LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Si son nom peut faire sourire, ce conflit a rafraîchi encore un peu plus les relations entre Bruxelles et Londres déjà fortement abimée. Finalement, les deux camps décident de faire un pas de côté : le gouvernement britannique et l’Union européenne sont parvenus in extremis à un accord mercredi dans « la guerre de la saucisse » en reportant de trois mois certaines mesures post-Brexit pour l’Irlande du Nord. Cet accord permettra à la Grande-Bretagne de continuer à expédier jusqu’au 30 septembre de la viande réfrigérée vers la province britannique, comme des saucisses anglaises, ce qui sinon aurait été interdit à partir du 1er juillet. 

« Nous sommes ravis d’avoir pu parvenir à une extension raisonnable pour la viande réfrigérée envoyée de Grande-Bretagne vers l’Irlande du Nord », a déclaré dans un communiqué le secrétaire d’Etat britannique chargé du Brexit, David Frost. « C’est une première étape positive, mais nous devons toujours trouver une solution permanente » car « l’Irlande du Nord fait partie intégrante du Royaume-Uni et ses consommateurs doivent pouvoir jouir des produits achetés en Grande-Bretagne pendant des années ». De son côté, l’UE a insisté sur le fait que cet accord est « temporaire » et qu’il s’accompagne de « fortes conditions ».  

« Nous ne donnons pas un chèque en blanc », a prévenu le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic. »Cette extension permettra aux parties, surtout aux supermarchés en Irlande du Nord, de continuer à adapter les chaînes d’approvisionnement à la situation post-Brexit ». Difficilement négocié dans le cadre de l’accord de Brexit et effectif depuis le 1er janvier, le protocole nord-irlandais maintient de fait la province britannique dans le marché unique et l’union douanière européens pour les marchandises, en prévoyant des contrôles douaniers sur les biens arrivant en Irlande du Nord depuis la Grande-Bretagne, séparée par la mer. 

Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement

La viande réfrigérée : un litige parmi d’autres

Les crispations entre Londres et Bruxelles concernaient surtout l’entrée en vigueur, initialement prévue jeudi, de mesures y empêchant l’envoi de viande réfrigérée en provenance de l’île de Grande-Bretagne, comme c’est le cas pour les pays n’appartenant pas à l’UE. Le gouvernement britannique, qui reprochait aux Européens d’être trop « puristes » dans l’application des règles, avait prévenu qu’il n’hésiterait pas à agir unilatéralement pour prolonger la période de grâce sur les contrôles. 

Bruxelles, qui accusait en retour Londres de ne pas respecter ses engagements, avait brandi la menace de mesures de rétorsion, comme des droits de douane ciblés. L’objectif du protocole est d’éviter que les contrôles aient lieu entre la province britannique et la république d’Irlande, au sud, et ainsi prévenir le rétablissement d’une frontière dure entre les deux territoires, qui pourrait compromettre la paix en Irlande du Nord, après trois décennies de violences sanglantes. Mais ces mesures sont accusées de perturber les échanges et provoquent la colère des unionistes -favorables à la couronne britannique-, qui dénoncent l’introduction de fait d’une frontière en mer d’Irlande, au sein du Royaume-Uni. 

Pour David Frost, la question de la viande réfrigérée n’est que « l’un des très nombreux problèmes » posés par le protocole. « Des solutions doivent être trouvées avec l’UE pour garantir qu’il réponde à ses objectifs initiaux », à savoir protéger l’accord de paix, maintenir l’Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni et protéger le marché unique européen, a-t-il insisté. Selon Maros Sefcovic, cette extension de trois mois de la période de grâce sur les contrôles devrait être mise à profit pour discuter d’un accord plus large sur les produits animaliers et végétaux, avec un alignement sur les règles européennes qui permettrait de rendre caducs « 80% des contrôles ». Londres rejette un tel alignement. 

L’application L’Express

Pour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyez

Télécharger l’app

Une atmosphère tendue en Irlande du Nord

« Nous n’avons pas l’intention de poursuivre en reconduisant des extensions des périodes de grâce », a mis en garde une source officielle européenne. « L’Irlande du Nord mérite de la stabilité et de la prévisibilité et le meilleur moyen d’y parvenir est d’avoir une solution permanente, conclue de commun accord », mais Bruxelles n’hésitera pas à se montrer « dure » si Londres ne respecte pas l’accord de Brexit, insisté cette même source. La colère contre le protocole a contribué à déclencher des violentes émeutes en Irlande du Nord début avril, qui pourraient ressurgir lors des marches traditionnellement organisées en juillet par les unionistes orangistes. Ces derniers ont indiqué mercredi que les défilés se dérouleraient à 100 endroits différents dans la province, le 12 juillet. 

OpinionsPar Christophe Donner

Chronique

Par Sylvain Fort

Idées et débats

Par Marylin Maeso

Chronique

Pierre Assouline

Irlande du Nord : trêve entre Londres et Bruxelles dans la « guerre de la saucisse »