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On ne connaît pas encore son nom, mais une chose est certaine : la prochaine candidate à la Cour suprême sera une femme noire. Joe Biden l’a promis. C’est une grande première. En 232 ans, sur 115 juges, on ne compte que 5 membres féminins et 3 issus de minorité. « Quand Joe Biden l’a annoncé pendant sa campagne, c’était, dans un sens, une promesse politique, mais à ce moment de notre histoire, cette déclaration à une portée très significative », estime Margaret Russell, professeure de droit à l’université de Santa Clara. 

Outre la volonté de diversifier la haute instance, Joe Biden espère faire remonter sa cote de popularité auprès de l’électorat afro-américain. Selon un sondage NBC, elle a chuté à 64%, soit près de 20 points de moins qu’il y a neuf mois. Les Noirs lui en veulent de n’avoir pas réussi à réformer la police ni à faire passer une loi sur la protection du droit de vote. Et le Covid et l’inflation les affectent durement. Résultat, les Afro-Américains, pilier du parti, risquent de bouder les urnes en novembre, une catastrophe potentielle pour Biden. 

Calendrier serré

Il y a donc urgence à nommer la remplaçante de Stephen Breyer, le juge démocrate qui a annoncé sa retraite. D’autant qu’il y a toujours la menace qu’un sénateur tombe malade ou, pis, décède, ce qui compliquerait la confirmation de la nomination au Congrès, compte tenu de la très maigre majorité des démocrates. Le calendrier est également serré. S’ils reprennent le contrôle du Sénat aux élections de mi-mandat, les républicains feront tout pour bloquer les nominations.  

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La Maison-Blanche a évidemment une liste de candidates avec un CV impeccable. La favorite, c’est Ketanji Brown Jackson, 51 ans, promue récemment à la très influente cour d’appel du district de Columbia. Cette mère de famille a occupé divers postes, dont celui d’avocat commis d’office, une fonction assez rare chez les aspirants à la haute instance, et figurait déjà sur la liste du président Obama. Leondra Kruger, 45 ans, une juge à la cour suprême de Californie, est aussi sur les rangs. Fille d’une mère jamaïcaine et d’un père blanc, elle connaît très bien les rouages de la Cour, car elle a été l’adjointe de l’avocat général sous Obama et plaidé plus d’une dizaine de fois devant les Sages.  

Des conservateurs agacés

Mais, ces derniers jours, on parle beaucoup de J. Michelle Childs, 55 ans, membre d’une cour fédérale de Caroline du Sud et en attente d’un siège à une cour d’appel. Elle est poussée par Jim Clyburn, un représentant noir de Caroline du Sud auquel Joe Biden doit beaucoup. C’est lui qui a mobilisé les électeurs afro-américains et ainsi permis à Biden de l’emporter dans son Etat et, dans la foulée, de décrocher l’investiture démocrate.  

J. Michelle Childs a un autre mérite. Elle a fait ses études à l’université de Caroline du Sud, et non dans les facultés élitistes de Yale ou de Harvard comme ses rivales et 8 des 9 Sages en place. Et son processus de confirmation pourrait être facilité par le fait qu’elle bénéficie du soutien des deux sénateurs républicains de son Etat.  

Discrimination raciale

Certains conservateurs ne se sont pas privés d’accuser Joe Biden de discrimination raciale, puisqu’il refuse de considérer un non-Noir. C’est « insultant », cela revient à dire qu’il se fiche du reste de la population, a clamé Ted Cruz, le sénateur du Texas. Biden met « la couleur de la peau au-dessus des qualifications », a renchéri un édito du Wall Street Journal. Il n’est pourtant pas le premier à privilégier race ou genre. Ronald Reagan avait promis de nommer une femme, George H. W. Bush voulait un candidat de la diversité… 

Les républicains ne semblent pas – pour le moment – désireux de sortir la grosse artillerie. Ils savent que des attaques trop agressives risquent de « se retourner contre eux, de mobiliser les démocrates et d’effaroucher les électeurs indécis », observe Amy Walter, analyste au Cook Political Report. Surtout, « la présence d’une nouvelle juge ne va pas faire de différence sur les décisions de la Cour, dominée par les conservateurs », conclut Margaret Russell. Elle remplace un démocrate, l’équilibre idéologique reste donc inchangé. La Maison-Blanche devrait annoncer son choix à la fin du mois. 

Opinions

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