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Symbole des immenses défis auxquels vont être confrontés les géants de demain, le Nigeria devrait, selon l’ONU, quasiment doubler de taille d’ici à 2050, pour dépasser les 400 millions d’habitants. Il deviendra alors le troisième pays le plus peuplé du monde, derrière l’Inde et la Chine.  

L’émergence d’un tel marché intérieur pourrait, en théorie, soutenir son économie. Mais dans un pays où 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, ce changement d’échelle risque de se transformer en bombe à retardement. « Depuis huit ans, le taux de croissance de la population nigériane – environ 3,2 % par an – excède la croissance moyenne du PIB. Le nombre de personnes grossit plus vite que l’offre de logements, d’infrastructures, d’eau courante et d’éducation de qualité », soupire Akpan Ekpo, économiste nigérian.  

Les jeunes inactifs, une proie pour les djihadistes

Les jeunes représentent 70 % de la population, mais plus de la moitié d’entre eux sont au chômage, ce qui entraîne délinquance et insécurité. « Sans compter que cette jeunesse inactive est une source potentielle de recrutement pour les terroristes », poursuit Akpan Ekpo – les djihadistes de Boko Haram sèment déjà la terreur dans le nord-est du pays.  

 

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Seul le développement d’une véritable politique démographique permettrait d’éviter que l’explosion de la population n’entraîne le pays dans une instabilité encore plus grande, estime cet expert. Or, pour l’heure, les résistances culturelles et religieuses au contrôle de la natalité conduisent les familles à avoir beaucoup d’enfants – 5,4 par femme en moyenne sur la période 2015-2020. 

Infographie

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Cette pression démographique, conjuguée aux effets du réchauffement climatique, accroît le risque de conflits pour l’accès à la terre, à l’eau et aux ressources naturelles – de tels affrontements, entre agriculteurs et éleveurs, ont fait des milliers de morts en 2018.  

Ce type de problèmes ne concerne pas que l’Afrique. Le Pakistan, dont la population devrait passer de 221 millions d’habitants en 2020 à 338 millions en 2050, se trouve déjà « en situation de stress hydrique », selon une étude du portail scientifique suisse MDPI. Si la situation perdure, il deviendra dès 2025 « une terre sans eau ». Les tensions avec l’Inde devraient donc s’aggraver, car c’est le géant voisin qui contrôle l’accès aux eaux du bassin de l’Indus. 

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Autre danger, les jeunes Pakistanais – la moitié de la population a moins de 23 ans – , dont près d’un tiers sont illettrés, constituent eux aussi une proie facile pour les islamistes. Selon Mohammed Waseem, professeur de sciences politiques à l’université de Lahore, l’explosion démographique pakistanaise est « le problème n° 1 pour la sécurité en Asie du Sud », en raison de l’emprise de la religion et des insuffisances persistantes du système éducatif. 

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