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Le funeste scénario est mis en avant depuis plusieurs semaines par les États-Unis comme le Royaume-Uni. Loin de se contenter d’une prise de contrôle du Donbass par ses militaires, Vladimir Poutine a lancé, ce jeudi 24 février au petit matin, une attaque sur l’Ukraine. Des bombardements ont été entendus dans plusieurs villes, dont sa capitale Kiev. Les autorités ukrainiennes ont rapidement dénoncé une « invasion massive » d’un Etat qu’il présente avec mépris comme une « création artificielle » du régime bolchevique. Mais jusqu’où va aller le président russe ? 

L’incontestable supériorité militaire de l’armée russe rend en effet plausible la prise de la capitale ukrainienne. Elle s’y prépare, ont confirmé les services de renseignement ukrainiens au président Volodymyr Zelensky, selon l’agence de presse Unian. Et deux autres grandes villes seraient également sous la menace d’une invasion : Kherson, à une centaine de kilomètres de la Crimée, et Kharkiv, à une trentaine de kilomètres de la frontière russe, dans une zone où la société américaine d’imagerie satellitaire Maxar a fait état de nouveaux déploiements inquiétants ces derniers jours. En tout, les Occidentaux estiment que le nombre de combattants russes aux abords de l’Ukraine s’élève à plus de 150 000. 

Kiev se trouve pour sa part sous la menace des bataillons amassés au sud de la Biélorussie, dont la frontière n’est qu’à une centaine de kilomètres à vol d’oiseau. Vladimir Poutine y a en effet maintenu les dizaines de milliers de combattants – et leurs équipements – qui ont participé conjointement avec Minsk à un vaste exercice, du 10 au 20 février. Le président russe avait pourtant assuré à Emmanuel Macron, lors de la visite de celui-ci à Moscou, que ces troupes retourneraient sur le territoire russe une fois les manoeuvres achevées… 

Un camion militaire russe avance sur une route dans la région de Rostov, frontalière du territoire séparatiste de Donetsk dans l’Est de l’Ukraine, le 23 février 2022.

afp.com/STRINGER

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S’apprêtent-elles à fondre sur la capitale ukrainienne, en même temps que des forces pénétreraient le territoire ukrainien autre part ? « La Russie dispose de nombreuses possibilités pour frapper Kiev, comme des bombardements, des raids par des troupes aéroportées ou l’envoi de ses bataillons, même si ce ne sera pas facile de parcourir le terrain pour s’y rendre, » rappelle Joseph Henrotin, chercheur à l’Institut de stratégie comparée et rédacteur en chef de la revue DSI (Défense et sécurité internationale). 

Poutine veut la « démilitarisation » de l’Ukraine

En Géorgie, à l’été 2008, l’armée russe avait surclassé en quelques jours à peine les forces locales. Mais elle s’était arrêtée à une quarantaine de kilomètres de la capitale, Tbilissi, se contentant de forcer les autorités à accepter un cessez-le-feu et leur défaite. Mardi, Vladimir Poutine a dit souhaiter « dans une certaine mesure la démilitarisation de l’Ukraine actuelle » et que la « meilleure solution » pour mettre un terme à la crise serait que « les autorités « s’en tiennent à une neutralité » et « refusent d’elles-mêmes de rejoindre l’Otan ». 

Avant de se lancer à l’assaut de Kiev, l’armée russe cherchera déjà à prendre le contrôle des airs. « Elle aura besoin d’environ deux jours pour atteindre la supériorité aérienne, estime Gustav Gressel, spécialiste de la Russie au Conseil européen des relations internationales. Ensuite, elle pourra attaquer n’importe quelle formation ukrainienne depuis les airs ou utiliser des drones à volonté pour faire appel à l’artillerie. Ainsi avant de rencontrer l’ennemi au sol, les Russes auront déjà infligé de sévères dégâts aux Ukrainiens. » 

Un soldat ukrainien dans sa position près de la localité de Schastia, face aux séparatistes prorusses, dans l’est de l’Ukraine, le 23 février 2022.

afp.com/Anatolii Stepanov

De quoi pousser les bataillons russes jusqu’à Kiev. « Plusieurs semaines de guerre urbaine pourraient être nécessaires pour la capturer », estime donc Gustav Gressel. Les combats en ville sont autrement plus difficiles que ceux en terrain dégagé. D’autant que la capitale ukrainienne compte près de 2,9 millions d’habitants et que le président Zelensky a lancé ce mercredi la mobilisation des 200 000 réservistes, qui renforceront la défense du territoire auprès des 250 000 membres des forces armées régulières. 

Après la phase de conquête suivrait alors celle d’occupation. « Mais ce ne sera pas si simple, car le nationalisme ukrainien a pris de l’ampleur ces dernières années, y compris dans les zones russophones », rappelle Joseph Henrotin. En poussant trop loin ses troupes et en prolongeant leur présence, Vladimir Poutine risque de voir le compteur des morts parmi ses combattants grimper. Un décompte funèbre dont la société russe n’a plus l’habitude. Pas sûr, donc, que le président russe souhaite, in fine, que son armée marche sur Kiev. Même s’il dispose des moyens militaires pour y parvenir. 

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