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Quand Annalena Baerbock, 40 ans, a été désignée candidate écologiste le 19 avril pour tenter de succéder à la chancelière Angela Merkel, tout semblait sourire à son parti. Alors que les Verts allemands ont démarré en trombe la campagne pour la conquête du pouvoir à l’automne, plusieurs affaires ont abimé l’image de la jeune écologiste longtemps cantonnée aux seconds rôles. Alors que plusieurs médias allemands ont découvert que la quadragénaire avait gonflé son CV, elle est désormais accusée de plagiat. Retour sur les nombreux déboires de la candidate Verte qui pourrait coûter cher au parti écologiste. 

Fin juin, l’ancienne championne de trampoline fait de nouveau les choux gras des canards allemands. Alors qu’elle était perçue comme la mieux placer pour succéder à Angela Merkel, le vent a tourné. Alors que son ouvrage Jetzt (« Maintenant », Ullstein, non traduit), vient de paraître outre-Rhin, elle a été accusée, mardi 29 juin, d’avoir plagié certains passages « sans mentionner ses sources », rapporte le correspondant à Berlin du Monde. La jeune candidate est épinglée par le spécialiste en communication autrichien Stefan Weber – auteur d’un blog « la traque au plagiat’. Ce dernier a identifié plusieurs extraits ressemblant à des copier-coller d’articles parus dans différentes revues spécialisées ou dans des médias. 

Interrogé par l’hebdomadaire Der Spiegel, Stefan Weber a déclaré : « Cela ne change rien au monde – les informations sont facilement accessibles – ce livre n’aurait rien perdu si Annalena Baerbock avait marqué ces passages comme des citations ». Alors que Stefan Weber dénonce « une violation du droit d’auteur », le parti des Verts fait bloc autour de son poulain. En guise de défense, l’un des porte-parole des écologistes dénonce une « tentative de diffamation » visant à « ternir de façon malveillante la réputation » d’Annalena Baerbock. Même son de cloche du côté de l’avocat du parti vert, Christian Schertz, qui a balayé l’accusation de « violation du droit d’auteur » estimant que les reprises d’informations étaient « connues ou d’opinions politiques ». 

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Un CV gonflé et un manque de transparence

À noter aussi que l’article du Der Spiegel à ce propos commence par la phrase lourde de sens : « Et maintenant ça ». En effet, Annalena Baerbock n’avait pas besoin de cette nouvelle polémique qui vient ternir son image déjà abimée par des précédentes affaires. Deux semaines auparavant, ce n’était non pas son livre, mais son CV qui était au coeur d’un scandale. En effet, plusieurs journalistes ont repéré des imprécisions voir des mensonges dans ces CV mis en ligne ces dernières années. Par exemple, l’hebdomadaire allemand rapporte que si la jeune femme déclare avoir une licence de l’université de Hambourg, elle n’a obtenu en réalité qu’un pré-diplôme qui ne l’a pas empêché de décrocher un master à la London School of Economics. 

Dans le média Franceinfo, on découvre que la jeune femme a gonflé son CV en se présentant comme membre du German Marshall Fund « dont elle n’est pas membre, mais seulement boursière », rappelle la chaîne publique. Plus grave encore, elle écrit avoir dirigé le bureau bruxellois d’une eurodéputée de 2005 à 2008, alors que sa mission était de gérer des tâches informatiques avant d’obtenir des responsabilités seulement à la fin 2006. Dans l’hebdomadaire Der Spiegel, l’éditorialiste Stefan Kuzmany parle de « confusion indigne » et s’étonne que la candidate des Verts soit entourée de consultants incapables de publier un curriculum vitae correct.  

« Qui veut être élu, ne peut se permettre aucune faute »

La série noire de la candidate verte avait commencé par l’affaire des primes. Mi-mai, Annalena Baerbock a révélé avoir déclaré avec retard quelque 25 200 euros de primes défiscalisées versées par son parti entre 2018 et 2020, pour des succès électoraux, mais aussi à l’occasion des fêtes de fin d’année, ainsi qu’une prime de 1 500 euros liée à la pandémie. Ces sommes sont légales, mais semblent en contradiction avec le devoir de transparence revendiqué par les écologistes. De son côté, Annalena Baerbock a confessé un « oubli stupide », qu’elle a « immédiatement signalé ».  

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Alors que ses adversaires s’en donnent à coeur joie, les Allemands lui pardonneront-ils ces erreurs ? Depuis quelques semaines, les Verts dégringolent dans les sondages. Les intentions de vote en faveur des Verts ont baissé de 25 % à 22 % pendant que les conservateurs (CDU-CSU) ont regagné du terrain, passant de 24 % à 28 %. Par ailleurs, la cote de popularité de leur candidat à la chancellerie, Armin Laschet, a gonflé de six points (43 % en juin, contre 37 % en mai), rapporte Le Monde. Affaiblis par de multiples casseroles, les Verts espèrent que l’été effacera les déboires de leur candidate. Car ils le savent, la scène politique est impitoyable. « Qui veut être élu, ne peut se permettre aucune faute », conclut le Berliner Zeitung. 

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