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L’ex-président Laurent Gbagbo est rentré ce jeudi en Côte d’Ivoire après dix ans d’absence.

C’est son acquittement définitif de crimes contre l’humanité, par la justice internationale, le 31 mars, qui a rendu possible ce retour, de même que le feu vert donné par son rival, le président Alassane Ouattara, au nom de la « réconciliation nationale ».

M. Gbagbo a d’abord été acclamé à sa descente d’avion par des centaines de personnes, celles qui avaient pu avoir accès à l’aéroport : ses proches, les responsables de son parti – le Front populaire ivoirien (FPI) – et le personnel de l’aéroport et de compagnies aériennes.

Monté directement dans une voiture sur le tarmac de l’aéroport, son cortège a ensuite pris la route menant à son ancien QG de campagne de la présidentielle de 2010, situé dans le Nord d’Abidjan.

Tout au long du parcours, des milliers de jeunes pro-Gbagbo enthousiastes couraient, sautaient en criant « Gbagbo est là », « Gbagbo revient », « il est là pour libérer la Côte d’Ivoire » ou encore « on est là pour Gbagbo et on est fiers ».

Tout au long de la journée, la police a dispersé avec du gaz lacrymogène tous ceux qui tentaient de se rassembler près de l’aéroport. Des échauffourées auraient opposé les forces de l’ordre à des partisans de M. Gbagbo. Des photos de personnes blessées circulaient sur les réseaux sociaux sans qu’il soit possible de confirmer leur authenticité.

Deux décennies de violences politico-ethniques

Laurent Gbagbo, 76 ans, vivait à Bruxelles depuis son acquittement par la CPI en janvier 2019, confirmé en appel le 31 mars 2021. Au pouvoir depuis 2000, il avait été arrêté en avril 2011 à Abidjan puis transféré à la CPI à La Haye.

Ses adversaires estiment toujours qu’il a précipité son pays dans le chaos en refusant sa défaite face à Alassane Ouattara à la présidentielle de 2010. Ce refus a provoqué une grave crise post-électorale, pendant laquelle quelque 3000 personnes ont été tuées. C’est pour ces faits qu’il avait été transféré à la CPI.

Ses proches assurent qu’il rentre sans esprit de vengeance mais pour oeuvrer à la politique de « réconciliation nationale ».

La Côte d’Ivoire est encore meurtrie par deux décennies de violences politico-ethniques, les dernières remontant à la dernière présidentielle, en 2020 et ayant fait une centaine de morts.

Alassane Ouattara a alors été réélu pour un 3e mandat controversé lors d’un scrutin boycotté par l’opposition qui jugeait ce nouveau mandat anticonstitutionnel.

Laurent Gbagbo reste sous le coup d’une condamnation en Côte d’Ivoire à 20 ans de prison pour le « braquage » de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pendant la crise de 2010-2011, mais le gouvernement a laissé entendre qu’elle serait abandonnée.

Afrique. Acquitté, Gbagbo accueilli en Côte d’Ivoire par des partisans en liesse