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C’est un succès de plus dans la politique désormais revendiquée de viser les leaders des groupes djihadistes dans la région. La force française anti-djihadiste Barkhane a arrêté Dadi Ould Chouaïb, alias Abou Dardar, un « cadre » du groupe Etat islamique au grand Sahara (EIGS).  

Il est « également suspecté d’avoir mutilé trois hommes le 2 mai dernier lors du marché hebdomadaire de Tin Hama » (Nord), a indiqué l’état-major français dans un communiqué, précisant que le djihadiste s’était rendu sans résistance et qu’il portait « une arme automatique, une lunette de vision nocturne, un gilet de combat, un téléphone et une radio ». 

Arrêté une première fois en 2014

Abou Dardar est un ancien membre du Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), dont certains cadres ont créé l’EIGS. Arrêté une première fois en 2014, il avait été remis aux autorités maliennes. « Il est tantôt présenté comme un Malien, tantôt comme un Mauritanien. A l’époque de l’occupation du nord du Mali, il ne se déplaçait jamais sans deux choses : une ceinture d’explosifs autour de la taille et des roquettes dans son véhicule », expliquait RFI après son arrestation.  

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« La France a attaqué l’islam. Nous allons frapper le coeur de la France. Au nom d’Allah, nous allons frapper le coeur de la France », déclarait-il en 2013, selon l’AFP. L’homme avait fait partie des quelque 200 djihadistes libérés en octobre 2020 en échange de quatre otages, dont la Française Sophie Pétronin, au terme de négociations auxquelles Paris avait revendiqué n’avoir pas été associée. 

Le 2 mai, des hommes armés avaient rassemblé la foule lors du marché hebdomadaire de Tin Hama, et lui avaient présenté trois hommes qualifiés de voleurs, auxquels ils avaient coupé la main droite et le pied gauche, selon des informations recueillies auprès d’interlocuteurs locaux s’exprimant sous couvert de l’anonymat. Ces hommes armés étaient présumés appartenir à l’EIGS, avait indiqué la Mission de l’Onu (Minusma). 

« Important au niveau local »

L’arrestation a eu lieu le 11 juin dans la matinée dans la zone « des trois frontières », aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso, une des zones principales d’action des groupes djihadistes installés au Sahel, notamment de l’EIGS. Il y avait été repéré par un hélicoptère au cours d’une opération conjointe de Barkhane et des forces armées nigériennes. Durant cette même opération franco-nigérienne, lancée le 8 juin, « un accrochage a eu lieu mardi avec des groupes armés terroristes » dans la région de Tillabéri (ouest nigérien) frontalière du Mali, a annoncé mercredi soir un communiqué du ministère nigérien de la Défense, évoquant un « bilan provisoire » d’un mort nigérien et de « douze terroristes neutralisés ». 

Selon une source sécuritaire, depuis sa libération en octobre, « il était cadi (juge islamique) dans la zone de Ansongo-Ménaka. Je le qualifierais de commandant de second rang, important au niveau local », a-t-elle estimé, soulignant par ailleurs à la fois sa longue absence du terrain et son retour de courte durée qui relativise son poids dans l’organisation.  

Son interpellation n’en est pas moins bienvenue pour la France, dont le président Emmanuel Macron avait promis en février, lors d’un sommet avec les chefs d’Etats de la région, « une action renforcée » pour « essayer d’aller décapiter ces organisations », dont « la plus haute hiérarchie continue à nourrir un agenda djihadiste ». Paris a donc depuis adopté une stratégie visant prioritairement les chefs. 

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Barkhane, désormais officiellement promise à une fin prochaine, vient à cet égard de revendiquer l’élimination d’un cadre du groupe Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), adversaire de l’EIGS dans la zone. Baye Ag Bakabo était responsable du rapt et de la mort de deux journalistes français de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, assassinés à Kidal (nord du Mali) le 2 novembre 2013. 

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