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L’incertitude règne en Europe quant à l’avenir de la pandémie, alors que le variant Delta du Covid-19 circule toujours plus sur le continent. Pourtant, face à l’inquiétude de nouvelles vagues, les stratégies diffèrent. Certains pays, comme le Royaume-Uni pourtant très touché par ce variant, ou l’Allemagne, poursuivent leur levée des restrictions.  

« Si on ne se base que sur l’aspect épidémiologique, c’est vrai que ça paraît absurde », concède auprès du Parisien Anne Sénéquier, médecin spécialiste et co-directrice de l’observatoire de la santé à l’IRIS. « Mais il faut prendre en compte la lassitude de la population, l’aspect psychologique et l’aspect économique avec le tourisme. » La scientifique voit l’été comme « le moment idéal » pour relâcher les mesures et conserver l’adhésion de la population. « Si cet hiver, on veut avoir des citoyens réceptifs, il faut leur donner des contreparties », explique-t-elle au quotidien. D’autres nations européennes ont pourtant préféré reporter la fin des mesures sanitaires. 

  • Le Royaume-Uni lève l’obligation du port du masque

A partir du 16 août en Angleterre, les adultes considérés comme des cas contacts, qui ont reçu deux doses d’un vaccin contre le coronavirus depuis au moins deux semaines, échapperont, de manière générale, à une période de dix jours d’isolement, a annoncé ce mardi le ministre de la Santé, Sajid Javid, devant les députés. Ils devront toutefois se soumettre à un test de dépistage et s’isoler s’ils sont positifs. Les mêmes règles s’appliqueront aux jeunes de moins de 18 ans, qui ne prennent pas encore part à la campagne de vaccination au Royaume-Uni.  

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Les enfants fréquentant l’école ne seront plus non plus regroupés par bulles, englobant par exemple une année scolaire entière, ce qui a eu pour conséquence jusqu’ici de contraindre des dizaines d’entre eux à s’isoler d’un coup à la maison quand un cas positif était détecté. Cette règle a entraîné un absentéisme record dans les écoles, qui ont rouvert début mars après un long confinement hivernal, avec des centaines de milliers d’enfants ayant manqué les cours. 

Ces nouvelles mesures ont été dévoilées au lendemain de l’annonce par le Premier ministre conservateur, Boris Johnson, de la levée dès le 19 juillet des restrictions sanitaires encore en vigueur en Angleterre contre le coronavirus, dont l’obligation de porter un masque dans les endroits publics fermés, une décision controversée. L’Écosse, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord, qui définissent leur propre calendrier face à la crise sanitaire, ont opté pour une levée plus lente des restrictions. 

  • Allemagne : les voyageurs en provenance d’Inde ou de Russie pourront entrer dans le pays

Les voyageurs en provenance du Royaume-Uni, du Portugal, de Russie, de l’Inde et du Népal pourront à partir de mercredi entrer en Allemagne dès lors qu’ils observeront la quarantaine et se soumettront aux tests obligatoires. Les résidents de ces pays, jugés très à risque, étaient jusque-là soumis à des restrictions d’entrée dans le pays.  

Par ailleurs, alors que le championnat de foot allemand reprend le 13 août, les stades de la Bundesliga, à l’exception du Bayern Munich, pourront accueillir sous conditions, a annoncé mardi la Ville de Berlin à l’issue d’un accord entre États régionaux. La jauge adoptée, qui va permettre un retour partiel des spectateurs, prévoit que les travées puissent être remplies à 50% de leurs capacités avec un maximum de 25 000 personnes, selon cet accord. Les spectateurs devront en outre porter un masque jusqu’à ce qu’ils aient gagné leur place dans les gradins. 

La Bavière, où évolue le champion en titre, le Bayern Munich, a décidé d’une jauge un peu plus restrictive avec 20 000 spectateurs au maximum, soit 35% de la capacité du stade. Seules les personnes disposant d’un test de dépistage négatif au Covid-19 ou d’une attestation de vaccination ou montrant qu’elles ont déjà contracté le virus pourront se rendre dans les stades. La règle doit s’appliquer dans un premier temps jusqu’au 11 septembre alors que l’Allemagne s’inquiète de la montée en puissance du variant Delta, d’abord identifié en Inde. 

  • Catalogne : les discothèques referment leurs portes

En Espagne, où les contaminations explosent, la Catalogne a décidé ce mardi de réimposer des restrictions pour freiner la progression des contagions enregistrée ces derniers jours dans cette région du nord-est du pays, principalement chez les jeunes. Les discothèques et autres lieux de divertissement nocturnes dans des espaces clos devront fermer à partir de cette fin de semaine et il faudra présenter un test antigénique ou PCR négatif, ou être vacciné, pour participer à des évènements en plein air réunissant plus de 500 personnes. 

« La situation épidémiologique en Catalogne est extrêmement compliquée », a expliqué la porte-parole du gouvernement autonome, Patricia Plaja, car « le nombre des cas croît à un rythme exponentiel, très supérieur à ce que nous pouvons tolérer ». Lundi, l’épidémiologiste en chef du ministère espagnol de la Santé, Fernando Simon, a admis que les chiffres n’étaient « pas bons du tout » dans le pays, avec un taux d’incidence proche de 600 parmi les plus jeunes et au-dessus de 200 pour la population générale. 

  • Norvège : la levée quasi-totale des restrictions repoussée

La Norvège, inquiète d’une éventuelle quatrième vague, a remis lundi « à fin juillet, début août » au plus tôt la levée quasi-totale des restrictions sanitaires. « L’évolution reste positive », a déclaré la Première ministre Erna Solberg mais « nous choisissons d’attendre de voir comment (…) le variant Delta affecte la situation ». « Le risque d’une réouverture trop rapide est, entre autres, que le variant Delta puisse générer une quatrième vague au sein de la partie de la population qui n’est pas vaccinée, dans les groupes (de personnes) qui n’ont reçu qu’une seule dose et les groupes vulnérables avec un système immunitaire affaibli », a-t-elle expliqué. 

La Norvège, où l’épidémie de Covid-19 est largement sous contrôle, avait amorcé le 18 juin la troisième phase de son plan de levée des restrictions qui en compte quatre, et aurait pu en théorie s’engager dans la dernière étape – une quasi-normalisation – de façon imminente. Mais le gouvernement a donc choisi de se donner plus de temps face à la propagation du variant Delta, particulièrement contagieux, qui, selon Erna Solberg, pourrait devenir dominant dans le pays « d’ici à quelques semaines ».  

Quelque 63,6% de la population adulte ont reçu au moins une première dose de vaccin anti-Covid en Norvège. Le pays scandinave, qui compte 5,4 millions d’habitants, n’utilise que les vaccins à ARN messager (Pfizer/BioNTech et Moderna) dans son programme de vaccination. Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), la Norvège affiche un taux d’incidence du virus de 47,32 nouveaux cas pour 100 000 habitants au cours des 15 derniers jours, avec une mortalité très faible. 

  • Portugal : un couvre-feu nocturne dans 45 localités

Près de la moitié des dix millions de Portugais sont depuis le 2 juillet de nouveau soumis à un couvre-feu nocturne pour enrayer la recrudescence de l’épidémie de Covid-19 due au variant Delta, déjà prédominant dans leur pays. La mesure, en vigueur de 23 heures à 5 heures, concerne les 45 localités les plus touchées par la hausse des contaminations, dont Lisbonne et la plupart de ses banlieues, plusieurs municipalités de la région touristique de l’Algarve, dans le sud du pays, mais aussi d’importantes villes du nord comme Porto et Braga. 

Au total, environ quatre millions de personnes sont concernées par ce recul dans le déconfinement graduel que le Portugal avait entamé à la mi-mars, après avoir été durement frappé par la pandémie en début d’année. Dans les municipalités à risque « élevé » ou « très élevé », restaurants, cafés, commerces ou espaces culturels doivent à nouveau raccourcir leurs horaires et réduire leur capacité d’accueil. Les déplacements entre la région de Lisbonne et le reste du Portugal sont interdits pendant le week-end depuis plus de deux semaines déjà pour ralentir la propagation du variant Delta. 

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Les nouvelles restrictions doivent permettre de gagner du temps pendant que les autorités accélèrent la campagne de vaccination, en l’ouvrant aux plus de 30 ans ou en étendant les horaires des vaccinodromes de Lisbonne. Avec un tiers de la population déjà entièrement vaccinée, le Portugal a été le pays qui a vacciné le plus vite cette semaine, devant la Chine et les Pays-Bas, en administrant des doses à 1,49% de ses habitants chaque jour. Mais le nombre des nouveaux cas de coronavirus continuait toutefois d’augmenter, dépassant cette semaine les 2000 en 24 heures, soit le plus haut niveau depuis la mi-février et quatre fois plus qu’au printemps. 

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