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Blizzard, neige, rafales de vent… Une « bombe cyclonique », s’est abattue sur l’est des Etats-Unis ce week-end. Cette tempête, caractérisée par la puissance explosive des baisses rapides de pression atmosphérique, a recouvert de neige une grande partie de la Nouvelle-Angleterre. 

Le service météo national (NWS) a enregistré des rafales de vent de 80 à 120 km/h, et pronostiqué des températures polaires la nuit ainsi que des coupures de courant, habituelles chaque hiver quand la puissance du vent ou le poids de la neige arrachent les lignes électriques. Plusieurs villes de la région ont enregistré des records absolus, avec plus de 70 cm de neige. 

Les gouverneurs de New York, du New Jersey et du Massachusetts ont déclaré l’état d’urgence. « Ce sera un blizzard historique, a déclaré à l’agence de presse américaine Ruthzee Louijeune, conseillère municipale de Boston. C’est la puissance du vent et la quantité de neige qui rendent celui-ci particulièrement dangereux ». Et la vague de froid touche toute la côte. En Floride, d’habitude tropicale, des alertes pour le gel ont été lancées. Avec le froid, les fameux iguanes pesant jusqu’à neuf kilogrammes, tombent de leurs arbres. 

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Un phénomène pas si rare

Contrairement aux cyclones qui se produisent en saison chaude, cette « bombe météo » – l’autre nom de la « bombe cyclonique » – est une dépression survenant en saison froide. Elle provoque généralement un cocktail détonnant : grand froid, chutes abondantes de neige et vent fort. On parle de « bombe » quand la pression centrale d’une dépression descend de 24 millibars ou plus en 24 heures. 

Le soleil cessant de briller au-dessus de l’Arctique à cette saison, l’air y est particulièrement froid. En temps normal, les courants-jets (jet-streams) qui circulent vers l’est maintiennent cet air froid au-dessus de l’Arctique. Mais parfois ils se déplacent, permettant à cet air de descendre vers le sud. 

Ce n’est pas un phénomène nouveau, il se répète même régulièrement aux Etats-Unis. La tempête de ce week-end a d’ailleurs frappé presque 44 ans jour pour jour après le blizzard monstrueux qui a paralysé la Nouvelle-Angleterre en 1978. Une tempête qui a déversé plus de 70 cm de neige sur Boston, a tué des dizaines de personnes, en a piégé d’autres chez elles et a bloqué les principales autoroutes pendant une semaine. Elle survient également quatre ans après la tempête hivernale Grayson qui a touché la même région du monde en 2018. 

Les météorologues estiment même que ce type de tempête éclate dans l’hémisphère nord environ dix fois par an, explique Wired. Elles ne sont pas toutes au niveau de la « bombe cyclonique », qui, elle peut survenir en moyenne une fois par an, selon Scientific Américan. 

Un terme controversé

Le terme, lui, est utilisé depuis les années 1980. Il a été défini par le professeur de météorologie à l’université de McGill à Montréal, John Gyakum, et le météorologue Fred Sanders. Néanmoins, John Gyakum a décidé de ne plus l’utiliser. « Quand je parle de ces tempêtes qui se développent de manière explosive, je prends la peine de prononcer les termes ‘au développement explosif » mais je n’utilise pas ‘bombe' », expliquait-il en janvier 2018 à la version américaine du HuffPost. 

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La raison ? Le contexte sécuritaire du monde, et notamment la menace terroriste. A l’époque, les Etats-Unis venaient d’être frappés par une attaque terroriste à New York, dans l’arrondissement de Manhattan, faisant huit morts, mais aussi par l’attaque d’un suprémaciste blanc lors d’une manifestation à Charlottesville en Virginie. Deux attentats au camion-bélier qui ont visiblement marqué le scientifique : « C’est quelque peu inapproprié quand on considère d’autres aspects du monde en ce moment » d’utiliser un terme qui renvoie à « l’arme meurtrière et incendiaire qu’est la bombe », avait-il confié à l’époque. 

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