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«Il s’agit de la révision à la hausse la plus forte que nous ayons faite en plus de dix ans», a commenté Paolo Gentiloni. La croissance française s’établirait à 6% cette année.

L’Union européenne sort de l’œil du cyclone. Dans ses dernières prévisions économiques, publiées ce mercredi, la Commission européenne indique s’attendre à un rebond plus rapide que prévu de l’activité et de la croissance à travers le continent.

Quelques éléments d’explication sont cités par la Commission pour expliquer ce retour plus rapide que prévu de la croissance. D’abord, l’activité a mieux résisté que prévu, sur les trois premiers mois de l’année. Ensuite, la vaccination et les restrictions ont permis de garder la situation sanitaire sous contrôle, permettant aux États «de rouvrir leurs économies» au second trimestre. Sur ce point, «un fort rebond de la consommation privée a déjà commencé», note le document. La reprise du tourisme cet été devrait renforcer cette dynamique.

Conséquence de cette amélioration sur le front sanitaire et économique, l’activité s’emballe. La croissance est désormais attendue à 4,8% pour l’Union européenne et la zone euro cette année, puis à 4,5% l’an prochain. Ces prévisions pour 2021 sont en hausse respectivement de 0,6 et 0,5 point de pourcentage par rapport aux dernières estimations, datées du printemps. Grâce à cette embellie, le PIB réel devrait retrouver son niveau pré-Covid d’ici la fin de l’année, indique le document.

Dans le détail, plusieurs pays vont connaître une période d’activité soutenue. C’est notamment le cas de la France : en 2021, l’Hexagone fera partie des pays les plus dynamiques de l’Union européenne, derrière l’Irlande et l’Espagne, mais loin devant l’Italie, le Portugal et l’Allemagne. La croissance restera forte en 2022, à 4,2%, au même niveau que l’Italie, mais Berlin repassera alors devant Paris. Pour rappel, au printemps, la Commission tablait sur une croissance de 5,7% pour la France, cette année.

À noter, cette prévision de la Commission pour la France est identique à celle dévoilée il y a quelques jours par l’Insee. Elle est cependant plus optimiste que celle de la Banque de France et du gouvernement : l’institution table sur 5,75%, et Bercy a avancé prudemment un chiffre moins élevé encore. «Nous maintenons notre prévision de croissance à 5% par souci de prudence et pour tenir compte des risques d’une nouvelle vague épidémique à la rentrée», expliquait Bruno Le Maire, début juillet.

De son côté, l’inflation devrait aussi être plus forte qu’attendue : elle devrait atteindre 2,2% en moyenne cette année dans l’Union européenne, puis 1,6% en 2022, à mesure que les pressions pesant sur les outils de production diminueront. En France, l’inflation serait moindre, atteignant 1,6% en 2021 et 1,2% l’année suivante.

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Incertitudes persistantes

En outre, s’ils persistent, les nuages qui obscurcissent l’horizon sont moins menaçants qu’auparavant, note la Commission : les risques «demeurent globalement équilibrés». Saluant le «retour en force» de l’économie européenne, le vice-président Valdis Dombrovskis estime que les «politiques de soutien doivent se poursuivre aussi longtemps que nécessaire. Les États devraient se diriger progressivement vers des approches budgétaires plus différenciées. Entretemps, il importe de ne pas perdre de terrain dans la course à la vaccination des Européens, afin que nous puissions contenir les variants», plaide-t-il.

«Il s’agit de la révision à la hausse la plus forte que nous ayons faite en plus de dix ans», analyse de son côté dans un communiqué le commissaire européen à l’Économie, Paolo Gentiloni. «L’Europe dispose d’une occasion unique d’ouvrir un nouveau chapitre d’une croissance plus forte, plus juste et plus durable», ajoute-t-il, appelant les États à intensifier leurs efforts sur la vaccination et à continuer de soutenir l’activité. «La propagation du variant delta nous rappelle douloureusement que nous n’avons pas encore émergé de l’ombre de la pandémie», met en garde le représentant. La bataille n’est donc pas encore terminée.

La Commission européenne revoit ses prévisions de croissance à la hausse