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Désormais, près de six professionnels sur dix et neuf résidents sur dix ont reçu au moins une dose de vaccin. Des chiffres jugés insuffisants, surtout pour les soignants.

C’est l’un des points d’attention de la campagne vaccinale. Dans les Ehpad et unités de soin longue durée (USLD), où la situation est scrutée de près par les autorités, le nombre d’injections progresse petit à petit. Trop lentement, pour l’instant, mais le pourcentage de professionnels vaccinés se rapproche de la part d’adultes ayant reçu des injections.

Dans son dernier point épidémiologique, publié jeudi soir, Santé publique France estime en effet que, fin juin, 59,3% des professionnels exerçant dans ces établissements avaient reçu au moins une injection, quand 47,3% présentaient un schéma vaccinal complet. À titre de comparaison, 62,7% des adultes français avaient reçu une dose, et 42,3% avaient une «vaccination complète», précise l’institution.

Mis sous pression par l’exécutif et menacés d’une obligation vaccinale dès la rentrée, voire plus tôt, les soignants continuent donc de recevoir les injections : deux semaines plus tôt, au 15 juin, les proportions culminaient à 55,3% pour une dose, et 41,9% pour un schéma vaccinal complet. On n’observe cependant pas de bond du nombre d’injections depuis que la pression est montée d’un cran. La tendance reste stable. Un bon coup de collier reste donc nécessaire pour que la part des professionnels vaccinés rejoigne le niveau de la population générale et le dépasse.

La Bretagne, la Normandie et les Hauts-de-France font figure de bon élève, avec plus des deux tiers des professionnels ayant reçu au moins une dose. En France métropolitaine, l’Île-de-France, la Corse et la Provence-Alpes-Côte d’Azur (49,4%) ferment le classement. Ces trois dernières régions sont aussi celles où la couverture vaccinale est la plus faible, en France métropolitaine, pour la population générale.

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Menace d’une obligation vaccinale

Chez les résidents des Ehpad et USLD, la proportion progresse également : près de neuf résidents sur dix (88,5%) ont reçu une dose, et plus de huit sur dix (82,4%) en ont reçu deux. Des disparités régionales subsistent cependant : la couverture vaccinale pour une dose dépasse les 90% en Normandie, Bretagne, Pays de la Loire, Centre-Val de Loire, Occitanie et Bourgogne Franche Comté. Elle est aussi élevée à la Réunion. À l’inverse, elle est proportionnellement basse en Martinique, en Guadeloupe, ainsi qu’en Corse (79,7%).

La progression de ces données sera observée de près par les autorités cet été, afin de constater si une obligation vaccinale se révèle nécessaire ou non. Plusieurs voix se sont d’ores et déjà prononcées pour cette solution, dont la Fédération hospitalière française et la Haute autorité de santé : «Il est impératif de se donner l’objectif de vacciner tous les professionnels de santé et tous les intervenants du secteur médico-social exerçant en établissement et ou à domicile», s’inquiétait l’organisation dans un communiqué, ce jeudi. La HAS brandissait également la possibilité d’une «obligation vaccinale», si les soignants continuent de rechigner à la vaccination.

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Plus largement, selon l’évolution de l’épidémie et de la campagne vaccinale, «la réflexion sur l’obligation vaccinale pourrait s’étendre à l’ensemble de la population», notait la HAS. Une piste mise de côté par l’exécutif pour l’instant : «Nous ne contraindrons pas les Français à se faire vacciner, la vaccination n’a pas à être obligatoire en population générale», a assuré ce vendredi le ministre de la Santé, Olivier Véran. L’exécutif juge la réticence des soignants dans ces établissements «aussi inquiétante qu’inexplicable», et espère voir le nombre d’injections augmenter dans les prochaines semaines. Sans quoi, l’obligation risque de tomber comme un couperet.

dans les Ehpad, la vaccination progresse mais reste insuffisante chez les soignants