LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Le président haïtien Jovenel Moïse a été assassiné tôt ce mercredi matin chez lui, un événement qui menace de déstabiliser un peu plus le pays le plus pauvre des Amériques, déjà confronté à une double crise politique et sécuritaire. L’annonce de l’assassinat a été faite par le Premier ministre par intérim Claude Joseph, bientôt remplacé par Ariel Henry, un médecin, après seulement trois mois en fonction. Il a appelé la population au calme et indiqué que la police et l’armée allaient assurer le maintien de l’ordre. Il a ensuite déclaré l’état de siège dans le pays. 

Venu du monde des affaires, Jovenel Moïse, 53 ans, avait été élu président en 2016 et avait pris ses fonctions le 7 février 2017. Actif dans plusieurs domaines économiques, dont l’exploitation de bananeraies, il n’avait alors quasiment aucune expérience en politique au moment de son élection et était très peu connu de ses compatriotes. 

  • Un commando « étranger » est accusé

« Le président a été assassiné chez lui par des étrangers qui parlaient l’anglais et l’espagnol. Ils ont attaqué la résidence du président de la République », a déclaré Claude Josep. « La situation sécuritaire est sous contrôle », a-t-il assuré. L’ambassade du pays caribéen au Canada évoque, sur Twitter, l’acte de « mercenaires ». 

Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement

Les assassins du président haïtien Jovenel Moïse étaient des mercenaires « professionnels » s’étant fait passer pour des agents américains et pourraient avoir déjà quitté le pays, a de son côté déclaré l’ambassadeur haïtien aux Etats-Unis. « C’était une attaque bien orchestrée et ce sont des professionnels », a affirmé l’ambassadeur Bocchit Edmond aux journalistes. « Nous avons une vidéo, et nous pensons qu’il s’agit de mercenaires. » 

  • L’état de siège est déclaré

« Nous avons décidé de déclarer l’état de siège dans tout le pays », a déclaré Claude Joseph plus tard dans la journée dans un discours en créole, octroyant ainsi des pouvoirs renforcés à l’exécutif. Il a promis que « les auteurs, les assassins de Jovenel Moïse paieraient pour ce qu’ils ont fait devant la justice ». 

Ce mercredi matin, il avait appelé la population au calme et indiqué que la police et l’armée allaient assurer le maintien de l’ordre. Les rues de la capitale Port-au-Prince étaient calmes ce mercredi matin, sans présence renforcée de la police ou des forces de sécurité, selon des témoins. 

  • L’épouse du président a été blessée

L’épouse du président a été blessée dans l’attaque et hospitalisée, a précisé le Premier ministre. La Première dame haïtienne va être évacuée à Miami, a annoncé mercredi soir l’ambassadeur haïtien aux Etats-Unis. 

  • La République dominicaine a fermé ses frontières

En réaction à l’assassinat, la République dominicaine a ordonné ce mercredi la « fermeture immédiate » de sa frontière avec Haïti, les deux pays se trouvant sur la même île.  

  • Les États-Unis se déclarent prêts à apporter leur aide

La Maison Blanche a qualifié ce mercredi de « terrible » et de « tragique » l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, Washington se déclarant prêt à apporter de l’aide au pays en crise. Joe Biden a condamné mercredi le « terrible assassinat » du président haïtien Jovenel Moïse, qualifié de « très inquiétant ». « Nous sommes choqués et attristés d’apprendre le terrible assassinat du président Jovenel Moïse et l’agression de son épouse Martine Moïse », a fait savoir le président dans un communiqué officiel. 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s’est lui dit « choqué » par un « acte odieux ». L’Union européenne s’est inquiétée d’une « spirale de violence » par la voix de son chef de la diplomatie Josep Borrell. Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est dit « profondément choqué » par cet assassinat. 

La France a de son côté dénoncé ce mercredi le « lâche assassinat » du président haïtien Jovenel Moïse, demandant par la voix de son ministre des Affaires étrangères que « toute la lumière » soit faite sur un événement dont les détails restent encore inconnus. « Je condamne fermement ce lâche assassinat », a déclaré Jean-Yves Le Drian, faisant état de sa « stupeur » dans un communiqué. « Toute la lumière devra être faite sur ce crime qui intervient dans un climat politique et sécuritaire très dégradé » à Haïti, ajoute-t-il.  

  • La présidence de Jovenel Moïse était contestée

Gouvernant par décret depuis janvier 2020, sans Parlement, et alors que la durée de son mandat faisait l’objet de contestations, Jovenel Moïse avait mis en chantier une réforme institutionnelle. Un référendum constitutionnel initialement prévu en avril, reporté une première fois au 27 juin puis à nouveau en raison de l’épidémie de Covid-19, devait se tenir le 26 septembre. La réforme avait pour but de renforcer les prérogatives l’exécutif. 

Accusé d’inaction face à l’insécurité et aux gangs qui agissent en Haïti, Jovenel Moïse était confronté à une vive défiance d’une bonne partie de la société civile. En février, l’opposition avait même réclamé son départ, estimant qu’il avait réalisé l’intégralité de son mandat, ce que Jovenel Moïse contestait. Dans ce contexte instable, le Conseil de sécurité de l’ONU, les Etats-Unis et l’Europe appelaient à la tenue d’élections législatives et présidentielle libres et transparentes, d’ici la fin 2021. Jovenel Moïse avait annoncé lundi la nomination d’un nouveau Premier ministre, Ariel Henry, avec justement pour mission la tenue d’élections. 

  • Haïti en proie à l’insécurité

C’est dans les rues de Port-au-Prince que la détérioration de la situation du pays était la plus évidente. Depuis début juin, des affrontements entre bandes rivales dans l’ouest de Port-au-Prince paralysent toute circulation entre la moitié sud du pays et la capitale haïtienne. Des milliers d’habitants du quartier très pauvre de Martissant, disputé par les gangs, ont été contraints de fuir leur logement et ont dû être accueillis par des proches ou dans des gymnases.  

L’application L’Express

Pour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyez

Télécharger l’app

Le 30 juin, 15 personnes avaient été tuées dans une fusillade en plein Port-au-Prince, dont un journaliste, Diego Charles, et une militante politique d’opposition, Antoinette Duclair. Et, en avril, l’enlèvement et la séquestration de plusieurs religieux catholiques, dont deux Français, avaient choqué jusqu’au-delà des frontières du pays. 

Opinions

Chronique

Par Sylvain Fort

Chronique

par Bruno Tertrais*

Les clefs du pouvoir

François Bazin

Ultimatum

Par Christophe Donner

Haïti : ce que l’on sait sur l’assassinat du président Jovenel Moïse par un commando