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« Nous sommes le premier Etat de l’Union européenne ayant Gazprom comme fournisseur à devenir indépendant de l’approvisionnement en gaz russe », a déclaré samedi 2 avril le ministre de l’Ecologie lituanien, Dainius Kreivys. La demande de Gazprom à être payée en roubles et la découverte des exactions commises par les troupes russes envers les civils ukrainiens ont fini de convaincre le gouvernement lituanien, qui dépend à 42% du gaz voisin. Dans la foulée, les autres Etats baltes, la Lettonie et l’Estonie, ont adopté la même résolution. Une décision courageuse puisque, selon l’agence Eurostat, ces deux pays sont respectivement dépendants à 100% et 93% de l’énergie russe. 

De nouvelles capacités gazières en cours d’élaboration

Afin de rassurer la population, le PDG de l’entreprise lettone de stockage de gaz, Conexus Baltic Grid, a déclaré que le pays était prêt à « rompre sans peine les liens énergétiques avec l’agresseur en raison de décisions politiques prises depuis plusieurs années ». Il fait référence à une réserve de gaz stockée sous le sol letton correspondant à 7,6 térawattheures, équivalent à ce que consomme le pays en hiver.  

Une solution à court terme donc, à joindre à l’activité du terminal de gaz liquéfié lituanien de Klaipeda, qui peut en théorie assurer l’approvisionnement des trois pays baltes. En théorie seulement, car le terminal ne peut jamais fonctionner à 100% de ses capacités. 

 

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Des solutions alternatives doivent donc être trouvées, comme la construction d’un deuxième méthanier régional et l’inauguration en mai prochain d’un gazoduc reliant la Lituanie et la Pologne. Des pays sans gaz mais pas sans idées, qui invitent leurs partenaires européens à prendre la même décision, car comme l’a écrit dans un tweet le président lituanien Gitanas Nauseda : « Si nous pouvons le faire, le reste de l’Europe le peut aussi. » 

Si l’UE tiendrait le choc, l’Allemagne freine

Désireux d’adopter de nouvelles sanctions contre la Russie, les pays de l’Union européenne réfléchissent à s’attaquer au secteur de l’énergie. Un embargo sur les importations aurait « un impact relativement faible » sur les économies européennes, avec une perte de PIB estimée entre 0,2% et 0,3% en moyenne, selon un rapport du Conseil d’analyse économique, qui conseille le gouvernement français. Néanmoins, certains pays auraient besoin d’une « solidarité européenne », comme la Finlande, la République tchèque ou la Slovaquie. 

L’Allemagne, dépendante à 66% du gaz russe et hostile à l’adoption de cette sanction, estime, par la voix de son ministre des Finances, que « les livraisons de gaz russes ne sont pas substituables à court terme », avant d’annoncer avoir temporairement pris le contrôle de la filiale de Gazprom en raison de « son importance pour l’approvisionnement ».  

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Le gouvernement fédéral a même annoncé être en train d’étudier le décret russe instituant le paiement en roubles du gaz exporté de Russie vers les « pays inamicaux », selon la terminologie du Kremlin, ce à quoi se refuse la France. Mais cette dernière n’importe que 13% de son gaz depuis la Russie et serait bien moins pénalisée que l’Allemagne en cas de coupure, avec une perte de PIB estimée entre 0,15 et 0,3% en fonction de sa capacité à trouver des alternatives. 

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