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Malgré cette avancée, l’exécutif estime que la campagne doit accélérer pour contrer la progression du variant Delta en France.

C’est fait: ce mardi, la France a franchi un palier hautement symbolique dans son combat contre la pandémie. Le cap des 50% de la population générale ayant reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19 a été atteint. Six mois après le début de la campagne, mardi soir, très exactement la moitié de la population générale avait donc reçu au moins une injection, soit un peu plus de 33,53 millions de personnes, quand 33% avait reçu leurs deux doses selon les derniers chiffres du ministère de Santé Publique France.

Les prochains objectifs sont connus: en août, le gouvernement espère avoir vacciné 85% des personnes âgées de plus de 50 ans et des adultes atteints de comorbidité. À ce stade, les deux tiers de la population adulte immunodéprimée sont primovaccinée. En outre, 75% des adultes devront avoir reçu au moins une dose, soit environ 40 millions de personnes, et 66%, soit environ 35 millions d’individus, devront avoir un schéma vaccinal complet.

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Une progression jugée insuffisante

La campagne vaccinale suit son cours, notamment chez les plus jeunes. Ce mardi, le ministère des Solidarités et de la Santé a indiqué «qu’à peu près 600.000 injections» de vaccin contre le Covid-19 ont été enregistrées, à date, chez les adolescents âgés de 12 à 17 ans inclus. Une «écrasante majorité» de ces injections sont des premières doses, mais certains individus ayant déjà été malade et ne nécessitant qu’une seule piqûre ont désormais un schéma vaccinal complet.

À date, 12% de cette population a donc reçu une injection, un rythme de progression «plus significatif» que dans les autres tranches d’âge. La semaine dernière, l’exécutif rapportait que «365.000 jeunes avaient d’ores et déjà reçu une première injection» au 21 juin, soit 7% de cette classe d’âge. Désormais, 80% des rendez-vous de première injection sont pris par des personnes âgées de moins de 50 ans, rendant cette population «ultra-majoritaire».

Les doses continuent tout de même de trouver preneur dans le reste de la population : 83% des personnes âgées de plus de 70 ans ont reçu une injection, contre 80% des plus de 60 ans et 76% pour l’ensemble des personnes âgées de plus de 50 ans. La semaine dernière, ces taux étaient respectivement à 82%, 79% et 75%.

Le rythme actuel reste insuffisant, juge le ministère : «150.000 Français prennent rendez-vous pour une primoinjection chaque jour. Cela reste important, mais inférieur à notre potentiel», regrette-t-on. Environ 300.000 rendez-vous restent vacants dans les trois jours, un chiffre stable depuis une semaine. La course contre-la-montre avec le variant Delta, qui progresse en France, est loin d’être gagnée : 4,8 millions de personnes âgées de plus de 55 ans n’ont reçu aucune dose à ce jour. La baisse des premières injections observée depuis quelques jours «justifie qu’on mobilise tous les efforts», s’inquiète le ministère, qui juge ce signal «inquiétant» pour la suite. «Il faut absolument qu’on redresse la barre», martèle-t-on.

Évolution du nombre quotidien de personnes vaccinées avec au moins une dose pour tous les types de vaccins Santé Publique France
Des initiatives «extrêmement diverses» prévues cet été

Durant l’été, les autorités comptent sur des initiatives déployées à l’échelle locale par les ARS et les collectivités pour soutenir la vaccination. Des «dispositifs exceptionnels de vaccination» sont prévus dans certains territoires. Ces derniers pourront prendre plusieurs formes, allant du «barnum sur les lieux de rassemblement estivaux très fréquentés» à des «drives», en passant par des dispositifs de sensibilisation à la vaccination sur les aires d’autoroutes, expérimentés avec succès durant le week-end de l’Ascension. Les acteurs locaux vont «déployer des solutions extrêmement diverses au cours de l’été», mais le mot d’ordre transmis par l’État est clair : il faut «profiter des vacances pour amener un maximum de gens vers la vaccination».

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Si aucun dispositif incitatif n’est en place à l’échelle nationale, le ministère voit d’un bon œil les actions de collectivités locales, notamment dans le sud, qui récompensent les personnes venues se faire vacciner. À Nîmes, un jeu a ainsi été lancé pour les jeunes de 18 à 25 ans, permettant à certains chanceux de gagner des lots après leur injection. «Tant qu’elles sont légales», ces initiatives pensées pour sensibiliser et attirer les individus «sont une bonne chose», salue le ministère.

L’exécutif poursuit aussi son travail pour permettre aux médecins traitants d’avoir accès à la liste de leurs patients non vaccinés. Un sujet sensible, qui nécessite une vérification auprès de la Cnil et du Conseil d’État, précise-t-on, les données de santé étant précieuses et secrètes. «C’est un sujet majeur», ainsi qu’un levier primordial pour aller chercher les individus et les amener vers la vaccination, assure le ministère, «en ordre de bataille avec la Cnam» sur ce dossier. Des décisions sont attendues «dans les jours à venir».

Janssen boudé par les Français

Parmi les sujets de fragilité, le ministère souligne que Janssen «reste toujours bloqué sous son plafond de 30%»: en clair, dimanche soir, 23% des doses livrées de ce vaccin étaient injectées. Un chiffre faible, comparé aux 86% de Pfizer et 84% de Moderna.

Les services de l’État voient aussi avec agacement la lente progression de la vaccination chez les personnels de santé des Ehpad et unités de soin longue durée (USLD). Si une timide croissance est visible au fil des semaines, celle-ci reste insuffisante : la population générale est plus vaccinée que ces individus. «C’est un sujet aussi inquiétant qu’inexplicable», sanctionne le ministère, qui ne voit aucune raison objective derrière cette différence d’adhésion au vaccin chez cette population pourtant «au contact de la science et des arguments scientifiques», ainsi que des individus les plus fragiles. Un point sur lequel le ministre Olivier Véran est revenu cette semaine, en indiquant que la vaccination pourrait être rendue obligatoire pour les soignants en septembre.

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la moitié de la population française a reçu au moins une dose de vaccin