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Plus de 70.000 personnes massées sur l’immense place Tiananmen. Une foule triée sur le volet et, pour la plupart des participants, sans masque. Pour assister aux cérémonies, il fallait se plier à une batterie de tests Covid, être vacciné et surtout être invité par le tout puissant Parti communiste au pouvoir depuis 72 ans en Chine et qui célébrait jeudi 1er juillet le centenaire de sa création. Les journalistes invités ont du passer une nuit à l’isolement, dans un hôtel, en quarantaine, avant de pouvoir se rendre au milieu de la nuit, sous bonne escorte, sur l’immense place qui fait face à la Cité interdite. 

Le spectacle, que l’on promettait historique, a surtout tourné à la démonstration de force : Xi Jinping, seul en scène, déroulant sa rhétorique martiale d’un ton monocorde et d’une voix grave. Entouré d’anciens présidents et Premiers ministres – restés muets -, au balcon de la Cité interdite, vêtu d’un « costume Mao » gris, le costume chinois révolutionnaire, le président a prononcé un discours d’une heure aux accents nationalistes. A l’endroit même où Mao Zedong avait proclamé la création de la République populaire de Chine le 1er octobre 1949, et où avait été réprimé dans le sang le mouvement étudiant pro-démocratie, le 4 juillet 1989.  

Un « nouveau monde »

« Le peuple chinois n’est pas seulement doué pour détruire l’ancien monde, il a aussi créé un nouveau monde », a-t-il déclaré. « Le peuple chinois ne permettra jamais qu’une puissance étrangère le harcèle, l’oppresse ou le soumette, a déclaré Xi Jinping. Quiconque s’essaierait à de telles manoeuvres se retrouverait ensanglanté contre la Grande muraille de fer forgée par plus de 1,4 milliard de Chinois ». 

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« La grande renaissance de la nation chinoise est entrée dans un processus historique irréversible », a-t-il poursuivi. « Le temps où le peuple chinois pouvait être foulé aux pieds, où il souffrait et était opprimé est à jamais révolu », a grondé le dirigeant chinois le plus puissant depuis Mao, qui fait régulièrement allusion aux guerres de l’opium et au colonialisme occidental dans ses discours. Un signal adressé au président américain Joe Biden, qui décrit Pékin comme un rival politique et économique, et souhaite unir l’Occident pour contrer le régime communiste.  

Les membres du PCC toujours plus nombreux

Le Parti communiste et la Chine ne font qu’un : tel était le message de cette cérémonie. Xi a déclaré que toute tentative de séparer le Parti communiste du peuple chinois ou de les opposer était vouée à l’échec. « Plus de 1,4 milliard de Chinois ne laisseront jamais un tel scénario se produire », a-t-il dit. « Le marxisme reste la boussole du pays » et « seul le socialisme peut sauver la Chine ». 

A la fin du discours, éclate l’Internationale, avant un lâcher de colombes et de ballons multicolores. Agitant ses fanions, la foule entonne en coeur : « Ode à la patrie », un chant patriotique. 

Les rangs du Parti communiste ont gonflé de 2,43 millions de membres en 2020, la plus forte augmentation annuelle depuis l’arrivée de Xi Jinping à la présidence en 2013. 95,15 millions de Chinois en sont désormais adhérents, selon les dernières données officielles publiées cette semaine. 

L’armée toujours plus puissante

Toute puissance étrangère qui chercherait à harceler la Chine se retrouverait « la tête en sang » a clamé Xi Jinping promettant de poursuivre le développement militaire du pays. « La Chine va renforcer son armée afin de protéger sa souveraineté, sa sécurité et son développement, pour s’élever aux plus hautes normes mondiales », a-t-il insisté, allusion à peine masquée à nouveau au grand rival américain. 

Pas de défilé militaire pour ce centenaire mais un ballet d’une trentaine d’avions de chasse formant un « 100 » dans les airs, suivi du passage d’un étendard géant porté par un hélicoptère.Le budget militaire chinois en hausse de 6,8% cette année est le deuxième du monde après celui des Etats-Unis. Il n’a jamais été aussi élevé. 

Taiwan et Hong Kong

Une nouvelle fois Xi Jinping s’est engagé à la « réunification » avec Taiwan, une réunification qu’il espère pacifique mais qui est l’un des objectifs majeurs de présidence. « Réaliser la réunification complète de la patrie chinoise est une mission historique du Parti communiste ». 

Il a assuré que la stabilité sociale serait préservée à Hong Kong tout en protégeant la sécurité et la souveraineté de la Chine. Une allusion directe à la drastique reprise en main du territoire – passé sous giron chinois il y a exactement 24 ans – depuis l’adoption par Pékin d’une loi sur la sécurité nationale concernant la mégalopole. 

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A Hong Kong, ce jeudi, toute manifestation est interdite. 10.000 hommes policiers sont mobilisés. A Pékin quadrillée comme jamais par la police et l’armée, la foule s’est dispersée en milieu de journée. 

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