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Que reste-t-il de l’équipage du Moskva, navire amiral russe de la mer Noire que Kiev dit avoir coulé la semaine dernière ? A cette question, deux versions s’affrontent. Tout d’abord, celle défendue par l’Ukraine, appuyée par le Pentagone : le croiseur a été touché par deux missiles Neptune ukrainiens et « une tempête a empêché de sauver le bateau et d’évacuer l’équipage », des propos tenus par Natalia Goumeniouk, porte-parole du commandement militaire de la région sud de l’Ukraine, au cours d’un briefing vendredi 16 avril. Du côté de Moscou, la ligne officielle est la suivante : le ministère de la Défense russe assure que tous les marins présents sur l’embarcation ont été évacués. 

Or, le discours véhiculé par le Kremlin apparaît en contradiction avec une cérémonie non officielle, qui s’est tenue vendredi 15 avril, à l’initiative de vétérans de la flotte de la mer Noire. Elle était destinée à rendre hommage « au navire et aux marins » du Moskva. Un événement qui laissait à penser qu’il n’y avait aucun survivant.  

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« On ignore le bilan des pertes humaines sur l’équipage de 480 hommes du Moskva, mais comme à chaque fois qu’un bâtiment majeur est détruit, elles peuvent être considérables. Les Russes peuvent avoir perdu au combat en une seule journée plus de soldats que la France depuis 30 ans », a déclaré l’historien militaire Michel Goya sur Twitter, le 16 avril. 

Alors que nombre d’experts et d’internautes s’interrogent sur le sort des membres de l’équipage du Moskva, le ministère russe de la Défense tente de rassurer. Ses autorités ont diffusé, samedi 17 avril, une vidéo présentée comme montrant une rencontre entre le chef de la marine et des rescapés du croiseur qui a sombré en mer Noire. Dans cet extrait d’une trentaine de secondes, on voit quelques dizaines d’hommes en uniforme de marin alignés au garde-à-vous face au chef de la marine Nikolaï Iévménov. 

Pourtant, les proches des marins qui ont servi à bord du Moskva exigent des réponses sur ce qui est arrivé à l’équipage. Ces derniers jours, plusieurs témoignages publiés par des médias russophones et sur les réseaux sociaux ont fait état d’hommes portés disparus, certains effectuant leur service militaire. Un individu vivant en Crimée, Dmitri Chkrebets, se présentant comme le père d’un disparu, a publié dimanche soir un message sur le réseau social Vkontakte où il demande pourquoi son fils, un appelé, se trouvait dans une zone de combat. 

« Je suis sûr qu’il n’est pas le seul à être mort »

Une femme, Ioulia Tsyvova, a également affirmé à différents médias que son fils était porté disparu. Lundi matin, elle a reçu un appel du ministère russe de la Défense. Son fils était mort. »Il n’avait que 19 ans, il était conscrit », a déclaré Tsyvova, qui a pleuré en parlant au téléphone. « Ils ne m’ont rien dit d’autre, aucune information sur la date des funérailles. » Je suis sûr qu’il n’est pas le seul à être mort », dit-elle au quotidien britannique The Guardian. 

« Lorsque le sous-marin Kursk a coulé avec 118 marins, l’indignation a été énorme en Russie. Après le naufrage du navire Moskva, les autorités cachent les informations sur les 500 membres d’équipage et c’est le silence en Russie. Poutine a entraîné la nation entière dans son bunker », s’indigne sur Twitter, l’activiste ukrainienne Inna Shevchenko. 

Pour l’instant, le pouvoir russe s’est refusé à tout commentaire concernant ces témoignages. Ni la marine, ni le ministère n’ont dressé de bilan du naufrage. « Toutes les informations sont fournies par le ministère de la Défense. Nous n’avons pas la prérogative de communiquer », a déclaré le porte-parole de la présidence, Dmitri Peskov. Le nombre total de morts, de blessés et de disparus reste un secret d’État. 

Au Kremlin, le sujet s’avère d’autant plus sensible que ce navire amiral jouait un rôle clé dans la coordination des navires russes en mer Noire. D’ailleurs, Moscou assure que le croiseur a sombré à la suite d’un incendie provoqué par l’explosion de munitions. Une version contestée là encore par l’Ukraine qui affirme l’avoir coulé avec des missiles. Le naufrage du Moskva est largement considéré comme une humiliation pour la Russie et sa flotte, et même des commentateurs pro-Kremlin ont réclamé des explications aux autorités, sans succès jusqu’ici. 

 

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En temps de guerre, le décompte de victimes dans chacun des camps est souvent instrumentalisé et donné au compte-gouttes par les belligérants afin de ne pas renvoyer une image de faiblesse. La Russie a reconnu le 25 mars 1 351 morts dans ses rangs depuis le début des combats en Ukraine. Cependant, le bilan reste invérifiable de source indépendante et n’a pas été actualisé depuis. En mars toujours, le Kremlin avait indiqué que des appelés avaient participé par erreur à l’offensive en Ukraine, puis avaient été retirés du théâtre des opérations. 

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Cécile Maisonneuve est senior fellow de l’Institut Montaigne et conseillère auprès du centre énergie-climat de l’Ifri

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