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Dans le film de science-fiction Les Fils de l’homme, adapté d’un roman de P. D. James, l’humanité, gangrenée par les épidémies, les guerres et le terrorisme, court à sa perte, car elle ne peut plus avoir d’enfants. Si l’espèce humaine n’est pas frappée aujourd’hui de stérilité et devrait même s’agrandir de 2 milliards d’individus d’ici à 2050, son déclin n’en est pas moins inéluctable – et pourrait s’amorcer dès la seconde moitié du siècle. L’économiste britannique Thomas Malthus (1766-1834), qui pensait que la fécondité se maintiendrait à un niveau élevé, avait tout faux. Certes, la natalité reste forte en Afrique subsaharienne – plus de sept enfants par femme au Niger -, mais elle va baisser dans le monde entier, et de manière préoccupante dans les pays développés. 

A tel point que l’humanité pourrait se retrouver menacée d’extinction. « La tendance qui s’installe est que les femmes ont en moyenne 1,5 enfant. On ne peut pas continuer comme cela au siècle prochain, sinon, au bout du compte, il n’y aura plus personne sur la Terre. A un moment ou à un autre, il va falloir trouver une solution », avertit Christopher Murray, professeur de santé publique à l’université de Washington, à Seattle, et directeur de l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME). 

A première vue, le vieillissement et le recul de la démographie peuvent sembler une bonne nouvelle pour le globe, dont la température n’a cessé de monter avec la hausse du nombre d’habitants. Un monde plus grisonnant pourrait aussi être un monde où l’on se fait moins la guerre.  

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Déclin démographique ou multiculturalisme

Mais cela signifie que l’épineux problème du financement des retraites et de la prise en charge des personnes âgées va se poser partout, « et avec encore plus d’acuité dans des pays en développement aux systèmes de protection sociale fragiles ou quasi inexistants », s’inquiète le démographe Gilles Pison. Surtout, moins de jeunes actifs, c’est moins de dynamisme et de créativité pour inventer les solutions technologiques qui sauveront la planète.  

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D’un point de vue économique, l’Amérique, l’Europe et l’Asie de l’Est auraient intérêt à faire appel à des migrants pour compenser la baisse de leur population active. Mais cette perspective, qui provoque des tensions sociales, alimente les discours populistes. Le dilemme sera bientôt simple : un déclin démographique à la japonaise ou le choix du multiculturalisme, dont l’accompagnement politique reste à inventer. 

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