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L’OMS tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme et appelle les pays riches à donner la priorité à la vaccination des pays pauvres contre le Covid-19 plutôt qu’à celle des enfants. Un rappel qui tombe au moment où le débat sur la vaccination des plus jeunes revient dans plusieurs pays, notamment au Royaume-Uni, sous la menace du variant Delta.  

Mais si le dispositif Covax, qui vise à garantir l’accès des pays les plus pauvres aux vaccins, a jusqu’à présent fourni 89 millions de doses à 133 territoires participants, l’approvisionnement de ce dispositif s’est pratiquement tari ce mois-ci, selon l’OMS, qui co-dirige le programme. 

La menace Delta dans le monde

Selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, le partage des vaccins n’est « qu’un filet d’eau, qui est dépassé par les variants », rapporte The Guardian. Le plus préoccupant d’entre eux, le variant Delta, est désormais présent dans au moins 98 pays et 172 Etats selon l’OMS. Il est 40 à 60% plus transmissible que l’Alpha, le variant « britannique », pour le moment majoritaire, qui est lui-même estimé à 60% plus contagieux que la souche initiale du virus et fait craindre un rebond de la pandémie. 

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Le patron de l’OMS appelle ainsi « le monde » à « partager équitablement les équipements de protection, l’oxygène, les tests, les traitements et les vaccins » avec l’objectif, d’ici juillet prochain, d’avoir 70% des personnes vaccinées dans chaque pays. « C’est le meilleur moyen de ralentir la pandémie, de sauver des vies et de favoriser une véritable reprise économique mondiale, tout en empêchant au passage d’autres variantes dangereuses de prendre le dessus », a-t-il insisté. 

Pour le professeur James Naismith, directeur de l’Institut Rosalind Franklin, à Oxford, interrogé par The Guardian, « Delta va balayer l’UE de la même manière qu’ici », au Royaume-Uni, où le variant fait rage et menace d’une troisième vague. En France, il représente 20% des contaminations et tend à devenir le variant majoritaire comme c’est déjà le cas ailleurs. Pour autant, le professeur estime que grâce à la vaccination rapide, les pays européens « ont probablement juste dépassé le point de danger maximal, même si l’été sera rude. » 

En revanche, dans les pays en voie de développement, la vaccination est loin d’être aussi rapide et efficace. « Le point de danger maximal est devant eux, résume James Naismith. Une fois que Delta se déclenchera, elle submergera très rapidement les systèmes de santé, à moins que la vaccination ne s’améliore. » « Il convient de se demander si la vaccination des jeunes enfants dans les pays riches est aussi importante et justifiée d’un point de vue éthique que la vaccination des travailleurs clés et des personnes les plus vulnérables dans les pays en développement », soulève-t-il alors, en accord avec le patron de l’OMS. 

Vacciner pour empêcher de nouveaux variants

Dans le même sens, Sarah Gilbert, professeure d’Oxford qui a dirigé l’équipe à l’origine du vaccin Oxford/AstraZeneca, appelle à la prudence concernant les propositions de vaccination des enfants au Royaume-Uni. « Nous devons trouver un équilibre entre ce que nous pensons de la vaccination des enfants dans les pays à revenu élevé et la vaccination du reste du monde, car nous devons arrêter la transmission de ce virus au niveau mondial », explique-t-elle au Guardian. 

« Nous ne sommes pas complètement sortis d’affaire. Et c’est pourquoi je suis très inquiète à l’idée de vacciner le reste du monde, car nous devons empêcher le virus de se transmettre et de continuer à évoluer. Cela pourrait nous donner une nouvelle variante qui va être vraiment difficile à gérer », prévient-elle encore. 

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David Bauer, chef de groupe du laboratoire de réplication des virus à ARN à l’Institut Francis Crick, se joint à l’appel et affirme que « nous avons besoin que tout le monde soit vacciné maintenant. Nous ne sommes pas tous protégés tant que le monde entier ne l’est pas. Cela peut passer pour de l’idéalisme, mais ce n’est pas le cas – il y a une motivation froide et intéressée derrière tout cela. » 

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