«La vaccination, c’est maintenant», plaide le patron de l’Assurance maladie

«Il n’y a aucune raison d’attendre la rentrée», estime Thomas Fatôme dans un entretien.

Le débat sur le déremboursement possible des tests dits «de confort» se poursuit. Dans un entretien accordé aux Échos, le patron de l’Assurance maladie explique que la priorité de son administration reste de «maintenir un accès aux tests facile territorialement et financièrement». Mais, ajoute Thomas Fatôme, «tout ce qui peut inciter à la vaccination doit être regardé sérieusement».

La vaccination est déjà attrayante en soi, grâce au pass sanitaire, indique le directeur général, dans la mesure où elle permet aux individus d’éviter de réaliser des tests à répétition. Un constat d’autant plus vrai si le périmètre du pass venait à s’élargir dans les prochaines semaines.

De même, l’Assurance maladie observe de près l’évolution de la vaccination chez les soignants. Le débat en cours sur l’obligation «peut créer un électrochoc» chez ces professionnels, juge Thomas Fatôme, qui ne se prononce pas sur le fond du dossier. Le message transmis à l’ensemble de la population reste clair : «il n’y a aucune raison d’attendre la rentrée. La vaccination, c’est maintenant […]. Il n’y a plus aucun obstacle matériel», martèle le dirigeant.

Mardi, le ministère de la Santé jugeait aussi un «sursaut» nécessaire et estimait que le rythme des injections n’était «pas encore du tout au niveau de ce qu’on pourrait faire. On a encore besoin de susciter de la demande […] On ne crie pas victoire», commentait-on. Un «frémissement» positif était cependant observé sur les prises de rendez-vous, alors que les contaminations repartent légèrement à la hausse dans l’Hexagone.

Les médecins traitants auront bientôt accès à la liste de leurs patients non vaccinés

La vaccination progresse également pour les personnes atteintes de comorbidité : 71% d’entre elles ont désormais reçu au moins une dose, «un bond de 12 points en un mois», mais qui reste en deçà des objectifs fixés par l’exécutif. «Il reste du chemin à parcourir» pour contacter et convaincre les personnes ciblées par les démarches d’aller vers, admet le directeur général.

L’Assurance-maladie compte également sur la transmission des données des patients aux médecins traitants, pour permettre aux professionnels de connaître la liste des individus non vaccinés. «Avec l’avis de la Cnil , obtenu ce mardi, nous allons pouvoir adresser la liste des patients non vaccinés aux médecins traitants, en lien avec l’évolution du cadre réglementaire», se réjouit Thomas Fatôme. Dernière étape en vue, l’avis du Conseil d’État est attendu sur ce point, mais le gouvernement se déclare d’ores et déjà «en ordre de bataille» pour avancer rapidement une fois que l’institution se sera prononcée.

Le criblage fait également partie des outils déployés pour lutter contre l’épidémie. Si les «deux tiers» des tests positifs sont désormais criblés, ce constat reste insuffisant : «Nous avons indiqué aux laboratoires que nous ne paierons plus les tests PCR s’il n’y a pas de criblage d’ici à la mi-juillet», indique Thomas Fatôme. Un moyen de suivre de plus près l’évolution des variants sur le territoire.