Moselle. Le Seaff et le Val de Fensch injectent 26 M€ pour améliorer les cours d’eau

Fabrice Cerbai, maire de Knutange et vice-président du Val de Fensch en charge de l’eau, se souvient d’une époque où la Fensch faisait partie des « cinq rivières les plus polluées de France ». C’était il y a à peine vingt ans. « Avant les travaux, la rivière était un égout à ciel ouvert ». Avant, les effluves des usines y étaient abondamment déversés. La Fensch était aussi l’exutoire de toutes les pollutions domestiques.

« On sait d’où on revient », souffle Fabrice Cerbai. Mais l’élu n’omet pas de préciser le plus important : « Nous ne sommes toujours pas aux normes ».

Eaux usées et eaux de pluie mélangées

L’état écologique des cours d’eau du territoire n’est pas satisfaisant, souligne l’Agence de l’eau Rhin-Meuse. Par endroits, les déchets organiques et chimiques se déversent encore dans la Fensch. Des problèmes imputables à un réseau d’assainissement en très mauvais état.

Mise en demeure par l’État de réaliser des travaux de mise en conformité , la communauté d’agglomération du Val de Fensch va injecter 40M€ ces dix prochaines années. Le Seaff (syndicat des eaux), environ 22 M€.

Pour ces travaux, ils seront aidés financièrement par l’Agence de l’eau Rhin-Meuse. Au titre du plan France Relance initié par l’État, l’agence a été dotée d’une enveloppe exceptionnelle de 18,7 M€ , dont une partie (5,9M€) servira à financer la mise aux normes du réseau dans la vallée de la Fensch. Au total, 8,8M € vont être versés au titre du contrat de territoire Eau et climat, que Michel Liebgott (président Val de Fensch), Daniel Matergia (président Seaff) et Marc Hoeltzel (directeur de l’agence de l’eau Rhin-Meuse) ont signé vendredi 9 juillet.

Cinq objectifs

Ce contrat pluriannuel étalé sur quatre ans, poursuit cinq objectifs : la reconquête de la biodiversité du territoire, la reconquête de la qualité de l’eau des cours d’eau, l’amélioration des réseaux d’eau potable, la coopération internationale et la sensibilisation des habitants. Trente actions concrètes ont été listées. Leur mise en œuvre est chiffrée à 26,2 M€.

Lors de son discours, Michel Liebgott a rappelé le rôle essentiel de l’eau sur ce territoire en pleine mutation. « La Fensch doit retrouver son statut de cours d’eau irriguant la vallée, plutôt que d’être un déversoir des pollutions », a-t-il indiqué.

Un cours d’eau qui devra être au centre du projet de reconversion des sites Patural et de la cokerie à Hayange, le prochain grand défi de la vallée.