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Une minorité de professionnels devrait cependant reprendre l’activité dès aujourd’hui. Le protocole sanitaire strict devrait en dissuader plus d’un.

Après une longue absence, un acteur central de la nuit s’apprête à reprendre enfin son activité. Ce vendredi, comme prévu, les boîtes de nuit vont pouvoir accueillir de nouveau des fêtards. La nuit va revoir le jour, selon l’expression d’acteurs du secteur, mais sous condition.

Paru au journal officiel ce matin, un décret entrant en application immédiatement entérine le retour des discothèques. Ces dernières vont cependant devoir respecter plusieurs contraintes, dont une jauge établie à «75% de la capacité d’accueil», en intérieur, ainsi qu’un pass sanitaire, dès 50 clients accueillis. Pour rappel, ce dernier peut être validé par un client soit grâce à un schéma vaccinal complet, soit grâce à un test antigénique ou RT-PCR négatif de moins de 48h. En contrepartie, le port du masque n’est pas obligatoire à l’intérieur de l’établissement et la danse est permise.

À noter, dans le même temps, un arrêté avance que «la réouverture des discothèques et lieux festifs rend utile le recours aux tests rapides d’orientation diagnostique antigéniques nasopharyngés à l’entrée de ces lieux lorsqu’ils sont soumis au passe sanitaire» : des tests pourront donc être réalisés devant certains de ces établissements, si l’exploitant le souhaite. Dans ce cas, ils seront «pris en charge par l’Assurance-maladie».

Ce dernier point avait été proposé par les professionnels du secteur, et a fait l’objet d’âpres discussions. D’après nos informations, vendredi dernier, à l’occasion d’une réunion en visioconférence, le ministère de la Santé «a fait un tour de con», selon un participant, en estimant que ces tests ne devaient pas être remboursés par l’Assurance-maladie.

Ce revirement de position a suscité l’agacement des professionnels. «Ils seront à charge de l’exploitant, à 25 euros le test. Vous voyez un jeune payer 25 euros, en plus du prix de l’entrée et des consommations ?», lâchait, furieux, un représentant de la profession au Figaro, vendredi. Lundi, l’exécutif a fait volte-face, grâce au truchement de Bercy, et en particulier du cabinet du ministre chargé des PME, Alain Griset : les tests seront donc bien remboursés.

Une reprise en demi-teinte

Pour les discothèques, le retour s’annonce difficile. D’abord, les professionnels se savent attendus au tournant : si de multiples contaminations émergent des soirées, de nouvelles restrictions voire la fermeture seront sur le tapis. Or, les dernières nouvelles venues de l’étranger sont préoccupantes. En Espagne, la Catalogne a renforcé ses règles, cette semaine, devant la multiplication des cas : les discothèques et autres lieux de divertissement nocturnes dans des espaces clos vont fermer à nouveau.

Aux Pays-Bas, plusieurs dizaines de clients présents dans une soirée organisée en discothèque ont été contaminées, malgré l’obligation de présenter un pass sanitaire à l’entrée. «Le pass sanitaire n’est pas infaillible», met en garde le Syndicat des discothèques et lieux de loisir (SNDLL), dans une note de blog. «Cet événement constitue en tous les cas un vrai rappel à l’ordre pour les établissements de nuit en France», lit-on.

De son côté, l’exécutif se veut rassurant, estimant que les règles établies permettent de limiter au maximum les risques. Il y aura «énormément de contrôle», pour s’assurer que «la jauge soit respectée» et «le pass sanitaire bien demandé», a prévenu hier le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.

Une minorité d’établissements devrait rouvrir

En outre, seul un nombre restreint de boîtes de nuit vont lever le rideau, mettent en garde de multiples organisations représentatives interrogées par nos soins : les règles établies sont trop restrictives pour permettre une exploitation rentable et apaisée, et le pass sanitaire, en particulier, risque de dissuader des jeunes qui restent, pour l’heure, moins vaccinés que le reste de la population. Les clients risquent donc d’être moins nombreux, alors que les règles sont pesantes et que la situation sanitaire est préoccupante : un cocktail qui assombrit les perspectives estivales pour le secteur de la nuit.

Le SNDLL craint également qu’une concurrence déloyale émerge des bars et restaurants, où les règles sont moins strictes. Le syndicat a donc annoncé qu’il comptait déposer un recours en référé au conseil d’État, afin de «dénoncer cette situation». La fête va donc pouvoir reprendre, et la nuit va revoir le jour, mais les perspectives restent sombres.

Après de longs mois de fermeture, les discothèques rouvrent enfin leurs portes ce vendredi