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REPORTAGE – Si les grèves ont provoqué plusieurs heures de retard, les contrôles sanitaires sont loin de provoquer des embouteillages.

Après une matinée chaotique pour cause de grèves du personnel, tout était calme cet après-midi à Roissy-Charles de Gaule, l’un des plus grands hub du monde. Pourtant, l’Union française des aéroports (UAF) avait annoncé l’enfer aux voyageurs dans une communication publiée la veille. «Si rien n’est fait, et en l’état actuel des choses, les temps d’attente pourraient atteindre 2h30 voire plus, aux pointes d’activité, sur certains aéroports français» cet été, affirmait le président Thomas Juin. Sauf que du côté de Roissy, la règle est plutôt l’absence de contrôle. «On ne nous a demandé aucun pass sanitaire», confirment, comme d’autres, ces deux voyageurs au départ vers Amsterdam une fois la douane passée. «Cela dépend des destinations… et aussi du policier, mais si vous avez vos tests comme demandé, il n’y a ni problème, ni délai», tempère une hôtesse.

«Notre communiqué visait à tirer la sonnette d’alarme, explique Nicolas Paulissen le délégué général de l’UAF. On n’est pas encore au pic de trafic de l’été. Les contrôles cela dépend des vols et des plateformes. Pour l’instant, il n’y a pas de contrôle systématique mais de simples contrôles ciblés sur les aéroports parisiens. Ces contrôles varient beaucoup en fonction des pays de provenance et des pays de destination.»

Pas plus de zèle à l’international

Certains voyageurs passent donc entre les mailles du filet. «Je suis arrivé hier de Bucarest, il n’y avait aucun contrôle. Je repars aujourd’hui, je viens de passer la frontière et j’ai toujours mon certificat de vaccination dans la poche», confie Bodgan homme d’affaires qui a fait l’aller-retour depuis la Roumanie. Valentin, au départ vers Montréal, déclare cependant qu’il a dû présenter un test PCR – simple formalité. Seules véritables difficultés du jour, celles liées à la grève des personnels de l’aéroport. Dans la matinée et jusqu’en début d’après-midi, les salariés du groupe ADP étaient mobilisés contre de Plan d’adaptation des contrats de travail (Pact) qui prévoit de réduire leurs primes. L’embouteillage n’a pas manqué dans les terminaux 2E, occupé par les grèves, et 2F, où une partie des voyageurs a été réorientée.

Ce plan pour réduire la masse salariale du groupe, la direction le justifie par les pertes records liées à la chute du trafic aérien avec le Covid. «La direction va nous faire des propositions, a déclaré vers midi Daniel Bertone, représentant CGT, sur la tribune de fortune érigée au milieu de la foule. Mais le Pact n’est pas retiré. » Les représentants syndicaux assuraient cependant avoir obtenu l’engagement de la direction que la réduction des primes ne provoquerait pas de baisse de salaire supérieure à 5% pour l’ensemble du personnel d’ici au 31 décembre 2023. Les négociations doivent reprendre «à 09H30 lundi», a appris l’AFP de sources concordantes. D’ici là, les trois préavis de grève «sont maintenus ce week-end», ont indiqué les responsables des syndicats Unsa, CGT et CFE-CGC d’ADP.

Attente à rallonge pour cause de grève

Le blocage a provoqué des retards. Vendredi, vers 17H00, les vols étaient «retardés d’une heure» en moyenne à Roissy et de «quinze minutes à Orly», a précisé à l’AFP la direction d’ADP, en ajoutant que les retards seraient «résorbés vers 20H00» à Roissy, tandis qu’ils étaient «en train de se résorber» à Orly. À la mi-journée, il fallait compter plus de 30 minutes pour espérer atteindre l’entrée du labyrinthe infernal des barrières à ceinture de la zone d’embarquement. «J’ai une carte prioritaire normalement, je regrette bien de ne pas l’avoir prise, confie Eric, 56 ans, qui se rend en Angola pour le travail. On ne voit jamais cela dans les autres pays.»

à Roissy, les voyageurs plus perturbés par les grèves que par les contrôles sanitaires