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Boris Johnson a saisi la crise ukrainienne avec la détermination de ceux qui voient dans le malheur des autres une façon de faire oublier leurs propres problèmes. Effacés, ou presque, les scandales liés aux libations et soirées à Downing Street en plein confinement, le Premier ministre britannique a désormais le loisir de prononcer des discours à la Churchill et d’écrire des éditoriaux dans la presse conservatrice dans lesquels il martèle : « Nous ne céderons rien à Poutine. » Son ministre de la Défense, Ben Wallace, s’est même laisser allé à critiquer les efforts diplomatiques d’Emmanuel Macron avec ce méprisant : « cela sent son Munich », faisant référence aux accords de Munich de 1938. Le gouvernement de Boris Johnson espère redorer son blason à bon compte. 

Des premières sanctions très timides

Union nationale oblige, l’opposition travailliste et les libéraux-démocrates, ainsi que les nationalistes écossais, ont dû taire leurs critiques pour faire entendre la voix unie de la Grande-Bretagne, pleinement solidaire du peuple ukrainien. Les premières sanctions décrétées par le Premier ministre (visant seulement trois individus et cinq banques russes mineures) ont cependant semblé si timides que, devant le tollé de bien des députés de sa majorité, Boris Johnson a dû vite corriger le tir. 

A la chambre des Communes jeudi, le chef du gouvernement a donc annoncé « le paquet de sanctions économiques les plus larges et les plus sévères jamais prises contre la Russie ». Les plus grandes banques russes comme VTB verront leurs actifs gelés, tout citoyen russe verra ses dépôts dans une banque britannique strictement limités, les exportations de haute technologie vers la Russie seront réduites au minimum et la compagnie aérienne officielle russe Aeroflot ne pourra plus opérer en Grande-Bretagne. La Biélorussie fait l’objet de mesures similaires.  

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A partir du 1er mars, une centaine de milliardaires russes verront également leurs actifs gelés outre-Manche. Parmi eux, Kirill Shamalov, beau-fils de Vladimir Poutine ; Petr Fradko, directeur de Promsvyazbank et fils de l’ancien directeur des services de renseignement russes ; Yury Slyusar, directeur de l’usine d’armement militaire United Aircraft Corporation. Par ailleurs, Londres a décidé d’empêcher les entreprises russes de lever des fonds sur les marchés britanniques et à l’Etat russe d’en faire autant pour financer sa dette souveraine. 

Vers la fin des « visas dorés »

Autre mesure hautement symbolique : l’annonce de la fin des « visas dorés » en place depuis 2008. Pour encourager l’investissement étranger outre-manche, tout individu investissant plus de 2 millions de livres sterling (soit environ 2,2 millions d’euros) pouvait recevoir un permis de résidence en Grande-Bretagne, voie vers l’obtention de la nationalité britannique. Plus de 700 millionnaires russes ont pu en profiter, ainsi que leur famille. L’opposition britannique estime que ce système de « golden visas » a longtemps été utilisé pour laver de l’argent sale. Il a fallu attendre 2015 pour que l’administration britannique exige de connaître l’origine des fonds investis.  

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Boris Johnson et son ministre des affaires étrangères, Liz Truss, multiplient les communiqués, se vantant d’être à l’avant-garde des initiatives contre le régime de Poutine : « Le Royaume-Uni mène la charge pour rallier le soutien international à l’Ukraine et pour répondre avec force aux côtés de nos alliés. C’est pourquoi nous avons été en première ligne pour fournir des armes défensives et un soutien économique à l’Ukraine. » Dans la pratique, l’objectif est clair : « En fermant ces lignes de vie financières majeures, qui représentent des milliards de livres, nous paralyserons le développement économique de la Russie à court et à long terme. » En l’absence d’un engagement militaire sur le terrain, Londres et sa place financière misent sur leur capacité à asphyxier le pouvoir financier de l’oligarchie russe dévouée à Poutine. 

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