La facture du Brexit, nouveau sujet de discorde entre Londres et Bruxelles

Le ministère des Finances britannique vient de publier une estimation des sommes qu’il doit encore à l’UE, inférieure de 3,7 milliards à ce que réclame la Commission européenne.

La sortie effective du Royaume-Uni de l’Union Européenne au début de l’année n’a pas épuisé tous les sujets de discorde entre les deux puissances. Après d’âpres négociations sur la pêche et le commerce, c’est désormais une bataille de chiffres qui s’engage.

Dans un document publié jeudi, le Trésor britannique affirme devoir verser 43,8 milliards d’euros au budget européen pour solder définitivement ses comptes avec l’UE. En juin, la Commission européenne avait réclamé 47,5 milliards d’euros. Un chiffre qu’avait immédiatement contesté un porte-parole du gouvernement britannique.

Cette «facture du Brexit» correspond aux financements promis par le Royaume-Uni à l’Union Européenne à l’époque où il en était encore membre. Il s’agit notamment de contribution aux programmes de développement régionaux et scientifiques de Bruxelles, ainsi qu’à l’enveloppe pour protection sociale des fonctionnaires européens. En revanche, le programme Erasmus n’entre plus dans ces calculs puisque Royaume-Uni n’y participera plus à compter de 2022.

Des versements étalés jusqu’en 2064

Le versement de ces sommes doit s’échelonner jusqu’en 2064. Pour la seule année 2021, il s’élève à 6,8 milliards d’euros dont 3,7 ont déjà été payés. Le Royaume-Uni participait au budget européen à hauteur de 10 à 13 milliards d’euros par an lorsqu’il en faisait partie.

Le ministère des Finances britannique a préféré jouer l’apaisement pour justifier le décalage de près de 4 milliards d’euros entre les deux chiffres proposés. Il évoque une différence de calcul, liée à la nouvelle comptabilité nationale mise en place au Royaume-Uni après le Brexit. Tout en assurant que cela ne reflète pas «une divergence de vues entre Européens et Britanniques».

Avant même d’engager leurs négociations commerciales sur le Brexit, les deux parties s’étaient mises d’accord sur le principe du «Brexit bill», sur sa méthodologie de calcul mais pas sur un montant précis. Une ardoise qui risque désormais de tendre un peu plus leurs relations.