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Dans un rapport publié ce vendredi, la Cour déplore l’impact « limité » des plans de lutte contre la prolifération de ces algues très polluantes.

Depuis près de cinquante ans, les algues vertes envahissent les côtes bretonnes jusqu’à atteindre la Normandie et la Charente-Maritime. Un fléau qui détruit les écosystèmes, rend les plages infréquentables et présente même un risque mortel en raison d’émanations toxiques. Sous la pression d’associations et de riverains, les pouvoirs publics se sont saisis du sujet en 2010 à travers deux plans d’action. Sans grand succès.

Dans un rapport, la Cour des comptes dresse un bilan sévère de ces initiatives pilotées par l’État, les collectivités locales et l’agence de l’eau. Entre 2007 et 2020, les échouages d’algues vertes n’ont que légèrement diminué sur les sites sableux et ont augmenté dans les vasières.

Aides publiques insuffisantes

Pourtant, l’origine du mal est connue : le rejet de nitrates dans l’eau, notamment le phosphore et l’azote, par les agriculteurs locaux. «Les travaux scientifiques montrent que seule une action sur l’azote […] peut permettre de limiter ce phénomène», avertit la Cour des comptes. Mais depuis 2015, la quantité d’azote épandu stagne. Contrairement à ce que préconisaient les politiques de lutte contre les algues vertes, les exploitations agricoles n’ont pas pris le virage de l’agriculture biologique, moins polluante.

En cause, d’après la Cour des comptes, des incitations financières insuffisantes pour aider les agriculteurs à basculer vers un modèle de production «à faible fuite de nitrates». «Le montant global des plans d’action, estimé à 109 M€ de 2011 à 2019, reste très modeste au regard des aides du 1er pilier de la politique agricole commune (PAC) en Bretagne (entre 435 et 614 M€ par an sur les six dernières années)», rappelle le rapport qui juge cette enveloppe « dérisoire » tout comme les moyens de contrôle des exploitants. Depuis 2010, le nombre de contrôles dans les bassins versants d’algues vertes est en recul de 73%, lié à une baisse des effectifs de contrôleurs (-24%).

Renforcer les contrôles

La Cour et la Chambre régionale des comptes de Bretagne proposent ainsi leurs propres leviers d’action. Le rapport insiste sur la nécessité de fixer des objectifs précis et «évaluables» d’émission de nitrates dans les prochains plans de lutte, ce qui n’était pas le cas au cours de la décennie écoulée. Et, surtout, de «faire respecter la réglementation en augmentant les contrôles» chez les agriculteurs et dans toute la filière agroalimentaire locale.

La Cour des comptes dénonce l’impuissance des pouvoirs publics face aux algues vertes en Bretagne