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« Le Covid-19 n’a pas encore été vaincu » : lors de son discours pour la fête nationale américaine dimanche dernier, Joe Biden s’est bien gardé de célébrer la fin de la guerre contre le virus SARS-Cov-2. Et pour cause : si le pays de l’Oncle Sam a enregistré une chute drastique des nouvelles contaminations après le pic du 14 avril (71 320 cas), la tendance n’est aujourd’hui plus à la baisse. Après avoir stagné autour de 11 000 nouveaux cas quotidiens dans la seconde moitié du mois de juin, une légère hausse semble même se profiler en ce début juillet (+13 000). 

Nombre de cas quotidiens détectés aux États-Unis

L’Express

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« Le taux de reproduction des États-Unis est aujourd’hui repassé au-dessus de 1. Cela signifie que le nombre de contaminations est une nouvelle fois en train de grimper ; en particulier dans certaines régions bien précises », constate pour L’Express Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale à l’université de Genève. À la loupe, la situation apparaît effectivement assez contrastée entre les différents États. 

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Rebond dans les États du Sud et du centre

Si le Nord-Est du pays semble pour l’heure relativement épargné, il n’en va pas de même pour toute une flopée d’États du Sud et du centre. Ainsi, là où le Vermont s’impose comme le meilleur élève, avec une moyenne de seulement 4,1 nouveaux cas pour 100 000 habitants lors des sept derniers jours, ce même taux d’incidence est plus de 25 fois supérieur dans l’État rural de l’Arkansas (110,2 cas pour 100 000 habitants). Suivent en queue de peloton le Nevada (102), le Missouri (98,2) et l’Utah (87,1), d’après les données des Centres américains de lutte et de prévention des maladies (CDC). 

Les contaminations selon les États américains.

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En parallèle, les disparités entre États concernent aussi la vaccination. Si le Vermont, le Connecticut, le Massachusetts ou le Maine sont parvenus à vacciner plus de 60% de leur population contre le Covid-19, d’autres sont bien plus à la traîne. Le Mississippi, l’Alabama, l’Arkansas et la Louisiane – tous confrontés à une hausse des cas – sont les plus en retard, avec moins de 35,4% de leur population ayant achevé leur cycle vaccinal. Alors que la lutte contre le Covid-19 reste marquée par un clivage entre démocrates et républicains – savamment entretenu par Donald Trump lors de la présidentielle -, les taux de vaccination les plus faibles se retrouvent principalement dans les États les plus conservateurs.  

Le niveau de vaccination selon les États américains.

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Au niveau national, 64,3% de la population adulte a reçu au moins une dose et 55,4% a été entièrement vaccinée. Le nombre de vaccinations quotidiennes a cependant fortement ralenti ces dernières semaines, passant de 3,38 millions d’injections au plus haut le 13 avril, à 1,04 million le 4 juillet. Sur le plan symbolique, ces réticences ont notamment fait échouer l’objectif de Joe Biden d’une première dose administrée à au moins 70% de la population adulte avant le 4 juillet.  

La menace du variant Delta

Ce ralentissement associé à la diffusion rapide du variant Delta sur le sol américain n’a pas manqué de susciter l’inquiétude des autorités sanitaires. Selon les données des CDC, le variant Delta a en effet beaucoup progressé ces dernières semaines, passant de 1,3% des séquençages début mai à 26,1% mi-juin. D’après une étude publiée début juin par les autorités britanniques, le variant Delta serait ainsi 60% plus contagieux que le variant Alpha (ancien variant anglais). 

Évolution de la part de chaque variant aux États-Unis.

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Dans une interview à CNN mardi dernier, l’immunologue et conseiller médical à la Maison Blanche Anthony Fauci, a estimé que cette situation pouvait conduire dans les prochaines semaines à l’émergence de « deux Amériques » : l’une vaccinée et protégée, et l’autre sujette à de possibles vagues de contaminations en raison d’une trop faible couverture vaccinale. Face à ce sombre constat, se faire vacciner est « l’action la plus patriotique qui soit », a aussi martelé Joe Biden dimanche. 

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« Dans la mesure où le variant Delta est plus transmissible et qu’il faut avoir eu les deux doses pour être efficacement protégé, il y a une prime aux États qui ont avancé le plus sur la vaccination. Cependant, aucun État n’a pour le moment atteint un niveau de vaccination suffisant pour parvenir à l’immunité vaccinale. Donc aucun État n’est complètement protégé aujourd’hui », conclut Antoine Flahault. Dans ces conditions, gare à l’émergence d’une nouvelle vague. 

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