant de s’améliorer », en termes de pandémie. « Il semble y avoir une fausse idée que la vie va revenir à la normale, et que nous pouvons jeter toutes les précautions, et franchement, ce serait dangereux », ajoute-t-elle. 

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Dans les services hospitaliers, maintenir les restrictions, ou du moins le port du masque en intérieur, constitue l’opinion dominante, explique The Guardian. Et quand des médecins voient certaines personnes entrant dans les hôpitaux pensent déjà qu’elles n’ont plus à porter de masque, c’est la consternation. « Nous invitons le virus à se propager parmi les personnes mêmes que nous devons protéger », prévient un consultant principal d’un hôpital londonien.  

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