Suivez le chantier de cet immeuble, lauréat du concours Réinventer Paris

Ils ne sont pas si nombreux que cela les chantiers du premier appel à projets Réinventer Paris (22 lauréats désignés en février 2016) à avoir été achevés ou s’en approcher. Dans le 17e arrondissement, celui qui fait face au Tribunal judiciaire, place de la porte de Clichy, est en bonne voie, contrairement au voisin des 1000 arbres. Ce dernier se fait toujours attendre, du côté de la porte Maillot, dans le 17e également. Le «Stream building» se rapproche a grand pas de son huitième étage qui lui permettra de développer 16.000 m². L’ensemble comprenant 9500 m² de bureaux et espaces de coworking ainsi que 5600 m² dédiés à un hôtel (109 chambres) et des commerces, doit être livré mi-2022.

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En attendant, l’architecte des lieux, Philippe Chiambaretta, et les deux copromoteurs Hines et Covivio, nous font découvrir l’avancée du chantier. «Le principe du concours Réinventer Paris a vraiment poussé à innover et à faire des choses taboues jusque-là, estime l’architecte Philippe Chiambaretta. Ici, nous avons utilisé beaucoup de bois pour ses qualités et son bilan carbone mais nous voulions que les poutres et les poteaux restent largement apparents pour que les occupants profitent de la sensation de bien-être qu’apporte le bois.» La structure mixte de l’immeuble mêle le béton et le bois avec une charpente bois et un plancher béton jusqu’au cinquième étage et des poteaux/poutres et planchers en bois pour les trois derniers niveaux de chambres d’hôtel. Un bois majoritairement d’origine française et dont la commande avait été sécurisée à temps, évitant les problèmes actuels de pénurie sur ce matériau.

Des jets de vapeur

Cette structure se prolongera d’ailleurs par un exostructure vide, qui sera visible sur le côté boulevard périphérique du bâtiment. Une lubie d’artiste? Pas vraiment: les architectes ont appris très tardivement avant le concours Réinventer Paris, qu’ils ne pourraient pas construire sur la totalité de la parcelle car sur son extrémité il y a régulièrement des jets de vapeurs d’eau émanant du réseau de chauffage urbain. D’où cette structure vide qui hébergera cependant une œuvre d’art lumineuse évoluant sans cesse. Pour l’agence d’architecte PCA-Stream, cet immeuble est un véritable concentré de ses recherches.

Ce n’est pas un hasard si l’immeuble porte le nom de Stream, le laboratoire de recherche transdisciplinaire créé par Philippe Chiambaretta (PCA étant son agence d’architecture). «L’idée maîtresse de ce bâtiment, c’est qu’il s’agit d’un organisme vivant capable d’évoluer, souligne-t-il. Nous avons utilisé une trame de 3,6 mètres adaptée aux bureaux mais qui correspond également à la largeur d’une chambre d’hôtel. Cela peut permettre de faire évoluer à l’avenir la programmation du bâtiment.» Une structure évolutive qui passe par sa capacité à accueillir divers usages tout en répondant aux critères écologiques les plus performants du moment.

Le bâtiment se trouve exactement au-dessus de la ligne 13 du métro (à 50 mètres sous terre c’est l’une des plus profondes de la capitale) et accueillera notamment un restaurant, une boulangerie, un toit-terrasse accessible au public et même une micro-brasserie artisanale. Cette dernière pourra notamment utiliser le houblon qui grimpera sur la façade. Et les autres productions de fruits et légumes poussant sur le toit seront transformées dans le restaurant ou proposés en paniers aux occupants des bureaux.

Des contraintes de sécurité

Quant aux 109 chambres d’hôtels, elles seront opérées par une enseigne néerlandaise, Zoku, que le Figaro immobilier avait repérée il y a quelques années déjà. L’endroit posera des espaces optimisés et des mini-lofts avec des espaces collectifs. Et pour éviter les nuisances sonores, sachant que l’isolation phonique n’est pas l’élément le plus performant du matériau bois, les étages consacrés à l’hôtel ont eu droit à des planchers plus épais. Et la vaste surface de bureaux et coworking ne risque-t-elle pas de peiner à trouver preneur en période post-crise sanitaire? Les promoteurs et investisseurs semblent confiants sur ce point. «C’est un nouveau lieu de centralité parisien au pied du métro avec le tram, le RER C et la porte Maillot dans un mouchoir de poche, c’est un vrai hub de transport, explique Patrick Bosque, directeur général adjoint de Hines France. Nous sommes très confiants dans l’attrait de ces bureaux avec des qualités de prestations exceptionnelles.»

Finalement, l’une des choses qui surprend dans ce bâtiment rassemblant bon nombre des tendances actuelles, c’est qu’il est dépourvu de terrasses en dehors du toit, ce qui correspond pourtant à une demande très forte. «La verdure sera sur le toit et en façade mais sur ce programme il n’a pas été possible d’intégrer de terrasses ou balcons dans les autres niveaux, explique Philippe Chiambaretta. Cela tient à la faible profondeur de la parcelle mais aussi et surtout à la présence du Tribunal judiciaire qui nous interdit pour des raisons de sécurité d’avoir des fenêtres s’ouvrant vers sa façade.»

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