Le chiffre qui compte : 17 milliards, ce qui manque à l’OMS pour lutter contre le Covid

Le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus n’hésite pas à parler d’une pandémie « à deux vitesses ». « Les pays qui sont en train d’ouvrir leurs sociétés sont ceux qui ont très largement contrôlé l’approvisionnement en matériel d’urgence comme les équipements de protection personnelle, les tests, l’oxygène et tout particulièrement les vaccins. (…) Pendant ce temps-là, les pays qui n’ont pas d’accès suffisant à ces produits doivent faire face à des vagues d’hospitalisations et de morts. Ce qui est encore aggravé par les variants du virus », a taclé le docteur. 

C’est donc l’heure de passer à la caisse. Le dispositif mondial Accélérateur ACT, chargé de rendre plus rapide l’accès aux outils de lutte contre le Covid-19 dans les pays défavorisés, s’était vu promettre 17,7 milliards de dollars par les donateurs pour 2020-2021. Manquent toutefois encore 16,8 milliards d’ici à la fin de l’année, dont un peu plus de huit milliards urgemment. 

Un des volets d’ACT-A est le système Covax, mis en place au début de la pandémie et avant l’arrivée de vaccins efficaces, pour tenter de garantir un accès équitable du monde entier aux vaccins. Mais celui-ci n’a pas encore les effets escomptés. Selon les comptages de l’AFP, 3,25 milliards de doses ont été injectées au 6 juillet dans 216 pays et territoires. Dans les Etats à hauts revenus, 84 doses ont été injectées pour 100 habitants. Dans les 29 les plus pauvres, ce nombre tombe à une dose pour 100 personnes. 

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Le délicat partage des vaccins

Covax a atteint le chiffre symbolique de 100 millions de doses distribuées dans 135 pays et territoires mardi. Mais c’est très en deçà des 300 ou 400 millions qui étaient prévues, avant que l’Inde n’interdise à l’exportation le vaccin AstraZeneca fabriqué par le Serum Institute of India et d’où provenaient la très grande majorité de ces doses. 

Conséquence : dans nombre de pays, on ne peut pas injecter la deuxième dose pour protéger les primo-vaccinés et la crédibilité des campagnes de vaccination en souffre. Le docteur Tedros pousse pour que 10% au moins de toute la population de chaque pays soit vaccinée en septembre et 40% d’ici à la fin de l’année. 

Dans le collimateur, les groupes pharmaceutiques ont mis en avant mardi leurs efforts dans des messages préenregistrés. Le patron du géant Pfizer a rappelé que le but de son entreprise était de fournir deux milliards de doses à des pays à faibles et moyens revenus d’ici à la fin 2022. Johnson & Johnson entend distribuer son vaccin unidose dès cette semaine aux pays membres du système Covax. 

Dans le même temps, Maria Van Kerkhove, qui a la charge à l’OMS de coordonner la lutte contre le Covid-19, a encore une fois sonné l’alarme sur la résurgence de la pandémie et particulièrement dans une vingtaine de pays où les courbes de progression des infections sont « quasiment verticales ».  

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Elle a prédit que le variant Delta, beaucoup plus contagieux et semble-t-il un peu plus résistant à certains types de vaccins, serait dominant dans le monde sous peu. Mais, de toute façon, a-t-elle mis en garde, l’évolution du virus ne s’arrêtera pas là. « Nous sommes dans un contexte vraiment dangereux », a-t-elle dit, parce que « la majeure partie du monde est encore susceptible d’être infectée ». 

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