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Au 41e jour de guerre, Volodymyr Zelensky a continué ses allocutions devant les parlements occidentaux. Devant le gouvernement et les députés espagnols, il a évoqué le massacre de Guernica pour décrire la situation de la ville de Boutcha, non loin de Kiev, où des dizaines de cadavres ont été découverts après le retrait des troupes russes. 

« Nous sommes en avril 2022 mais on se croirait en avril 1937, quand le monde a appris ce qui se passait dans l’une de vos villes, Guernica », a-t-il déclaré. Guernica, ville du Pays basque espagnol, a été bombardée par l’aviation nazie, en soutien des troupes franquistes durant la Guerre civile espagnole. Le massacre a par la suite été immortalisé par le peintre Pablo Picasso dans l’une des toiles les plus célèbres au monde, devenue un plaidoyer anti-guerre universel. 

Zelensky exhorte l’ONU à agir

Peu avant, le président ukrainien s’est exprimé devant l’ONU. « Maintenant nous avons besoin de décisions du Conseil de sécurité pour la paix en Ukraine. Si vous ne savez pas comment prendre cette décision, vous pouvez faire deux choses. Soit exclure la Russie en tant qu’agresseur et à l’origine de la guerre afin qu’elle ne bloque pas les décisions relatives à sa propre agression. Puis faire tout ce que nous pouvons pour mettre en place la paix. Ou l’autre option est de montrer que nous pouvons nous réformer ou changer (…). S’il n’y a pas d’alternative, la prochaine option serait de carrément vous dissoudre », a soutenu Volodymyr Zelensky. 

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A la suite de ce discours solennel retransmis par vidéo dans la salle du Conseil de sécurité, il a fait diffuser des images très crues de personnes tuées dans son pays, dont la violence a provoqué une réaction indignée de la présidente en exercice. Pour l’ancien comédien mué en chef de guerre, les violences à Boutcha sont comparables à la violence menée « par des terroristes comme Daech ». Sauf qu’elle est commise « par un membre du Conseil de sécurité des Nations unies ». 

Ses concitoyens, a-t-il poursuivi, « ont été tués dans leurs appartements, dans leurs maisons avec des grenades ; des civils ont été écrasés par des tanks alors qu’ils étaient dans leur voiture au milieu de la route, juste pour leur plaisir. » Volodymyr Zelensky a également dénoncé la « colonisation » de la Russie. « Ils ont besoin de notre richesse, de notre peuple. La Russie a déjà renvoyé des centaines de milliers de nos citoyens dans leur pays. Ils ont enlevé plus de 2 000 enfants.. La Russie veut faire des Ukrainiens des esclaves silencieux », a-t-il ajouté. 

600 000 personnes « évacuées » vers la Russie

La Russie a procédé à l’évacuation de « 600 000 personnes » d’Ukraine. Celles-ci ne sont pas parties « sous la contrainte ou enlevées » comme le dit l’Occident, a affirmé l’ambassadeur russe auprès de l’ONU, Vassily Nebenzia. « Nous ne sommes pas venus en Ukraine conquérir des territoires », a-t-il aussi déclaré, en contestant à nouveau les accusations d’atrocités visant l’armée russe et en répondant à l’intervention du président ukrainien. 

La Russie se renforce vers le Donbass

La Russie se renforce pour « prendre le contrôle de l’ensemble du Donbass », dans l’est de l’Ukraine, et réaliser « un pont terrestre avec la Crimée », annexée par Moscou en 2014, a affirmé mardi le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg. « Les troupes russes ont quitté la région de Kiev et le nord de l’Ukraine. Vladimir Poutine déplace un grand nombre de troupes vers l’est en Russie. Elles vont se réarmer, recevoir des renforts en effectifs, car elles ont subi beaucoup de pertes, et se réapprovisionner pour lancer une nouvelle offensive très concentrée dans la région du Donbass », a-t-il expliqué. 

Armes à sous-munitions

L’ONU « a reçu des allégations crédibles selon lesquelles les forces russes auraient utilisé des armes à sous-munitions dans des zones peuplées ». Et ce, « au moins 24 fois » depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, fin février, a affirmé Rosemary DiCarlo, la secrétaire générale adjointe de l’ONU pour les Affaires politiques. « Les allégations selon lesquelles les forces ukrainiennes auraient utilisé de telles armes font également l’objet d’une enquête », a-t-elle ajouté. 

Des civils visés « délibérément » à Boutcha, situation « invivable » à Marioupol

Les images sortant de Boutcha « pointent vers des civils ciblés délibérément et tués directement », a affirmé Elizabeth Throssell, porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme. « Ces preuves sont très inquiétantes », a-t-elle souligné. Volodymyr Zelensky s’était rendu dimanche sur place. 

« Ce que nous avons vu à Boutcha n’est pas l’acte isolé d’une unité dévoyée. C’est une campagne délibérée pour tuer, torturer, violer, commettre des atrocités », a déclaré de son côté Antony Blinken, le chef de la diplomatie américaine. « Cela renforce notre détermination et la détermination de pays à travers le monde à s’assurer que d’une façon ou d’une autre, un jour ou l’autre, ceux qui ont commis ces actes soient tenus pour responsables. » 

Autre ville au centre de l’horreur : Marioupol, située au sud-est du pays, sur les bords de la mer d’Azov, et assiégé depuis de longues semaines par l’armée russe. Marioupol a « dépassé le stade de la catastrophe humanitaire », a affirmé à l’AFP le maire de la ville. Il qualifie « d’invivable » la situation des quelque 120 000 habitants toujours sur place. 

Près de 200 diplomates russes expulsés

Après la France et l’Allemagne hier, l’Italie, l’Espagne, le Danemark et la Slovénie ont à leur tour expulsé en masse des diplomates russes. Près de 200 l’ont été en deux jours, illustrant une nouvelle dégradation des relations avec Moscou. Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a pour sa part annoncé avoir décidé de déclarer « persona non grata » plusieurs membres de la représentation de la Russie auprès de l’UE, à cause « d’activités contraires » à leur statut de diplomates. Il n’a cependant pas précisé le nombre ou la date de leur expulsion. 

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La Commission européenne a, elle, proposé aux Vingt-Sept de durcir les sanctions contre Moscou. Notamment en arrêtant leurs achats de charbon russe, qui représentent 45% des importations de l’UE, et en fermant les ports européens aux bateaux russes ou opérés par des Russes. Les propositions de Bruxelles doivent être discutées demain par les représentants des pays membres avant une réunion, lundi prochain, des ministres européens des Affaires étrangères. De son côté, le président russe Vladimir Poutine a dénoncé la « pression » exercée contre Gazprom en Europe, soulignant que nationaliser des actifs russes était « une arme à double tranchant ». 

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