face à Emmanuel Macron, les syndicats affirment leur opposition à la réforme

Les représentants syndicaux ont redit leur volonté de ne pas toucher à l’âge de départ en retraite, lors d’une rencontre avec le président de la République.

Une réforme des retraites voulue ni sur le fond, ni sur la forme : au cours d’une rencontre avec le président de la République et les partenaires sociaux ce mardi, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger campe sur ses positions. «Nous avons dit sur le sujet des retraites qu’au-delà du report de l’âge sur lequel nous sommes en désaccord sur le fond, il n’y a actuellement pas de voie de passage et c’est hors de propos actuellement.» Un avis «quasi unanime,» selon lui, à une exception: le Medef défend l’intérêt d’une réforme paramétrique.

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Emmanuel Macron n’a, lui, pas annoncé avoir tranché. «Je n’ai pas compris la position du président de la République qui a dit qu’il allait réfléchir et consulter tout en nous appelant à prolonger le travail pour savoir comment mettre en place (la réforme)», a fait valoir le patron de la CGT Philippe Martinez au sortir de la réunion. Le président de la République a l’intention de prendre la parole sur le sujet des retraites avant le 14 juillet, alors que des rumeurs circulent sur un possible relèvement de 62 à 64 ans.

Avant même cette réunion, plusieurs partenaires sociaux s’étaient déjà cabrés à l’idée d’une réforme des retraites dans la dernière ligne droite du quinquennat Macron. Le contexte est trop incertain, le pays trop fragile, le climat trop tendu et l’espace politique trop restreint, argumentent-ils. «On se mobilisera, si jamais c’était le cas, à la rentrée, je peux vous le dire», a mis en garde sur France Info Laurent Berger.

La question de l’obligation vaccinale des soignants sur la table

Rattrapé par la menace que représente pour la situation sanitaire le variant Delta, le président de la République a également sondé les partenaires sociaux sur le sujet de l’obligation vaccinale pour les soignants. «Sans stigmatiser, il faut en passer par là», estime ainsi le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. Geoffroy Roux de Bézieux, patron du Medef s’est également prononcé en faveur d’une telle mesure.

Suggérée par le gouvernement depuis maintenant plusieurs jours, la vaccination obligatoire des soignants ne fait cependant pas tout à fait l’unanimité. Philippe Martinez se prononce contre, et précise qu’Emmanuel Macron préfère dans un premier temps encourager «plutôt que contraindre». Cette question, comme celle d’une relance de la réforme des retraites, sera tranchée par l’allocution du président «la semaine prochaine», précise pour sa part Cyril Chabanier, président du syndicat CFTC.

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