L’impôt sur la fortune immobilière a rapporté 1,56 milliard d’euros en 2020

Quelque 143.337 foyers ont adressé une déclaration au fisc en 2020, soit 3 % de plus qu’un an plus tôt.

Si la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), en 2018, fait toujours polémique à gauche de l’échiquier politique, c’est oublier que le gouvernement l’a partiellement remplacé par un autre prélèvement controversé : l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), qui vise les patrimoines immobiliers (résidences principales, immeubles non bâtis ou encore immeubles en cours de construction) d’une valeur nette supérieure à 1,3 million d’euros.

Certes, le rendement de ce prélèvement reste inférieur aux rentrées fiscales engrangées jusqu’en 2017 au titre de l’ISF et qui s’élevaient alors à 4,2 milliards d’euros. Mais avec un nombre de foyers éligibles en progression de 3 % pour un patrimoine immobilier net déclaré de près de 347 milliards d’euros, l’IFI a rapporté 1,56 milliard aux caisses de l’État en 2020. Ce qui représente une hausse de 4,4 % par rapport à l’année précédente (1,49 milliard, sans compter les reliquats d’ISF), selon les chiffres de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), publiés dans une note ce lundi.

Le service de Bercy dresse plus spécifiquement un portrait-robot des 143.337 foyers fiscaux qui ont adressé au fisc une déclaration au titre de l’IFI en 2020, et qui sont très hétérogènes. Alors qu’un quart de ces foyers « IFI » possède un patrimoine immobilier imposable de plus de 2,5 millions d’euros – et supérieur à 7,5 millions pour près de 2 % -, ils sont 45 % à avoir déclaré des biens d’une valeur variant de 1,3 million à 1,8 million d’euros.

Patrimoine plus élevé chez les jeunes

Par ailleurs, et sans grande surprise, les assujettis à l’IFI sont plus âgés que ceux qui paient l’impôt sur le revenu. Âgés de 69 ans en moyenne, ils ne sont que 3 % à avoir 44 ans ou moins. « Pour autant, c’est au sein des foyers dont le premier déclarant a moins de 25 ans que le patrimoine immobilier imposable est, en moyenne, le plus élevé, avec 3,2 millions d’euros », souligne la DGFiP. Du côté des plus âgés, ce patrimoine immobilier imposable se chiffre à environ 2,4 millions d’euros.

Quant à la localisation des assujettis à l’IFI, ils résident majoritairement en Île-de-France et dans les grandes villes. Paris en accueille 38.000, soit plus du quart. Les Hauts-de-Seine (13.000 foyers) et les Yvelines (6500 foyers) sont également bien positionnés. Les Alpes-Maritimes figurent aussi en bonne place. Par ailleurs, plus de 7000 de ces foyers « IFI » résident à l’étranger mais sont donc imposés en France.

Enfin, la DGFiP se penche sur la composition même du patrimoine immobilier de ces contribuables qui bénéficient, d’ailleurs, d’un abattement fiscal de 30 % sur leur résidence principale. Pour les foyers dont ce patrimoine pèse entre 1,3 million et 2,5 millions d’euros, « la résidence principale, après abattement, représente en moyenne près d’un tiers du patrimoine déclaré, tandis qu’elle représente 6 % en moyenne pour les foyers dont le patrimoine est supérieur à 10 millions d’euros (le plus élevé, NDLR) », indique le service de Bercy.

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