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La Chine durcit le ton sur les données personnelles des utilisateurs d’applications. Pékin a notamment dans son viseur la populaire application Didi, sorte de « Uber chinois ». L’autorité chinoise chargée de la cybersécurité a ordonné dimanche le retrait de l’application de services de VTC Didi des plateformes en ligne après avoir constaté « une violation grave de la réglementation en matière de collecte des données des utilisateurs ». 

Cette décision survient deux jours après l’annonce de l’ouverture d’une enquête sur Didi Chuxing par cette même administration « pour prévenir des risques sur la sécurité de données nationales, garantir la sécurité nationale et protéger l’intérêt du public ». L’autorité chinoise a précisé qu’elle demandait aux magasins en ligne de supprimer cette application de leurs plateformes et à Didi de « corriger les problèmes existants et de protéger efficacement les informations personnelles des utilisateurs ». Dans un communiqué, Didi a assuré qu’il « effectuerait des rectifications (…) et continuerait à protéger la confidentialité des utilisateurs et la sécurité des données ». 

Dans un contexte de rivalité Pékin-Washington en matière technologique, une rumeur avait accusé ce week-end Didi d’avoir partagé des données chinoises avec les Etats-Unis. « Absolument impossible », a réagi sur les réseaux sociaux un haut responsable de l’entreprise. 

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L’inscription de nouveaux clients était déjà impossible depuis l’ouverture de l’enquête, a confirmé Didi, qui précise toutefois que les utilisateurs qui avaient téléchargé auparavant son application pouvaient continuer à l’utiliser et que les courses commandées ne seraient pas affectées. 

La firme a fait la semaine dernière son entrée à la Bourse de New York et a levé 4,4 milliards dollars (3,7 milliards d’euros) à cette occasion. Fondé en 2012 par Cheng Wei, un ancien cadre du géant chinois du commerce en ligne Alibaba, Didi est disponible dans quinze pays, dont la Chine, la Russie et l’Australie. Elle domine le marché chinois des véhicules avec chauffeur depuis qu’elle a chassé son rival américain Uber en 2016 au terme d’une guerre des prix impitoyable. L’application revendique 493 millions d’utilisateurs actifs annuels et 15 millions de chauffeurs actifs annuels. 

C’est le dernier géant chinois de la tech à être dans le viseur des autorités chinoises, après Alibaba qui s’était vu infliger une amende de 2,3 milliards d’euros pour abus de position dominante, ou encore le géant technologique Tencent, qui a essuyé des sanctions financières au sujet d’acquisitions et de concentrations. 

D’autres sociétés du numérique visées

Après Didi, deux sociétés chinoises du numérique, cotées aux Etats-Unis, sont à leur tour visées en Chine par une enquête concernant leurs pratiques en matière de données, a annoncé ce lundi le régulateur après avoir épinglé le géant du VTC Didi. Les sociétés Full Truck Alliance (qui possèdent deux applications de transport de fret et de réservation de camions – Yunmanman et Huochebang) et Kanzhun (propriétaire du champion de la recherche d’emploi BOSS Zhipin) sont priées de ne plus accepter de nouveaux utilisateurs le temps d’une enquête sur de potentiels « risques en matière de sécurité pour les données ». 

Les entreprises liées à l’Internet sont particulièrement dynamiques en Chine où une législation jusque-là relativement laxiste, en particulier sur les données, et l’absence de concurrents étrangers ont permis à des géants locaux d’émerger. Mais Pékin fait ces derniers mois preuve de plus de fermeté à l’égard du secteur et a lancé des procédures à l’encontre de plusieurs entreprises, priées de « rectifier » des pratiques jusque-là tolérées. 

« Le message des régulateurs, c’est : soyez déjà en règle en Chine avant d’aller vous introduire en Bourse à l’étranger », décrypte auprès de l’AFP Kendra Schaefer, spécialiste de la tech au cabinet Trivium China. « Le tour de vis dans le secteur de la tech est clair », estime par ailleurs Kevin Kwek, analyste au cabinet américain Bernstein, et la tendance inquiète les investisseurs. A la Bourse de Hong Kong, les grands noms chinois du secteur ont dévissé ce lundi : des mastodontes du e-commerce Meituan (-5,6%) et Alibaba (près de -3%) jusqu’au géant de l’Internet Tencent (-3,6%) — qui détient une participation dans Didi. 

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Le tabloïd Global Times, chien de garde des autorités, a salué l’action des régulateurs, appelant à empêcher les entreprises de l’internet « de créer une base de données personnelles de Chinois encore plus détaillée que celle de l’Etat ». 

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