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Azatbek Omurbekov a déjà un surnom : le « boucher de Boutcha ». La diffusion des images du massacre de civils dans cette ville ukrainienne située près de Kiev, à la suite du retrait des troupes russes, le 1er avril, a choqué le monde entier. Et le temps est venu de chercher les coupables. En Europe, plusieurs pays, comme la France, la République tchèque, l’Allemagne, l’Estonie, la Lettonie, la Slovaquie, la Suède et l’Espagne ont ouvert des enquêtes et espèrent pouvoir faire condamner des responsables de la tuerie, qualifiée de « génocide » par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. La cour pénale internationale (CPI), dont le travail est de remonter la chaîne de commandement, est également sur le dossier. Et les Ukrainiens mènent en parallèle leurs investigations sur place. 

  • Un lieutenant-colonel russe d’une quarantaine d’années

Azatbek Omurbekov pourrait faire l’objet d’un mandat d’arrêt afin d’être jugé à Cour pénale internationale de La Haye. Il s’agit du commandant de la 64e brigade de fusiliers motorisés des forces terrestres russes. Le lieutenant-colonel, âgé d’une quarantaine d’années, a occupé Boutcha avec son bataillon d’environ 1600 hommes avant de se replier en Russie.  

C’est une organisation de civils ukrainiens volontaires qui surveille les activités de l’armée et des services spéciaux de Vladimir Poutine, InformNapalm, qui a dévoilé son identité sur Twitter et Telegram, estimant « selon les données préliminaires » que le militaire russe « a commis des crimes de guerre à Boutcha, dans la région de Kiev ». Les activistes de InformNapalm disent avoir travaillé sur la base de documents de renseignements en accès libre, l’OpenSource Intelligence, et une fuite en provenance du groupe de hackers, les Anonymous. 

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Ces volontaires ont publié son numéro de téléphone, son adresse mail et son adresse postale pour permettre aux autorités compétentes de le localiser.  

  • Béni par l’Eglise orthodoxe

Les volontaires ukrainiens rapportent par ailleurs que ce commandant a été béni par l’Eglise orthodoxe en novembre 2021. Une cérémonie au cours de laquelle l’intéressé aurait déclaré : « L’histoire montre que nous menons la plupart de nos batailles avec nos âmes. Les armes ne sont pas la chose la plus importante dans une guerre. » Ce qui ne l’aurait visiblement pas empêché de s’en servir contre des civils à Boutcha. 

Azatbek Omurbekov, à la tête de l’unité 51460 basée dans une ville de l’extrême-Orient russe, a également été décoré par le vice-ministre russe de la Défense, Dmitri Boulgakov, pour services exceptionnels en 2014, selon le Times, époque où la Russie est parvenue à annexer la Crimée. Les enquêteurs de la CPI devront désormais trouver des preuves des atrocités commises par les hommes d’Azatbek Omurbekov. Pour qu’il soit traduit en justice, il faudra toutefois l’extrader. En 2016, la Russie a retiré sa signature du Statut de Rome, traité international fondateur de la CPI. En conséquence, l’arrestation d’une personnalité russe reconnue coupable par la Cour n’est possible que sur le territoire de l’un des 123 Etats membres de la CPI. 

  • Des témoignages terrifiants

Les témoignages des survivants du massacre laissent peu de place au doute quant au massacre, malgré les démentis du Kremlin dénonçant des trucages de l’armée ukrainienne. « Juste devant mes yeux, ils ont tiré sur un homme qui allait chercher de la nourriture au supermarché », raconte ainsi Olena à l’AFP. Selon elle, des forces russes différentes des soldats réguliers, ont semé la terreur dans la ville. « Au début, il y avait surtout des jeunes soldats (russes). Puis, deux semaines plus tard, il y en a eu d’autres. Plus âgés. Ils avaient plus de 40 ans. Ils étaient brutaux. Ils ont maltraité tout le monde. Et c’est là que les massacres ont commencé », ajoute-t-elle. 

En entrant à Boutcha samedi 2 avril, l’AFP a vu dans les rues de cette ville les cadavres d’au moins 22 personnes portant des vêtements civils. L’une d’elles était couchée près d’un vélo et une autre avait des sacs à provisions à côté d’elle. Un cadavre avait les mains liées dans le dos. Lundi 4 avril, les corps de cinq hommes, également avec les mains liées, ont été retrouvés dans la cave d’un sanatorium pour enfants, a annoncé le parquet général ukrainien. Selon le maire de Boutcha, Anatoly Fedorouk, 280 personnes ont dû être enterrées par les Ukrainiens ces derniers jours dans des « fosses communes » de cette ville, le nombre de cadavres s’accumulant. 

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Dans un discours solennel par vidéo retransmis en direct dans la salle de l’institution, Volodymyr Zelensky a demandé à l’ONU que la Russie soit « tenue responsable » pour ses « crimes de guerre » perpétrés en Ukraine depuis son invasion le 24 février. Pour cela, a-t-il ajouté, il faut que Moscou soit exclu du Conseil de sécurité, dont il est l’un des cinq membres permanents avec droit de veto, ou que le système onusien soit réformé pour que « le droit de veto ne signifie pas le droit de tuer ». 

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